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Originalité : elle est présidée par un chef d’entreprise et non des moindres, Alain Mérieux. La Fondation pour l’Université de Lyon vient de naître. C’est elle qui aura la charge de gérer tous les grands projets collectifs concernant les vingt-sept universités et Grandes Ecoles de Lyon et de Saint-Etienne, soit près de 70 millions d’euros par an pendant dix ans émanant du Grand Emprunt. Mais son ambition est aussi de servir de « think tank » afin de fixer un cap à cet ensemble, tout en lui assurant une visibilité internationale.

« Une immense ambition ». Aussi bien Michel Luassault, président du PRES/Université de Lyon qu’Alain Mérieux ou Jean-François Carenco ont placé le curseur très haut, en présentant le nouvel organisme issu du rassemblement des dix-huit Universités et Grandes Ecoles de Lyon et de Saint-Etienne, soit 120 000 étudiants et 11 500 chercheurs) sous une même entité : la Fondation pour l’Université de Lyon.

 Il manquait un outil collectif pour gérer tous les fonds que le PRES/université de Lyon a pu obtenir ces deux dernières années via le Grand Emprunt. Il s’agit de ceux issus de l’obtention de l’institut pour les énergies décarbonnées Indeed, de l’IRT d’infectiologie et beaucoup plus récemment de l’Idex, l’Institut d’excellence, car bonne nouvelle, Michel Lussault annonce que l’Université de Lyon a été récement désignée lauréate après avoir été recalée… en mars dernier.

 Cette Fondation ne constitue pas une strate supplémentaire. Cet outil qui a pris le nom de Fondation pour l’Université de Lyon est né du regroupement de deux Fondations existantes : la Fondation Scientifique de Lyon et du Sud-Est et la Fondation Rhône-Alpes Futur qui organisent respectivement le Forum des Sciences de la vie Biovision et les Journées de l’Economie. Son assemblée générale constitutive s’est déroulée le 10 juillet.

 Signe fort : elle ne s’est pas donné comme président un Universitaire, mais un industriel et non des moindres, Alain Mérieux. Ce dernier est explicite : « J’ai pu constater au cours de ma carrière, la capacité des Universités à ouvrir les portes dans le monde entier. Cette Fondation a pour but d’accentuer les liens entre l’Université et les Grandes Ecoles avec les entreprises. ».

 La constitution du conseil d’administration prolonge cette volonté puisqu’on y trouve, au côté d’Alain Mérieux, Olivier Charmeil, le Pdg de Sanofi, mais aussi Thierry de la Tour d’Artaise, le Pdg de SEB, ainsi que Claude Risac, le directeur des relations extérieures du groupe succursaliste stéphanois Casino.

 Outre les représentants du PRES, de Lyon 1, de l’Université Jean Monnet de Saint-Etienne et de l’Insa de Lyon, on y trouve aussi Henri Montés, délégué régional à la Recherche, ainsi que Patrick Aebischer, le président de l’Institut Polytechnique de Lausanne, montré comme l’exemple à suivre, notamment en matière d’accompagnement par les entreprises, à l’instar du centre de documentation d’excellence de Lausanne financé par la marque de montres Rollex.

 Un choix qui ne doit rien au hasard : « Nous voulons aussi avoir une dimension régionale , en tissant des liens avec Grenoble, mais aussi Genève et Lausanne », admet Alain Mérieux.

 Une Fondation pour quoi faire ? Elle répond en fait à plusieurs problématiques posées par le regroupement sous l’aile du PRES/Université de Lyon de la plupart des établissements d’enseignement supérieur de Lyon et de Saint-Etienne.

 La première problématique est financière. Il fallait un « véhicule » pour gérer la manne attendue de tous les financements (Indeed, Idex, IRT, etc) obtenus de haute lutte tout au long du processus du Grand Emprunt. Ceux-ci représentent près de 70 millions d’euros par an, et ce pendant une bonne dizaine d’années.

 Il fallait également un organisme qui constitue le point de rencontre entre les universitaires et les industriels. Car ces sommes émanant de l’Etat sont destinées à être (largement) abondées par les industriels. Ce n’est pas pour rien que Sanofi qui est engagé dans un processus de restructuration en France envisage néanmoins de créer un grand centre d’infectiologie à Lyon. « Notre maille est le très gros projet », reconnaît Michel Lussault, président du PRES/Université de Lyon. Alain Mérieux renchérit : « Nous voulons dégager de grands projets à finalité internationale au service de l’économie locale. »

 Il fallait aussi donner à cet ensemble universitaire une visibilité internationale, ce qui manque le plus à l’Université comme l’illustre chaque année le classement dit de Shanghai. Ce sera aussi le rôle de cette Fondation.

 Enfin, explique Alain Mérieux : « Nous voulons aussi en faire un think tank : la Fondation doit devenir à la fois une plate-forme de réflexions, de compétences, mais aussi d’actions. »

 Dirigée par l’X, Bernard Sinou, l’actuel directeur général des services de la CCI de Lyon, la nouvelle Fondation comprend seize salariés et cinq conseillers tehniques à temps partiel. Il ne lui reste plus qu’à se mettre à l’ouvrage : reconnaissons qu’il est assez colossal…

 Photo (DL)Alain Mérieux, le premier président de la Fondation pour l’Université de Lyon.