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«Ce salon constitue une opportunité réelle de capter l’attention et d’identifier le mot robotique avec Lyon », assure Bruno Bonnell évoquant le prochain salon Innorobo qui se déroulera du 14 au 16 mars à la Cité internationale. Justement, où en sont Lyon et Rhône-Alpes puisque désormais tant les collectivités que les leaders du secteur ont l’ambition de développer dans la région un écosystème robotique ? Pour l’heure, si le nombre de start-up tend à croître rapidement, on ne compte qu’une dizaine de sociétés sur ce créneau, deux grandes écoles envisagent de développer une formation, tandis que des financements sont en train de se mettre en place pour accompagner des entreprises assez gourmandes en capitaux.


Une vraie surprise. Par son succès d’affluence, ses très fortes retombées médiatiques, le premier salon Innorobo a constitué l’année dernière un choc. Et une prise de conscience : tous les ingrédients existent pour permettre le développement à Lyon et en Rhône-Alpes d’une industrie de la robotique de service.

Oû en est-on un an après, à quelques semaines de la seconde édition de ce salon Innorobo ? Le paysage très restreint, s’étoffe peu à peu. Rhône-Alpes compte désormais une bonne dizaine de sociétés spécialisées dans la robotique, telles que Domodos qui distribue des produits domotiques, Adept technology, Robosoft, Robsys ou Survey copter, etc.

Il faut bien aussi reconnaître que ce paysage robotique naissant est puissamment animé par Bruno Bonnell, déjà président du syndicat national des industries de la robotique, le Syrobo, mais aussi le créateur du plus important acteur européen désormais, suite à plusieurs opérations de croissance externe : Robopolis, basé à Villeurbanne.

Celui qui joue dans ce secteur le rôle de l’homme orchestre a aussi investi dans la société villeurbannaise POB Technology qui commercialise des centaines de robots pédagogiques, et ce afin de lui éviter une liquidation judiciaire. Il a également, en sus de sa société, créé une start-up, Awabot, qui conçoit des robots à des fins éducatives.

Restait un second pilier à créer pour qu’un écosystème robotique complet se mette en place : la formation. Selon Bruno Bonnell, ce serait en bonne voie : l’Insa et CPE-Lyon, seraient sur le point de créer des diplômes consacrés à la robotique. « Pourquoi ne pas commencer par des Master », s’interroge-t-il.

Sans financement, les entreprises de robotique risquent d’avoir du mal à décoller. « Si on n’associe pas les idées, les forces de création avec les moyens financiers de les faire accoucher, on risque de se diriger vers une suite de déception », estime le patron de Robopolis.

D’où sa dernière initiative en date, annoncée à la mi-janvier : la création d’un fonds européen qui a ambition de lever 60 millions d’euros pour accompagner les entreprises qui se créent ou se développent dans cette toute jeune industrie. Indispensable, selon lui, car contrairement aux entreprises issus du Web ou de l’informatique, la robotique est consommatrice de capitaux. Or, cet argent frais est actuellement bien difficile à trouver.

Le salon Innorobo arrivera donc d’ici un mois et demi pour cristaller toutes ces initiatives et toutes ces volontés. Plus qu’un salon, il s’agit surtout pour lui d’un « Sommet » rassemblant également du business où les start-up rencontrent les investisseurs, mais aussi des réflexions de haut niveau permettant à des spécialistes de se pencher sur la robotique médicale et de santé, sur les synergies entre la robotique industrielle et de service, la robotique urbaine et les citoyens, sur les interactions homme/robot, etc. Bref, une sorte de Davos de la robotique.

Cela signifie que les plus grands spécialistes mondiaux dont beaucoup d’asiatiques, Japonais, Coréens, Taïwanais, seront présents du 14 au 16 mars à Lyon.

Cette forte présence étrangère se retrouvera sur les stands dont le nombre passera de 80 l’année dernière à 120, cette année dont un quart de stands étrangers. Pas moins de douze nationalités seront représentées,

Enfin cette deuxième édition constituera le rendez-vous huppé des robots les plus recherchés dont certains coûtent plusieurs millions de dollars, à l’instar du coréen Kibo, pour la première fois en Europe. Pas moins d’une centaine de robots sont attendus dont une bonne cinquantaine n’ont pas encore posé leurs pieds métalliques sur le vieux continent.

Parmi ceux-ci, deux seront accueillis comme des stars : le PR2 amricain de Willow Garage, la quintessence du robot d’étude ou Hal (du nom du célèbre robot de « 2001, Odyssée de l’espace ») un exosquelette japonais de la société Cyberdyne : un véritable assistant à la mobilité offrant la possibilité à des tétraplégiques de se tenir seuls debout et de se mouvoir. L’interaction entre la santé et la robotique constituera d’ailleurs un des fils rouges de ce salon.

L’exitence de ce salon d’envergure européenne peut donc, selon Bruno Bonnell, constituer l’élément déclencheur d’un important développement robotique dans la région. « Il existe là une opportunité à préempter, permettant à Rhône-Alpes de devenir un centre important de la robotique, comme Montréal a su, en partant de rien, devenir par exemple, la capitale mondiale du jeu vidéo. »

Le Grand Lyon et la région Rhône-Alpes qui appuient financièrement le salon en lui accordant d’emblée une vraie reconnaissance croient qu’une nouvelle filière d’avenir peut prendre racine dans la région. Possible, mais pour qu’elle dépasse le stade embryonnaise actuel, il va falloir y mettre les moyens, comme les Canadiens ont su le faire pour les jeux vidéo….

Photo (Innorobo) : De gauche à droite, le Robothespian d’Engineered Arts, les célèbres Nao de Netgem, l’exosquellette Hal de Cyberdyne et le régional de l’étape, l’iCube de l’Inserm, un robot qui bien que basé à Lyon ne sera malheureusement pas présent au salon Innorobo au grand désappointement de Bruno Bonnell. Dommage car nos robots européens n’ont pas à rougir de la concurrence.