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L’OL toujours dans le rouge : les interrogations grandissent autour du Stade des Lumières

Jean-Michel Aulas se retrouve dans une situation difficile. Malgré un mercato d’été plutôt bénéfique, les comptes restent obstinément dans le rouge au même niveau que l’an dernier : – 28 millions d’euros. Et ce, au plus mauvais moment : alors que se déroulent des négociations avec les banques pour obtenir un prêt bancaire, sans lequel Vinci ne mettra pas au pot pour le stade des Lumières. Cela n’a pas empêché le président de l’OL d’envoyer les bulldozers pour commencer les terrassements du stade. Le temps presse !

Le temps presse. Tanné par le comité organisateur de l’Euro 2016, qui craint que le Grand stade de l’OL ne soit pas prêt à temps pour la compétition, Jean-Michel Aulas joue son va-tout.

Les travaux de terrassement du stade des Lumières ont commencé lundi 22 octobre, alors même que les situations financières et juridiques ne sont toujours pas réglées !

Une trentaine de recours sont encore en instance de jugement. Notamment celui portant sur le permis de construire, qui doit être instruit en décembre.

Les travaux de terrassement financés sur les seuls fonds propres du Club de football devront s’étaler sur cinq mois, précise la direction de l’Olympique Lyonnais. Il faudra compter trente mois supplémentaires pour la construction du stade lui-même et tous les équipements qui l’accompagneront.

C’est osé, car le club n’a toujours pas signé avec Vinci, l’accord de conception/réalisation de l’ouvrage, une signature pourtant annoncée à de multiples reprises et chaque fois différée.

«L’OL mettra plus de 100 millions au pot, nous négocions avec Vinci pour que ce groupe apporte entre 80 et 100 millions et nous emprunterons aux banques le reste, soit 200 millions», a récemment expliqué Jean-Michel Auals dans une interview au Figaro.

“Il est possible que l’OL apporte un peu plus”

“Il est possible que l’OL apporte un peu plus“, a un peu plus tard, mercredi 24 octobre, déclaré aux Echos, Jean-Michel Aulas qui essaie de se sortir de cette difficile équation en échafaudant toutes les hypothèses.

Les banques se laisseront-elles tordre le bras ? Là est toute la question. Car il est très probable, comme le prouvent ses atermoiements actuels, que Vinci n’apportera pas les 80 à 100 millions demandés si l’OL n’en met pas autant au pot.

Si les banques ont ouvert leur bourse pour permettre la construction de stades de l’Euro 2016, à Lille, Nice ou Bordeaux, c’est qu’il s’agissait de PPP (Partenariats-public-privé) où à l’arrivée les collectivités locales assument le paiement de la dette.

Or ce n’est pas le cas dans le projet de stade des Lumières complètement privé où le remboursement de l’emprunt est conditionné aux recettes du stade et du club, forcément aléatoires. Et ça, les banquiers n’aiment pas du tout.

Pour sortir de cette impasse, une loi concernant l’Euro adoptée en juin 2011 prévoit que les collectivités puissent apporter leurs garanties aux projets de construction de stade. Mais ni le Grand Lyon, ni le Conseil général du Rhône et encore moins le Conseil régional Rhône-Alpes ne veulent accorder cette garantie.

Des comptes toujours plombés

Or, les résultats de l’exercice 2011/2012 de l’OL tombés mercredi 24 octobre avant l’ouverture de la Bourse ne vont pas dans le sens voulu. Malgré un mercato d’été bénéficiaire (+ 13,2 millions d’euros), les comptes sont toujours plombés :- 28 millions d’euros sur l’ensemble de l’exercice, une perte parfaitement similaire à celle de l’année précédente. Pas d’amélioration visible.

La direction de l’OL a beau annoncer un retour des comptes dans le vert d’ici deux ans lors de l’exercice 2013/2014 et une nette amélioration dès l’année prochaine, on sait bien que ces prévisions dépendent avant tout de la glorieuse incertitude du sport.

Hormis la publicité (+ 20,5 %) et les droits TV (+2,9 %), tous les produits de l’OL sont en berne.

Les résultats en demi-teinte de l’OL retombée dans une Europa Ligue bien moins flamboyante que la Champion’s Ligue drainent moins de supporters : les recettes de billetterie ont chuté de 6,8 %, passant de 19 à 17 millions d’euros.

Le produit des activités hors contrat de joueurs a lui-même baissé de 0,7 % à 131,9 millions d’euros, tandis que malgré le mercato d’été, sur l’ensemble de l’exercice, les produits de cessions des contrats de joueurs qui ont longtemps été le moteur économique du club ont plongé de 30 % à 15,1 millions d’euros.

Au total, le produit de l’ensemble des activités recule de 4,9 %. En positif, il faut cependant noter 100 millions d’euros de capitaux propres et une trésorerie nette d’endettement en hausse de 9,8 millions d’euros.

La liste des stades de l’Euro 2016 close le 24 janvier

Ces derniers chiffres permettront-ils de convaincre in fine les banques d’apporter les financements nécessaires pour que la situation soit enfin débloquée ? Jean-Michel Aulas réussira-t-il à marquer le but capital dans les toutes dernières minutes des arrêts de jeu ? Les prochaines semaines seront cruciales pour le Grand Stade et partant, pour l’OL : la liste des stades retenus pour l’Euro 2016 sera définitivement arrêtée par l’UEFA le 24 janvier.

Photo (DR)Le rêve de Jean-Michel Aulas : le futur stade des Lumières plein comme un œuf pour l’Euro 2016.

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