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Un conflit lourd de conséquences financières va se plaider sur le tapis vert, à travers un arbitrage.

Il concerne la biotech lyonnaise Adocia qui a annoncé qu’elle réclamait plus de 200 millions de dollars de dommages-intérêts à son ex-partenaire américain Eli Lilly, lui reprochant d’avoir violé plusieurs accords de confidentialité et de collaboration.

Adocia indique agir «au titre du détournement et de l’utilisation abusive par Lilly d’informations confidentielles et de découvertes appartenant à Adocia, ainsi que de la violation par Lilly de plusieurs accords de collaboration et de confidentialité ». Des accusations lourdes.

ll s’agit d’une nouvelle demande d’arbitrage à l’encontre de Eli Lilly après celle annoncée en octobre 2017, dans laquelle Adocia lui réclamait environ 11 millions de dollars pour avoir apporté «des changements» au programme de développement d’une insuline ultra-rapide. »

Adocia attend une décision sur cette première procédure «au deuxième trimestre 2018», et «au troisième trimestre» pour sa dernière demande d’arbitrage.

 Il y a un an, la biotech lyonnaise avait annoncé que le géant américain Eli Lilly avait unilatéralement rompu leur collaboration dans le diabète, sur le développement d’une insuline ultra-rapide, ce qui a fait plonger le cours en Bourse de la biotech lyonnaise (- 24 % sur un an à 15,72 euros, lundi 12 février).

 Les deux sociétés étaient liées par un accord de recherche et de licence signé en 2014.

Ce contrat de collaboration, qui générait l’essentiel des recettes d’Adocia et dont le montant potentiel avait été estimé à 520 millions de dollars, portait sur le développement d’une formulation d’insuline ultra-rapide à partir de sa technologie BioChaperone.

Après le retrait de son partenaire, la société pharmaceutique lyonnaise a mis en place une nouvelle stratégie passant par le lancement de nouvelles études dans son domaine de prédilection, le diabète.

 Eli Lilly est l’un des trois grands spécialistes mondiaux du diabète avec le français Sanofi et le danois Novo Nordisk.

 Rappelons qu’Adocia dirigée par la famille Soula est spécialisée dans la mise au point d’adjuvants qui permettent d’accélérer (ou de ralentir) la diffusion de médicaments dans l’organisme, une problématique particulièrement importante dans le cas du traitement du diabète.