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Après plusieurs années difficiles, le sourire est de retour en Vallée du Rhône. Suite à une récolte de belle qualité, en hausse de 8 %, les ventes ont repris un rythme ascendant, ce qui a dopé les prix. Le marché est tiré par l’exportation, en direction de l’Allemagne, mais aussi de la Chine qui vient de dépasser le Japon. De nouvelles niches, telles que le bio et le rosé accentuent la tendance.


« Nous avons attaqué le marché chinois, il y a trois ans seulement, avec beaucoup de retard je dois le reconnaître, par rapport à nos concurrents. Pour le rattraper, nous avons déboursé près de 400 000 euros en communication. A ce jour, nous ne le regrettons pas ! » Michel Bernard, le secrétaire général d’InterRhône qui rassemble toute la profession viticole des Côtes-du-Rhône affiche, à l’instar de beaucoup d’appellations viticoles, un bilan 2011 plutôt flatteur.

 L’une des principales raisons du sourire qui s’affiche cette année chez les viticulteurs et les négociants est asiatique : le marché chinois répond enfin aux espoirs mis en lui. Certes, les Côtes-du-Rhône partaient de très bas pour vendre leurs flacons dans le pays le plus peuplé au monde, mais la hausse des ventes est conséquente : + 97 % en volume avec 20 700 hectolitres, vendus pour un chiffre d’affaires en hausse de 120 %. Désormais, la Chine a dépassé cette année le Japon. La Corée du Sud suit la même tendance (+ 96 %), de même que Hong-Kong où vient de se dérouler l’édition asiatique de Vinexpo en présence d’un important stand des Côtes-du-Rhône (+ 52 %).

 Après plusieurs années difficiles au cours desquelles les prix avaient tendance à se tasser, ce redémarrage des ventes à l’export s’accompagne de plus belles progressions encore en termes de chiffre d’affaires : les 3 % de bouteilles vendues en sus ‘l’année dernière à l’Allemagne se sont traduites par un chiffre d’affaires en hausse de 25 % à 25 millions d’euros, cette croissance en valeurs s’élève à 28 % au Danemark, à + 8 % au Rayaume-Uni. Même des pays touchés par la crise comme l’Irlande ont performé : + 17 % de ventes en plus.

 Grâce au travail des œnologues et des viticulteurs et à la hausse du niveau de la qualité, l’image des Côtes-du-Rhône, il est vrai tirée par des locomotives comme l’Hermitage, le Chateauneuf-du-pape ou les Côte-Rôties, s’est grandement améliorée. Une enquête conduite par « Wine Opinions » en octobre 2011 montre ainsi qu’aux USA, la Vallée du Rhône est la région citée comme la plus qualitative pour le segment des vins entre 10 et 20 dollars, le plus important.

 A l’arrivée, toutes destinations confondues, l’exportation a crû l’année dernière de 19 % en valeur. La récolte 2011, en hausse de 8 % et qui a dépassé la barre des trois millions d’hectolitres, aurait pu faire plonger les prix : c’est le contraire qui s’est produit et les stocks ne cessent de reculer.

 Un autre phénomène s’est ajouté : la mode des vins rosés auxquels les viticulteurs et les coopératives ont répondu. Toutes AOC (Appellations d’Origine Contrôlées) confondues, les ventes de rosé ont doublé en l’espace de six ans.

 Certaines appellations qui ne juraient que par le rouge ont viré rosé : c’est le cas du Lubéron qui produit désormais 48 % de ses volumes en rosé, et dans une moindre mesure, du Ventoux et des Costières de Nîmes.

 Ce rosé dont sont très friands les Anglais, représente désormais 13 % de la production, contre 83 % pour les rouges et 4 % seulement pour les blancs.

 Ainsi, en l’espace de quelques années, la Vallée du Rhône est devenue le troisième vignoble AOC pour le rosé, derrière les leaders historiques que sont les Côtes-de-Provence et les vins de Loire.

 Enfin, toujours pour mieux coller à la demande, les vitculteurs et les coopératives ont également augmenté de manière significative leur production de vins issu de l’agriculture bio. De 2008 à 2011, les vignes bio sont passés de 4 % de la superficie totale à 7,4 %, soit désormais près de cinq mille hectares. Le bio a déjà séduit 285 viticulteurs et 35 caves coopératives. Et le rythme de développement du bio ne faiblit pas.

 Mais pour Michel Bernard, d’InterRhône, la révolution culturale est plus profonde : « On peut estimer désormais qu’à part quelques imbéciles, de 80 à 90 % des viticulteurs de la Vallée du Rhône pratiquent désormais le bio ou l’agriculture raisonnée… »

 Indispensable si l’on veut s’imposer à l’export : de gros progrès ont été effectués dans la recherche de traces de résidus de pesticides dans les vins. La réglementation se renforce considérablement au plan national, suite au Grenelle de l’Environnement, mais aussi au plan européen (par le biais de Directives européennes) et les contrôles tendent à se multiplier…

 Photo (DR)-Les producteurs de Côtes-du-Rhône n’ont jamais été aussi nombreux cette année au salon Vinexpo Asie qui vient de se dérouler à Hong-Kong.