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La frilosité des investisseurs hexagonaux pour accompagner les start-up du numérique commencerait-elle à fondre ? Cosmopolit Home qui s’attaque au même marché que le fameux site US airbn’b vient de lever 2 millions d’euros. Même somme pour Glowbl qui vise, lui le même marché que…Google et a les Etats-Unis dans son viseur. Enfin Tilkee qui veut aider le travail des commerciaux dans les entreprises avec une innovation astucieuse, a réalisé un tour de table de 500 000 euros.

Vous avez sans nul doute entendu parler de airbn’b, le site américain qui fait peur aux hôteliers, moins sans doute de « Cosmopolity home ».

Cette dernière société née en 2012 est lyonnaise et ne cesse de se déployer.

A son origine, Serge Duriavig qui a été un des créateurs de la success story SmartBox, avant de la revendre. Ce Grenoblois a alors lancé un nouveau site Internet dont l’idée lui est venue lors de l’année sabbatique qu’il a prise après son départ de Smartbox.

 L’ayant baptisé « Cosmopolit Home », il l’a installé en 2012, date de sa création, à Lyon. Son concept ? Le Nightswapping.

 L’entrepreneur a en quelque sorte inventé le « bitcoin » du tourisme, du nom de cette monnaie virtuelle : ici, la mesure d échange est « une nuit ».

Le site web propose aux touristes français et étrangers de gagner des nuits en hébergeant des membres chez eux et d’utiliser ces nuits pour séjourner gratuitement partout dans le monde.

 Il s’agit d’un concept à mi-chemin entre le couchsurfing (qui consiste à héberger gratuitement chez soi un voyageur pour une ou plusieurs nuits) et l’échange de maison et d’Airbnb (réservation et location de logements de particuliers).

 Pas la peine cependant, et c’est là l’innovation, de procéder à un échange pur du style, «  Je t’échange un appartement à New York contre mon appartement à Lyon ». La nuit que vous avez gagnée en logeant un membre du réseau, vous pouvez l’utiliser partout ailleurs, à New York : à Sydney ou à Londres, par exemple.

 Pas la peine non plus, contrairement aux autres sites d’être obligé de loger quelqu’un pour gagner une nuit. On peut, avec ce concept acheter une nuit « à des tarifs très bas », précise Serge Duriavig.

 Et c’est là qu’entre en scène le modèle économique de ce site. Plus question d’abonnements, le système testé au début et abandonné (il fallait payer entre 34 et 149 euros), «ça freinait le développement du site », précise l’entrepreneur lyonnais.

 Le modèle économique ne repose désormais que sur des services additionnels payés, à l’instar par exemple d’assurances-voyages, de frais de mise en relation (9,90 euros) et donc de l’achat de nuit(s), si l’internaute veut essayer le concept sans proposer son logement.

 Reste une certitude : la start-up ne cesse de croître. Elle va passer de dix à quinze salariés à temps plein en ouvrant un bureau à Paris, ainsi qu’une cinquantaine de collaborateurs sous statuts divers. Comptant 6 000 hébergements de particuliers dans cinquante-quatre pays dans le monde, elle en vise 50 000 à la fin de l’année 2015.

Pour ce faire, elle va refondre son site Internet pour lui apporter de nouvelles fonctionnalités.

Même si Serge Duriavig a de solides moyens, il a fait pour la première fois appel à des investisseurs. Et n’a guère eu de difficultés pour réunir 2 millions d’euros auprès de plusieurs sociétés d’investissement : Rhône-Alpes Création, Expansinvest et Otonnale ; mais aussi auprès de business angels et de la Banque publique d’investissement.

 Ses efforts vont particulièrement porter sur un développement en Europe, ainsi qu’aux Etats-Unis.

L’ambition de Serge Duriavig ? Tout bonnement « devenir le booking.com du Nightswapping »…

 Glowbl : 2 millions d’euros pour notamment s’installer en Californie

Si Serve Duriavig s’attaque à airbn’n, un autre Lyonnais, Mathieu Labey, lui s’attaque à Google, à travers sa société, Glowbl.

Cette start-up lyonnaise qui a eu son heure de gloire lors du Concours mondial d’innovation en 2013, en présence d’Arnaud Montebourg, encore ministre et de François Hollande, a développé un système de vidéoconférence “Made in France”.

Glowbl invente l’internet de demain. Il y a eu l’internet des données, du contenu et des objets. Voici celui des humains qui peuvent interagir ensemble, discuter, confronter leurs points de vue ou jouer“, avait lancé alors celui était encore le ministre du Redressement productif. »

L’originalité de Glowbl, tient au fait qu’elle permet au public de dialoguer en réseau et en direct à partir de “bulles visiophoniques” qui se connectent entre elles sur l’écran pour échanger avec les intervenants.

« Nous donnons la parole virtuellement aux gens, en nous appuyant sur les réseaux sociaux, ce qui permet de voir la photo du profil de la personne. Les intervenants peuvent voir la réaction du public », explique le patron de Glowbl (qui signifie littéralement : l’incandescence de la bulle).

Le contenu peut être constitué de vidéos sur Youtube ou de documents“, résume le patron de Glowbl, dont le siège est basé dans le 6ème arrondissement de Lyon.

Glowbl a levé en septembre 2013, 713 000 millions d’euros auprès de business angels.

Il vient de récidiver à travers un deuxième tour de table, en levant cette fois 2 millions d’euros auprès de ses investisseurs historiques et de nouveaux partenaires, tous Français.

Cet argent frais est principalement destiné à développer l’activité aux Etats-Unis. L’entreprise va y établir une filiale qui ouvrira ses portes au mois d’octobre avec, pour commencer, deux collaborateurs.

Glowbl vise le marché américain et ses 310 millions d’utilisateurs potentiel.

Autre objectif : conclure de nouveaux partenariats technologiques. « Notre but principal est de faire connaître la plateforme et ses usages aux Etats-Unis et d’agréger de nouveaux partenaires », a expliqué Mathieu  Labey à Frenchweb.fr.

Autre raison de cette implantation à San Francisco : se rapprocher de financeurs potentiels. Après ces 2 millions de dollars, la startup lyonnaise compte mettre en œuvre dès l’année prochaine un troisième tour de table, plus ambitieux qui pourrait porter sur 5 à 10 millions d’euros.

Basée à Lyon, Glowbl compte 17 collaborateurs en France et revendique 60 000 utilisateurs sur sa plate-forme. Ces derniers sont des entreprises ou des particuliers. Actuellement gratuite, la solution sera bientôt proposée sur un modèle freemium où des options supplémentaires seront disponibles pour les utilisateurs payants.

« La plate-forme comportera une partie payante à partir de la fin octobre pour les usages confidentiels à plus de cinq personnes et dès la deuxième personne en mode entièrement sécurisé et chiffré. . Un modèle de souscription adapté aux entreprises sera disponible pour donner la possibilité à chacun des collaborateurs de créer un nouvel espace de meeting en un clic, graphiquement adapté, préconfiguré pour démarrer une réunion en quelques secondes. Mais l’utilisation de Glowbl avec des espaces ouverts à tous restera gratuite » a assuré Matthieu Labey, à Frenchweb.

 Tilkee lève 500 000 euros pour devenir “plus intuitif, plus ergonomique”

 Une troisième start-up a bénéficié de capitaux  : Tilkee, start-up lyonnaise qui a conçu une solution logicielle d’optimisation de la prospection et de la relance commerciale.

 Elle vient de finaliser un premier tour de table de 500 000 euros auprès de Rhône-Alpes Création II, Pertinence Invest et Axeleo. Un groupe de Business Angels a également été associé à cette levée de fonds.

 Créée en novembre 2012 par Sylvain Tillon et Timothée Saumet, la société dispose désormais des capitaux nécessaires pour finaliser une interface web qu’ils veulent «  toujours plus intuitive et ergonomique, mais aussi pour poursuivre le développement des briques big data et intensifier le développement commercial. »

 « D’après le Portail des PME, 60 % des commerciaux ne relancent jamais leurs prospects ! Cela paraît invraisemblable ! En douze mois, Tilkee a permis d’envoyer 21 000 propositions commerciales. Grâce à nous, les commerciaux ont fait des relances efficaces et ont vu leur taux de transformation augmenter entre 18 et 30 % en moyenne », assure Sylvain Tillon, le patron de Tilkee.

 Les commerciaux, utilisateurs ciblés par Tilkee, redirigent le prospect vers leur proposition commerciale en ligne, appelée “Tilk”, qui accepte tous les formats (Word, PDF, Power Point, etc.).

 Il est intéressant de noter que dans ces trois cas, les investisseurs sont exclusivement tricolores.