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La start-up lyonnaise Ubic Média en passe de révolutionner la vidéo sur Internet…aux USA

Alain Rosset, le créateur de la société lyonnaise Ubic Média a pris son bâton de pélerin pour faire le tour des opérateurs susceptibles en France de s’intéresser aux résultats de ses travaux qui révolutionnent la vidéo sur Internet. En vain. Il a été obligé de se tourner vers les Etats-Unis et vient de signer avec le géant Star Z , puis s’apprête à la faire avec le leader américain du partage de fichiers, Box.Net. Avec à la clef des millions d’euros qui devraient booster cette start-up de sept salariés.

La fermeture aux Etats-Unis du site Megaupload, le 13ème site le plus visité au monde, célébre pour ses téléchargements de fichiers notamment vidéos a une nouvelle fois rappelé que les droits d’auteur sont ouvertement bafoués sur Internet.

Or, il existe désormais une technique permettant à l’internaute de lire une vidéo en fonction de la volonté de son auteur, sans pouvoir la dupliquer ni la transférer. L’auteur de cette véritable révolution est un Lyonnais, Alain Rosset, qui est à la tête d’une start-up de sept personnes basée dans le 3ème arrondissement : Ubic Média.

« Notre technologie qui est le fruit de dix années de recherches, transforme votre ordinateur en salle de cinéma », explique le Pdg d’Ubic Média. Et de poursuivre : « Comme au cinéma, vous payez pour assiter à une séance et une seule, voire plusieurs, si vous avez payé en conséquence. C’est comme si vous aviez acheté votre ticket. Vous ne pouvez ni dupliquer le film, ni le transférer. » Bref avec cette technologie, le piratage devient impossible.

Le possesseur des droits du film, le metteur en scène ou le producteur, pilote lui-même l’usage que l’Internaute peut faire du film. Et celui-ci n’a aucun moyen de le pirater.

« Il ne s’agit pas véritablement d’un cryptage-précise Alain Rosset-mais le fruit d’un développement très complexe à base d’algorythmes et d’architecture logicielle. »

Jusqu’à présent, deux solutions seulement existaient pour visionner un film sur le Web : le télécharger sur son ordinateur ou le visualiser en “streaming” sur un ordinateur connecté.

Gros problème pour les auteurs : les deux solutions sont loin de présenter les garanties anti-piratage suffisantes. Un fichier téléchargé sur un ordinateur peut être copié et échangé à l’infini, tandis que de nouveaux logiciels permettent “d’aspirer” un flux en streaming pour pirater, là encore, un fichier vidéo.

Ubic Média a trouvé la solution grâce à sa technologie : le fichier vidéo peut être librement téléchargé, mais, pour le lire, l’ordinateur doit être connecté et l’utilisateur doit rentrer un code spécifique, une “clé”.

L’avantage : le système est incassable. Si la clé n’est pas rentrée, le fichier devient illisible. Seul bémol : l’ordinateur doit être connecté en permanence pour que le fichier soit lisible.

Alain Rosset pensait, une fois sa découverte validée, testée et développée que les opérateurs français allaient lui tomber dans les bras. Il en a fait le tour. « Sans aucun succès : aucun n’a voulu prendre le risque », reconnaît-il, désabusé.

Il n’empêche : le marché de la vidéo sur Internet est à 80 % américain. Le créateur d’Ubic Média a donc créé une filiale en Californie, au pays du cinéma, et plus précisément à Beverly-Hills. Et a engagé un consultant américain spécialisé, Olivier Pfeiffer.

Tous deux ont fait le tour des opérateurs spécialisés qui, eux, ont écouté d’une oreille plus qu’attentive. « Les entreprises américaines sont friandes de nouveaux produits leur permettant de se développer : notre système les a intéressées à la fois dans le domaine du B to C, à destination des particuliers, mais aussi du B to B , pour les échanges entre entreprises», explique Alain Rosset.

Un premier contrat a été signé avec la société célébre chez les amateurs de jeux vidéo : StarZ : « Nous avons signé un accord pour une série qui connaît actuellement un gros succès aux Etats-Unis », se félicite Alain Rosset.

Le modèle économique est simple : Ubic Média ne cède pas ses outils techniques, la société lyonnaise sert d’interface, prenant au passage une commission de 15 à 25 % sur la transaction lors de l’achat de la vidéo.

Ce premier succès pourrait bien être suivi d’un autre avec le leader américain du partage de fichiers : Box.Net, mais cette fois sur le versant B to B. La signature pourrait intervenir d’ici le 10 février prochain.

Ainsi 2012 devrait être marquée d’une pierre blanche pour Ubic Média qui jusqu’à présent, financée à hauteur de deux millions d’euros par deux investisseurs rhônalpins, ne réalisait pratiquement aucun chiffre d’affaires. « Le chiffre d’affaires 2012 devrait se traduire en centaines de milliers de dollars et nous espérons bien que celui de 2013 se chiffrera en millions de dollars », escompte Alain Rosset.

Si le marché US adopte la solution d’Ubic Média, à 61 ans, ce chercheur titulaire de deux DEA, en mathématiques et en informatique, pourrait bien alors avoir fait fortune.

Photo (DL) : Alain Rosset, 61 ans, Pdg de la start-up lyonnaise Ubic Média.

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