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Le château des Ravatys, dans le Beaujolais, vendu par l’Institut Pasteur au groupe lyonnais Lavorel d’hôtels de luxe pour 6,9 millions d’euros

“Cela faisait vingt ans que je cherchais à acquérir un domaine viticole : le château des Ravatys cochait toutes les cases !”, explique Jean-Claude Lavorel, président du groupe lyonnais éponyme. Il vient de racheter ce domaine de 56 hectares situé au pied de la célèbre colline de Brouilly dans le Beaujolais pour 6,9 millions d’euros. L’institut Pasteur de Paris qui en était le propriétaire n’a pas profité des cinq ou sept candidats à l’achat selon les sources pour faire monter les enchères, mais a choisi un acquéreur apte à conserver, voire développer l’esprit du lieu.

Il a construit son petit empire d’hôtels de luxe, à partir de la société LVL Médical, spécialisée dans l’assistance médicale à domicile qu’il a revendu à l’Air Liquide. Depuis, Jean-Claude Lavorel a quitté le domaine médical pour racheter hôtels haut-de-gamme sur hôtels-de-gamme, puis s’est diversifié dans la navigation touristique et gastronomique sur le fleuve Rhône.

Dernière pierre accrochée à sa couronne : le créateur du groupe qui porte son nom vient de racheter le château des Ravatys, un grand domaine situé à Saint-Lager dans le Beaujolais : 20 hectares plantés en vignes d’appellation Côte-de-Brouilly et 9 en appellation Brouilly sur un total de 56 hectares. Un domaine qui produit près de 150 000 bouteilles par an.

Orientées Est et Sud-Est, les parcelles sont âgées de cinquante ans : il s’agit d’un des plus importants domaines viticoles du Beaujolais.

Ce dernier compte également 5 500 m2 de bâtiments notamment utilisés pour des séminaires ou des mariages

Il pourrait s’agir d’une transaction comme une autre, sauf que celle-ci est un peu spéciale car, suite au legs en 1937 d’une généreuse donatrice qui n’avait pas d’héritier, ce domaine appartenait depuis à l’Institut Pasteur de Paris qui vient de le mettre en vente.

Fixé à 6,9 millions d’euros par l’Institut Pasteur

On connaît précisément le prix de la transaction, dévoilé par Jean-Claude Lavorel : 6,9 millions d’euros. Exactement le prix fixé dès le départ. L’Institut Pasteur n’a pas voulu faire monter les enchères, malgré la présence sur cette transaction de cinq à sept candidats selon les sources. “Nous avons été choisis par le fait que nous soyons une société familiale avec des valeurs qui correspondait à ce que recherchait l’Institut ; et non un groupe financier”, détaille Jean-Claude Lavorel.

Il s’agissait pour l’Institut Pasteur avec cette vente, de concentrer un maximum de moyens pour la recherche biomédicale. Ainsi, 100 % de la vente sera dédié à la recherche dont celle concernant le Covid-19, donc, avait annoncé l’Institut Parisien en mettant en vente le domaine.

L’une des conditions mises en avant que devra respecter  le futur acquéreur est le maintien de la tradition viticole du domaine pour répondre au souhait de la légataire du site à l’Institut.

Face à cette volonté, le groupe Lavorel Hôtels compte bien poursuivre la production de crus du Beaujolais, mais d’y apporter sa touche, conformément à sa démarche économique : en montant en gamme.

Et ce, à deux niveaux : en poursuivant la conversion en bio que l’ancien propriétaire avait commencé à engager, mais il compte aussi monter en gamme en développant la distribution dans l’hôtellerie restauration, lorsque le secteur aura redémarré, bien sûr.

Le service commercial et marketing du domaine sera ainsi renforcé.

Développement de l’œnotourisme

Outre les vignes, ce qui a aussi intéressé le groupe Lavorel est le château lui-même, déjà utilisé pour des séminaires et du réceptif. Un métier qu’il connaît bien.

Le domaine des Ravatys propose en effet quatre espaces de réception.

Ainsi, le château, lui-même, construit au 19ème siècle ; l’Orangerie, les chais, ainsi que le grand parc attenant permettent d’organiser différents évènements avec une jauge pouvant monter jusqu’à 250 personnes.

Un lieu idéal pour les entreprises désireuses d’organiser des séminaires, des opérations de team building, voire encore des formations ; le tout dans un cadre œnologique.

“Pas valorisés à leur juste prix…”

L’œnotourisme sera en effet développé “grâce aux synergies créées entre les différents établissements du groupe et sa clientèle adepte de l’art de vivre à la française”, précise-t-on au sein du groupe Lavorel…

Ledit groupe prévoit d’ailleurs de créer des chambres supplémentaires afin de venir compléter l’offre existante du château.

Bref, on peut penser qu’à ce tarif, le groupe familial lyonnais a réalisé une bonne affaire, d’autant que Jean-Claude Lavorel en est persuadé : “Les crus du Beaujolais ne sont pas valorisés à leur juste valeur, alors qu’ils sont en train de connaître une notoriété grandissante…” Rien d’étonnant d’ailleurs si le nombre de transactions a tendance depuis quelques années, à se multiplier dans ce terroir du Beaujolais…

 

 

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