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Le grand pari de la start-up lyonnaise Mytoc : démocratiser la culture, tout en en faisant un business

Partant du constat qu’en moyenne les salles de spectacles sont à moitié vides en France, la start-up lyonnaise mytoc.fr entend remettre sur le marché ces invendus pour les recycler. Mais ce n’est pas qu’un site où l’on trouve des places de spectacles à tarifs réduits, Mytoc se veut aussi un média à part entière. Après Lyon, l’entreprise veut lever 1,4 million d’euros pour développer son concept dans sept villes de France dès septembre…

Six places de spectacles sans dates limites pour 49 euros ; ou encore un nombre illimité de spectacles pendant un an pour deux, et ce, pour seulement… 129 euros. Le tout regroupé sur un rectangle de plastique format de carte de crédit : c’est ce que propose la start-up lyonnaise Mytoc.fr., mettant en avant « la révolution » que son concept est en train d’initier.

 Quel est le secret ? Les créateurs de mytoc, Philippe Brunet-Leconte, directeur de publication, celui qui a créé et développé Lyon-Mag à Lyon et Nadège Michaudet, rédactrice en chef, ont frappé à la porte de toutes les institutions culturelles, petites et grandes en leur proposant de distribuer leurs invendus. Gratuitement ? Presque, mais pas tout-à-fait.

 « Pour mettre au point Mytoc,nous avons rencontré deux-cents acteurs de la culture, du théâtre des Célestins à la Maison de la Danse, en passant pour l’Auditorium ou la Comédie Odéon et bien d -‘autres salles Nous leur avons proposé d’échanger leur billetterie invendue contre de la communication sur notre site et les réseaux sociaux », explique Nadège Michaudet. Un contrat de troc a ainsi été engagé avec soixante « partenaires culturels »

Le siège basé sur une péniche bariolée

 Et manifestement ça marche, vu l’offre de spectacles qui a le grand avantage de ne pas être bornée dans le temps. Mytoc est donc une plateforme culturelle où l’on peut trouver des places de spectacles, mais aussi un média où l’on parle des spectacles estampillés mytoc, mais aussi les autres.

 La start-up qui est installée dans une péniche bariolée stationnée sur les bords de Saône a ainsi déjà vendu 3 000 cartes en un an.

 L’ambition ? « Seulement 8 % des Français vont au spectacle plus d’une fois par mois. C’est trop peu : nous voulons être des facilitateurs de culture », lance Nadège Michaudet. Tout en ne cachant pas qu’il s’agit là d’un marché prometteur.

 Le cœur de cible ? « Les femmes : à 80 % ce sont elles les prescriptrices des spectacles », assure la rédactrice de chef de mytoc.fr.

 L’idée a en tout cas séduit une trentaine de chefs d’entreprise lyonnais qui de Laurent Fiard (Visiativ) à Olivier Ginon ( GL events) ont mis la main à la poche et apporté les 300 000 premiers euros qui ont permis l’amorçage du projet.

 La Bpi (Banque publique d’investissement) accompagne également mytoc à hauteur de 200 000 euros.

 Ce financement de départ est complété, par le truchement de « Go Funding » par l’arrivée de mytoc sur la plateforme de crowdfunding Happy Capital où les promoteurs de la plateforme culturelle entendent lever 200 000 euros.

Après le premier tour de table en cours, un second est prévu, assez rapidement et beaucoup plus ambitieux : 1,4 million d’euros.

 Pourquoi cet investissement ? Pour développer le concept sur sept autres villes en France : Strasbourg, Paris, Lille, Bordeaux, notamment, dès septembre 2017. « Nous avons bien démontré que le concept lyonnais peut être dupliqué », assure Nadège Michaudet.

 L’objectif à trois ans : vendre 25 000 cartes en France.

 Le pari est clair. Pour la rédactrice en chef, « la culture, plus vous y goutez, plus vous y allez », faisant le pari que les utilisateurs de mytoc développeront leur appétence pour la culture. Tandis que dans le même temps « les salles de spectacle ont besoin de mytoc pour faire leur promo ». La boucle, serait-elle alors bouclée ? Philippe Brunet-Lecomte et Nadège Michaudet auraient-ils trouvé la martingale gagnante ?

 Et le risque de concurrence, alors ? Pour l’heure, estiment-ils, elle « est éclatée et spécialisée : billetterie, médias, abonnement, cartes thématiques… »

 Avec ce risque néanmoins : qu’une trop importante demande assèche le nombre de places disponibles. Déjà les spectacles lyonnais les plus prestigieux, à l’Auditorium ou à la Maison de la Danse par exemple sont complets plusieurs mois à l’avance.

Le système va-t-il s’équilibrer de lui-même ? C’est ce qu’escomptent les créateurs de mytoc.

Ils se sont trouvé en tout cas un parrain prestigieux, Jean Rochefort qui, malicieux, dans une vidéo teasing assure : « C’est étonnant ! Ils sont jeunes et intéressants. Et ils s’occupent de nous ! »