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La société Navya, cotée en Bourse et dont le siège est basé à Villeurbanne a vu son cours de Bourse d’effondrer : – 66 % depuis le début de l’année, – 90 % sur un an, date à laquelle la société s’introduisait en Bourse à… 7 euros l’action…

Elle est devenue en Bourse ce que les anglo-saxon appelle un penny stock, une valeur de moins d’un penny, en l’occurrence ici, d’un euro, puisque le cours de l’action ne s’établit plus qu’à 0,65 euros.

La raison de ce grand plongeon boursier : le grand virage stratégique de l’entreprise annoncé en juillet et qui, c’est le moins que l’on puisse dire, n’a pas convaincu le marché.

Après avoir débarqué en mars dernier Christophe Sapet, le créateur de la société, les actionnaires de Navya ne veulent plus vendre des navettes autonomes fabriquées par ses soins, par ailleurs dans la région lyonnaise, mais simplement devenir fournisseur de sa technologie. Conséquence, donc : elle compte arrêter la production.

Ce qui a provoqué une situation inconfortable avec un chiffre d’affaires semestriel qui est en retrait de 32 % à 6,1 millions d’euros. Seules dix-huit navettes ont été vendues.

Adieu aux navettes et recentrage sur la technologie

Navya va se recentrer sur sa technologie en la proposant à la vente à des industriels tiers.
Une ou deux plateformes tierces devraient en être équipées l’an prochain. Avec cette stratégie, les coûts de commercialisation et de marketing devraient être réduits.

La production s’arrêtera une fois toutes les commandes en cours livrées.

Vu les derniers élément financiers de la société, on est ainsi très loin des très ambitieux objectifs financiers énoncés avant son introduction en Bourse en juillet 2018 : 180 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2020 et 480 millions en 2021.

Changement de cap : Navya est désormais à la recherche de partenariats technologiques, industriels, de distribution et de support local.

L’entreprise s’est par exemple rapprochée de l’industriel Charlatte qui fabrique des tracteurs et chariots pouvant être utilisés pour transporter des bagages dans les aéroports.

Les deux partenaires veulent tester courant du deuxième semestre 2019 le « Tract autonome », actuellement cours de développement.

Encore un marché d’expérimentation

Pour Etienne Hermite qui a succédé à Christophe Sapet, comme président du directoire en mars dernier, « le marché des navettes autonomes restera un marché d’expérimentation au cours des 24 prochains mois, avant un décollage lié au retrait de l’opérateur de sécurité ».

Pour l’heure, en effet, les navettes ne sont pas véritablement autonomes, nécessitant pour des raison réglementaires encore la présence d’un opérateur à bord pour raison de sécurité.

Pour Etienne Hermite, cependant, l’objectif de Navya reste « de saisir les opportunités de marché pour faire de Navya l’un des leaders mondiaux des systèmes de conduit autonomes. »

La nouvelle voie choisie permettra-t-elle à la société villeurbannaise d’atteindre cet objectif ?

Les concurrents sont nombreux et pour l’heure, comme illustre le plongeon du titre, le marché boursier n’y croit guère.

Il reste deux ans aux dirigeants de Navya pour prouver la validité de leur brutal changement de stratégie.

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