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Hervé Kratiroff et Dominique Versini, deux investisseurs lyonnais indépendants et atypiques développent peu à peu le groupe Solexia qui fait la part belle à l’agroalimentaire, au vin et aux arts de la table, en absorbant progressivement des PME dont ils dopent le potentiel latent. Ils viennent successivement d’acquérir un éleveur de volailles dans le Puy-de-Dôme et un producteur de jus de fruits dans la Loire. Leur groupe pèse désormais 70 millions d’euros et près de 300 emplois.

Le premier, Hervé Kratiroff, dès sa maîtrise de science éco, agrémentée d’un DESS Evaluation et Transmission des Entreprise, a démarré sa vie professionnelle en créant une entreprise.

Le second, Eric Versini, après un DESS en diagnostic d’entreprise à l’Université Lyon 3, a passé douze ans au sein de la banque Dexia.

La rencontre de ces deux compétences complémentaires a donné le jour à un fonds d’investissement lyonnais indépendant : Solexia dont le premier est le président et le second, directeur général.

Ils ont tous deux mis au point une stratégie qui, au fil des années, s’est révélée payante : ils acquièrent des PME au fort potentiel, créées par de fortes personnalités.

Tel est donc Solexia, ce groupe lyonnais qui compte à ce jour dix entreprises qui réaliseront ensemble cette année 69,5 millions d’euros de chiffre d’affaires avec un effectif de près de 300 salariés.

Les deux dernières acquisitions en date : un producteur de volailles fermières installé au pied des Volcans d’Auvergne, à Issertraux, dans le Puy-de-Dôme, Sedivol (5,5 millions de chiffre d’affaires et 34 salariés) qui bénéficie de l’IGP « Volailles Fermières d’Auvergne) et du Label Rouge ; et les Jus de fruits Bissardon, basés à Saint-Paul-en-Jarez dans la Loire.

Pour le duo Kratiroff/Versini, cette dernière entreprise recèle un gros potentiel : elle est axée sur le haut de gamme, affiche des clients prestigieux comme de grandes tables trois fois étoilées.

« Doubler le chiffre d’affaires »

D’où la décision prise, sitôt le rachat de créer une gamme bio, un secteur qui croît au rythme de 20 % l’an ; et ce, aux côtés des deux gammes actuelles : une marque premium baptisée « Jean-louis Bissardon » et une seconde plus classique, « l’Arbre à jus ».

Notre objectif, explique Hervé Kratiroff « est de doubler le chiffre d’affaires… »

Cette entreprise a été créée par Jean-louis Bissardon, 52 ans, qui a su développer une vraie marque de jus de nectars et de fruits haut de gamme, mais, seul à la barre de l’entreprise, il était quelque peu dépassé par l’ampleur prise par sa société et avait besoin d’un relai.

Il y avait beaucoup de monde sur les rangs pour racheter les Jus de fruits Bissardon (22 personnes et 8 millions d’euros de chiffre d’affaires) : le respect des dirigeants de Solexia pour les entreprises rachetées et les hommes qui y travaillent, constaté à de multiples reprises dans le passé, ont fait pencher la balance vers le fonds d’investissement.

Cette entreprise était très convoitée car elle posséde un outil de transformation des jus de fruits, très moderne, capable de presser 30 tonnes en une seule fois, issus de lourds investissements réalisés par Jean-Louis Bissardon. Elle est située au cœur d’un des plus grandes régions fruitières de France.

Le premier investissement de l’ordre d’un million d’euros, des dirigeants de Solexia, sans tarder, sera de construire ou de louer un entrepôt frigorifique permettant de stocker les fruits, avant de les presser.

C’est vrai, les deux investisseurs lyonnais ont souvent eu la main verte, mais pas toujours. Ils avaient racheté en 2013, en Suisse la société « Max Poulet » une marque et un réseau de poulets rôtis qu’ils n’ont jamais réussi à faire décoller « du fait des particularismes locaux ». Ils viennent de la céder, tout en conservant une participation minoritaire, à la société nordiste Duquenne, un spécialiste français du métier.

Une croissance de 20 %

Avec ces deux dernières acquisitions, le groupe Solexia a connu cette année une croissance de près de 20 %. Hervé Kratiroff et Eric Versini comptent faire une pause d’un an, pour les digérer et repartir de l’avant.

Il est vrai aussi que leur mode de gestion est atypique, mais aussi contraignant. Au lieu d’embaucher un manager professionnel pour diriger les entreprises qu’ils rachètent, ils les gèrent directement, s’impliquant à tous les échelons de chacune des entreprises.

Ce qui leur permet de bien les connaître et de mettre au jour leurs potentiels de croissance…