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Les écologistes, pro-industrie chimie ? La Métropole de Lyon s’associe avec 10 entreprises de la Vallée de la chimie dans un Consortium…

“La Vallée de la chimie ? On la vit comme un atout”, assure Emeline Baume, vice-présidente à l’économie de Bruno Bernard à la Métropole de Lyon. Un langage qui n’est pas général dans la sphère écologiste, mais qui vient de se traduire par la création d’un Consortium au sein de la Vallée de la Chimie créé avec la participation de la Métropole de Lyon et une dizaine d’entreprises, dans le but d’accélérer la décarbonation du territoire en s’appuyant sur l’hydrogène vert. Explications…

“La Vallée de la Chimie représente 26 % des Gaz à Effet de Serre de la Métropole. On pourrait dire, exportons les entreprises chimiques et nous atteindrons le niveau d’empreinte carbone que nous avons fixé pour la fin du mandat. Seulement, ce n’est pas notre conception. La Vallée de la Chimie, non seulement nous voulons la garder, mais aussi la densifier…”

Tel est le langage que l’on entend dans le bouche d’Emeline Baume, vice-présidente à l’économie de la Métropole de Lyon qui parle même “de la nécessité d’une souveraineté industrielle”. Un langage que l’on ne s’attendait pas à entendre, mais qui est bien argumenté.

Elle ne veut pas exporter ailleurs les entreprises de la Vallée de la chimie dans des pays à bas coût où la pollution pourrait être encore plus intense, mais entend s’appuyer sur l’existant pour accentuer la décarbonation et le verdissement de l’industrie.

C’est ainsi que l’actuel exécutif métropolitain a repris à son compte le projet de la création d’un Consortium dans la Vallée de la Chimie lancé lors du précédent mandat et associant la Métropole à dix entreprises de la Vallée de la Chimie : Engie, la CNR, l’Air Liquide, Hynamics, GRTGaz, RTE, Domo, Total et l’IFP, ainsi que Symbio, le dernier arrivant qui s’apprête à y construite une usine et une centre de R&D pour la fabrication de piles à combustibles hydrogène.

L’objet de ce Consortium est justement l’hydrogène. Il a été créé pour répondre à l’appel à projet “écosystème territoriaux hydrogène” de l’Ademe, lancé fin 2020 pour aider les investissements “dans des écosystémes qui associent infrastructures de production/distribution d’hydrogène et usages de l’hydrogène”. Le nom de code de ce Consortium : Lyon Rhône H2V.

Quand on parle d’hydrogène on parle évidemment d’hydrogène vert et non gris, non source de Gaz à Effet de Serre, c’est-à-dire ne faisant pas appel aux hydrocarbures, mais issu d’énergie durable.

“Nous avons voulu accélérer la mise en place de ce Consortium, confirme Emeline Baume, car nous croyons que l’hydrogène vert est l’outil le plus efficace de la décarbonation de l’industrie”.

50 tonnes d’hydrogène/jour

L’une des problématiques qui va être mise en place sera ainsi de transformer les 50 tonnes/jour d’hydrogène conventionnel utilisés sur la plateforme chimique par de l’hydrogène vert.

Les sommes en jeu devraient se révéler d’importance : l’Ademe accompagnera financièrement le processus. Ainsi par exemple, la seule Compagnie Nationale du Rhône vise dans ce cadre entre 22 et 25 millions d’euros d’investissements.

Le premier objectif que poursuivra ce Consortium qui pour l’heure n’a pas d’entité juridique, est de développer de manière importante la production, mais aussi le stockage d’hydrogène vert sur le site de la Vallée de la Chimie, mais encore de développer des projets d’oléoducs hydrogène pour des usages industriels. “La Métropole de Lyon apportera un accompagnement technique et financier aux porteurs de projet”, précise Emeline Baume.

Il s’agira également d’expérimenter et de convertir à l’hydrogène une partie des flottes de véhicules, notamment les bennes à ordures ménagères utilisées dans les régies.

On ne part d’ailleurs pas de rien en la matière sur la Vallée de la chimie.

L’Air Liquide dont c’est le métier a déjà engagé d’importants investissements pour fournir de l’hydrogène vert.

Une usine Symbio et un centre de R&D

La CNR et d’Engie ont de leur côté dans leurs cartons un projet d’unité d’électrolyseur à l’horizon 2024 pour la fabrication d’hydrogène vert à partir de l’énergie renouvelable produite par le barrage hydroélectrique de Pierre-Bénite, proche.

Enfin, il y a Symbio (joint venture des groupes Michelin et Faurecia), déjà citée, la société qui a choisi la Vallée de la Chimie pour y construire à la fois une usine pour fabriquer des piles à combustible hydrogène, mais qui ouvrira aussi un centre de Recherche & Développement. L’usine sera livrée en 2023. Un investissement de 140 millions d’euros. « Le site de Saint-Fons sera le vaisseau amiral de Symbio en Europe », a récemment assuré Philippe Rosier, le Pdg de Symbio.

Selon Emeline Baume, il devrait y avoir d’autres Consortiums à l’avenir, associant la Métropole et des entreprises : “dans le textile et l’alimentation”.

De même, précise la vice-présidente à l’économie “la future Halle de l’économie circulaire fera aussi appel à un Consortium”

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