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Life Sciences : Lyon confirme son rôle stratégique en Europe

Selon une étude publiée par CBRE France, spécialiste du conseil en immobilier d’entreprise, le secteur des Life Sciences accélère en Europe, porté par les investissements et l’innovation. En France, Lyon s’impose comme un pôle clé aux côtés de Paris. Mais derrière cette dynamique, un enjeu critique émerge : la pénurie d’immobilier scientifique, devenue un frein à la croissance.

Lyon, deuxième moteur français des Life Sciences

Le secteur des Life Sciences confirme sa montée en puissance en Europe, avec 13,2 milliards d’euros investis en capital-risque en 2025, en hausse de 2,8 %. Dans cette dynamique, la France s’appuie sur deux piliers : l’Île-de-France et la métropole de Lyon.

Lyon s’impose comme le deuxième pôle français du secteur et l’un des plus structurés à l’échelle européenne. L’écosystème local rassemble près de 79 000 professionnels, dont plus de 14 000 dans les biotechnologies, la pharmacie et les medtechs.

Le territoire se distingue par une spécialisation forte, notamment dans les vaccins et les principes actifs pharmaceutiques, avec la présence de grands industriels et d’un tissu dense de biotechs en croissance.

Un écosystème structuré et orienté innovation

L’un des atouts majeurs de Lyon repose sur son organisation en cluster. Lyonbiopôle fédère plus de 250 acteurs publics et privés et a permis de soutenir plusieurs centaines de projets de R&D, représentant plus d’un milliard d’euros d’investissements.

Ce modèle favorise les synergies entre recherche, industrie et financement. Il s’appuie sur des infrastructures solides, incluant instituts de recherche, hôpitaux universitaires et essais cliniques à grande échelle.

La stratégie s’inscrit dans le cadre du plan France Santé Innovation 2030, qui vise à positionner le pays comme leader européen. Lyon bénéficie également d’une approche “One Health”, intégrant santé humaine, animale et environnementale, un positionnement différenciant à l’échelle internationale.

Un marché immobilier sous tension à Lyon

Malgré cette attractivité, le développement du secteur se heurte à une contrainte majeure : le manque d’infrastructures adaptées.

À fin 2025, le parc de laboratoires et surfaces de R&D atteint seulement 51 000 m² à Lyon, contre un volume bien supérieur en Île-de-France. Cette sous-offre entraîne une pression sur les loyers et ralentit l’installation de nouveaux acteurs.

Face à cette situation, les entreprises s’adaptent. Certaines optent pour la transformation de bureaux en laboratoires, une tendance en progression sur le territoire. D’autres doivent revoir leur stratégie d’implantation.

Des projets structurants sont toutefois en préparation, notamment dans le BioDistrict de Gerland, avec de nouvelles surfaces attendues d’ici la fin de la décennie.

L’immobilier, nouveau levier stratégique de croissance

Au-delà de la recherche et du financement, l’immobilier devient un facteur clé de compétitivité pour les entreprises des Life Sciences. Les besoins évoluent vers des laboratoires techniques, modulaires et rapidement opérationnels.

Cette mutation redéfinit les stratégies d’implantation. Pour les investisseurs et les promoteurs, le marché lyonnais apparaît comme une opportunité, mais aussi comme un défi en raison du manque d’offre immédiatement disponible.

Pour les entreprises, la capacité à accéder rapidement à des infrastructures adaptées devient un critère déterminant dans leurs décisions de développement.

Un enjeu économique pour la métropole lyonnaise

La montée en puissance des Life Sciences à Lyon dépasse le seul cadre sectoriel. Elle représente un levier d’attractivité économique majeur, générateur d’emplois qualifiés et de valeur ajoutée.

Mais pour maintenir cette dynamique, la métropole devra accélérer sur la production de foncier et d’immobilier spécialisé. Sans cela, le risque est de voir certains projets se délocaliser vers d’autres hubs européens mieux équipés.

Dans un contexte de compétition internationale accrue, Lyon joue donc une partie stratégique. Son positionnement est solide, mais sa capacité à soutenir la croissance du secteur dépendra désormais de sa réponse à cette tension immobilière.