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Bientôt plus marginaux ? L’appellation Saint-Joseph joue désormais à fond la carte des blancs

A Lyon, lorsqu’on commande un pot de rouge dans un bouchon, on vous amène en général un pot de Côte et souvent de Saint-Joseph. La guéguerre entre les beaujolais et les Côtes-du-Rhône s’étant (pour l’heure, car le gamay remonte la pente) soldée par la victoire des derniers.

Ceci pour les rouges. Pour les blancs, souvent c’est le pot de Mâcon qui arrive sur la table.

Un jour prochain, ce sera peut-être un pot de saint-joseph blanc…

Bien installée et reconnue côté rouge, l’appellation Saint-Joseph, longue de près d’une soixantaine de kilomètres, sur la rive droite du Rhône, joue en effet désormais fortement la carte des blancs.

Des blancs qui étaient jusqu’à présent confidentiels, mais que les viticulteurs ont tendance désormais à planter en plus grand nombre. C’est bien simple, en dix ans, la production de blanc sur l’appellation a augmenté de…78 % !

On en produit désormais près de 7 000 hectolitres sur 136 hectares.

Pourquoi cette appétence pour les blancs de plus en plus affichée ? Tout simplement parce que le terroir y prédispose et que le marché le demande…

Les blancs ont la cote

Globalement, par ailleurs, toutes appellations confondues, les vins blancs dans le monde ont la cote et leur consommation croît d’année en année.

Xavier Frouin, oenologue de la Cave de Tain, le confirme : « Depuis quelques années, il y a de plus en plus de demandes sur les blancs. Actuellement, nous commercialisons le millésime 2019, ce qui montre une demande maintenue et un niveau d’écoulement des stocks élevé. »

Sur Saint-Joseph, il s’agit de blancs secs qui se distinguent du cépage viognier plus septentrional car là, même si on commence à les vinifier séparément, ce vin blanc est constitué de deux cépages : la roussanne et la marsanne, encore discrets : ils n’ont pas la notoriété du chardonnay, la star mondiale, ni encore celle du viognier, son challenger..

Deux cépages qui sont parfaitement complémentaires : le premier est vigoureux et productif ; le second, délicat et d’une grande finesse. Bien dosés dans les fûts, ces deux cépages procurent aux vins blancs de Saint-Joseph une belle harmonie, avec des arômes mêlés d’acacia, d’aubépine avec une finale légèrement épicée.

Ils bénéficient à la fois d’une belle rondeur, tout en affichant le plus souvent un bel ensemble aromatique, rarement surjoué.

Les blancs qui représentent désormais près de 15 % de la superficie de l’appellation commencent donc à se tailler une place de choix dans l’océan des rouges du Saint-Joseph.

Ils offrent des vins de garde, droits, longilignes, marqués par une belle finesse. Une stature qui les met un peu à part dans la paysage viticole rhodanien, Saint-Peray ou Condrieu.

On retrouve la roussanne et la marsanne sur les sols argilo-calcaires et de loess, des sols moins riches que ceux dédiés à la syrah produisant le rouge. Ce sont ces sols moins riches, moins puissants qui assurent cette tension des blancs qui les rend plaisants.

Par petites touches

C’est la raison pour laquelle, on les retrouve dans des poches de terroir, distillés tout au long de l’appellation, par petites touches.

La marsanne est généralement plus présente sur les bas de coteaux où les sols de loess recèlent de solides réserves hydriques ; la roussanne, elle, se retrouve plutôt sur les zones d’altitudes plus calcaires.

Les prix, enfin, restent encore abordables pour des vins de cette facture : de 12,50 euros pour la « cuvée Amandine » 2019 de la cave coopérative de Saint-Désirat en Ardèche ; à 21 euros pour « Fruit D’avilleran » 2019 de François Villard (100 % marsanne) ; en passant par 25 euros pour le saint-joseph blanc 2019, du Domaine Lionel Faury à Chavanay (Loire) (60 % marsanne, 40 % roussanne) ; voire encore 33,15 euros pour les « Granilites » 2018 de Michel Chapoutier (Tain l’Hermitage, 100 % roussanne), un nectar à la robe au jaune intense et aux reflets verts…

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