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Neovacs probable repreneur de la société lyonnaise Famar, seul fabricant  de nivaquine : 400 emplois, à terme ?

“Recréer un acteur majeur de l’industrie de la santé et du médicament en France”. Avec un tel objectif proposé par la biotech Neovacs, candidat à la reprise de la société Famar (Saint-Genis-Laval) fabriquant de la fameuse nivaquine, à base de chloroquine, on imagine mal le tribunal de commerce de Paris répondre par la négative. La décision a été mise en délibéré et sera rendue prochainement. Et ce, face à un autre projet de reprise émanant “d’intérêts libanais agissant notamment en Irak et en Egypte”.

Basé à Saint-Genis-Laval, au Sud de Lyon, le site pharmaceutique Famar qui fut, dans les années 1980, la plus importante usine Rhône-Poulenc au niveau mondial, a vu progressivement ses volumes de production se tarir, ses investissements et les commandes se réduire, au point d’être placé en procédure de redressement judiciaire en juin 2019.

Ces derniers mois, son nom est revenu sur le devant de la scène. De fait, Famar Lyon, qui est un sous-traitant de Sanofi et Merck, est aussi la seule usine pharmaceutique en France autorisée par l’Agence du médicament à fabriquer la Nivaquine à base de chloroquine.

Fortes ambitions

Quel intérêt peut avoir Neovacs, société de biotechnologies spécialisée dans les maladies auto-immunes et les allergies qui s’est associée à l’énarque Frank Supplisson, ancien conseiller de Nicolas Sarkozy (société d’investissements “Industry”) et au fonds d’investissement familial luxembourgeois Cofilux-Secufund, peut-il avoir à cette reprise ?

Explications : à partir de cette base, les dirigeants de Neovacs et ses partenaires ont de fortes ambitions dans la foulée des lacunes rencontrées en France lors de la crise du Covid-19 en matière de médicaments.

La présence de Franck Supplisson, très tôt à la manœuvre, constitue un atout supplémentaire dans la mesure où se dernier s’est déjà illustré dans la reprise et le développement, notamment de l’usine sidérurgique Akers France de Thionville ; voire encore l’usine Alpine Aluminium d’Annecy.

Neovacs et ses partenaires veulent « reprendre le site et y investir massivement, afin de le redynamiser et d’en refaire un site majeur de l’industrie de la santé et du médicament en France, dans un contexte où ces industries sont appelées à jouer un rôle croissant dans notre économie », expliquent-ils. “Un projet ambitieux et réaliste”, ajoutent-ils.

Le projet de reprise repose sur un investissement global de 37 millions d’euros sur cinq ans.

Sur le plan social, le groupement prévoit de reprendre 150 des 250 salariés de l’usine, puis envisage ensuite d’augmenter ensuite les effectifs à plus de 400 personnes, en fonction de son plan de marche.

Sur les 37 millions, 15 millions d’euros seront consacrés à l’aménagement et l’exploitation d’un bâtiment dédié à l’activité de conditionnement (dont 6,5 millions seront financés par Bpifrance), 10 millions d’euros seront investis sur le site par Neovacs ou par ses filiales.

Le plan de reprise proposé se propose d’agir très vite “en apportant dès le mois d’août des activités industrielles nouvelles sur le site de Saint-Genis-Laval, capables de maintenir le site en activité, notamment la production de gels hydroalcooliques en reconvertissant une ancienne ligne de production de sirops aujourd’hui désaffectée. “ Un contrat est d’ores et déjà négocié avec l’un des leader européens de la production de gels hydroalcooliques”, assurent les candidats à la reprise.

Vaccin contre la Covid-19 et incubateur

Ensuite, précisent les potentiels repreneurs, “dès le mois d’octobre serait développée une activité de remplissage aseptique en sous-traitance d’un des leaders mondiaux de l’industrie pharmaceutique, à la recherche de capacités en vue de la production dans les meilleurs délais possibles du futur vaccin contre la Covid-19”. Une production qui nécessiterait près d’une centaine de salariés.

Les autres axes du plan de redressement consisteraient en la relance de l’activité historique du site avec les clients ou de nouveaux ; ainsi que l’implantation d’une unité de bio conditionnement et de produits de santé très sensibles, poches de sang et de plasma, tissus, greffons, matériaux chirurgicaux. Ce dernier projet serait créateur de 160 emplois supplémentaires…

Enfin, dernier projet : la création d’un centre de formation et d’un incubateur de sociétés de biotechnologie.

En apparence, tout pour séduire les juges du tribunal de commerce. A suivre…