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Ninkasi persiste et signe des whiskies à la personnalité toujours plus affirmée

Il y cinq ans, dans l’incrédulité générale Christophe Fargier, le créateur et patron de la chaîne de bars/restaurants lyonnais Ninkasi se lançait avec Alban Perret, son maître des alambics, dans la confection de whiskies made in Lyon ou plus précisément made in Tarare dans le Rhône.

D’autant plus courageux il est vrai que la France en la matière est une naine en matière de wiskies avec une production de 0,5 % de la totalité des spiritueux consommés sous cette appellation dans notre pays : eh oui, nous sommes de gros consommateurs de whiskies.

Même si une centaine de distilleries de whisky existent déjà en France, l’Hexagone et le Ninkasi, plutôt axé bière, avaient tout à prouver en la matière.

Il fallait trouver un chemin original face à l’Ecosse, voire encore au Japon, l’autre grand pays du whisky.

Des whiskies aux caractères vineux

Christophe Fargier s’est engagé dans une voie originale, celle de donner des caractères vineux aux whisky en les faisant vieillir dans les fûts de chêne ayant accueilli du vin.

La voie française du whisky qui s’appuie sur notre forte culture œnologique et vinique était née ; elle a depuis bien prospéré.

Ainsi, Alban Perret, le maitre de chais propose d’abord un whisky permanent depuis avril 2021, à base de Chardonnay, ce qu’il affiche sur son étiquette. Plus précisément, il s’agit d’un single malt vieilli en fût de chêne ayant accueilli du chardonnay bourguignon.

Affiné pendant trois ans, ce whisky déjà produit à 16 000 bouteilles de 70 cl, est né dans deux alambics charentais en cuivre de 1 500 et 2 500 litres. Il est issu d’une distillation avec 90 % d’orge malté française et 10 % d’orge tourbée ; des arômes tourbés qui par ailleurs restent très discrets.

Pour accentuer la personnalité vinique de ce whisky, s’est ajouté un passage en fûts de chêne ayant accueilli du vin de Condrieu produit par le viticulteur Louis Chèze en vallée du Rhône.

On retrouve dans ce whisky aux arômes complexes et riches, à la fois de caramel au beurre salé, avec un soupçon d’abricot et de prune. On l’aura compris ce whisky est doté d’une forte personnalité à nulle autre pareille. C’était l’objectif poursuivi.

Editions limitées

Mais pour le fun et illustrer son savoir-faire, chaque année, le sorcier aux alambics du Ninkasi lance des cuvées limitées constituées seulement de quelques centaines de bouteilles seulement chacune.

Cette année il a produit à 342 bouteilles, un “Ninkasi Whisky single Cask 22”, né dans un fût contenant du Rasteau, un vin rouge doux naturel des Côtes-du-Rhône. On y trouve des notes de noix.

Deuxième cuvée spéciale proposée à 612 bouteilles, le “Ninkasi whisky small batch 2021” qui a vieilli à la fois dans un fût de cognac, mais aussi un fût de gamay, le cépage du Beaujolais. On y trouve de la réglisse mais aussi du miel et du pain d’épices.

Notre préférence va au plus épicé des trois, le “Ninkasi whisky single cask 23” qui titre tout-de-même 51,5 degrés… vieilli notamment, lui dans un fût ayant contenu du Morgon, un des dix crus du Beaujolais. On y trouve des notes de fruits à chair blanche, mais aussi rouge, le tout dans une texture particulièrement soyeuse.

On l’aura compris, vu les volumes proposés, il s’agit là d’artisanat. Ceci explique que l’on ne trouve ces nectars, uniquement au Ninkasi où on peut les déguster au verre (mais aussi acheter la bouteille), mais aussi chez les partenaires de la Maison du Whisky. Des produits qui, vu aussi leurs prix, restent des produits d’exception. Mais qui, de ce fait, tendent aussi à contribuer à l’image gastronomique et œnologique de Lyon…

Photo (D.Largeron) : Lilya Sekkal ‘la” spécialiste du whisky chez Ninkasi et Christophe Fargier, créateur et patron de NInkasi.