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« Nous voulons maintenir l’industrie et l’activité économique dans le Grand Lyon »

C’est parti pour trois ans et demi de débats !Gérard Collomb, président du Grand Lyon a lancé le processus de concertation du nouveau Plan Local d’Urbanisme et de l’Habitat (PLU-H) destiné à être appliqué à partir du 1er janvier 2016. Il déterminera la physionomie grand lyonnaise, tant en matière d’habitat que d’économie pour les vingt ans à venir, avec cet objectif : le maintien de l’industrie en ville.

A quoi ressemblera le Grand Lyon en 2036 ? Bien malin qui pourrait le dire, penserez-vous. Pas si sûr. Car l’avenir des cinquante-huit communes qui le composent est inscrit en filigrane dans le Plan Local d’Urbanisme et de l’Habitat dont le processus de concertation vient d’être lancé par Gérard Collomb, président du Grand Lyon.

 L’importance du projet dessiné par cet outil juridique qui réglemente les droit des sols, c’est-à-dire qui affecte très précisément la destination de chaque parcelle de ce territoire, est telle que son processus de ratification va demander…trois ans et demi.

 Première phase, en cours : la concertation. Ce PLU-H est d’ores et déjà consultable dans chacune des mairies d’arrondissement et de l’agglomération. La synthèse de cette première phase sera tirée en 2014. Suivra, en 2015, l’enquête publique sous la responsabilité d’une commission d’enquête qui sera désignée par le président du Tribunal administratif. Ce PLU-H devra enfin être approuvé à la fin de l’année 2015 pour se substituer à l’actuel PLU dès le 1er janvier 2016.

 L’esquisse qui en est faite par Gérard Collomb dessine une ville qui d’ici vingt ans se sera donné les moyens d’accueillir pas moins de 150 000 logements supplémentaires. Et ce, difficulté de l’exercice, par densification de l’existant, en rognant au minimum ce qu’il reste d’espaces agricoles ou de parcs de loisirs dans le Grand Lyon que le PLU-H s’emploie à conserver.

 Cela devra amener les promoteurs publics d’HLM et les promoteurs privés à poursuivre leur rythme actuel de constructions, soit une moyenne de 7 500 logements par an. « Tous les outils seront utilisés : des ZAP, aux ZAC aux PAE. Nous avons encore beaucoup d’espaces susceptibles d’être densifiés dans le Grand Lyon : 400 ha au Carré de Soie à Vaulx-en-Velin, 200 ha à Gerland, Saint-Jean Villeurbanne est désert… », affirme Gérard Collomb.

 Autre ambition affiché par le président du Grand Lyon : « Nous voulons produire du logement à des prix abordables. » Ainsi, sur les 7 500 logements construits en rythme annuel, près de 4 000 devront émaner du secteur social , une concertation est en cours à cet effet avec la promotion privée.

 Le Grand Lyon qui au cours des dix dernières années a vu sa population croître de 85 500 habitants, bénéficiant de 88 000 nouveaux emplois (+ 16 %), tandis que la superficie de ses bureaux bondissait de 32 %, devrait, selon les projections du PLU-H, poursuivre sa croissance à un rythme similaire. Lyon est une ville devenue attractive, en termes d’emplois, notamment.

 Et comme il s’agit d’observer strictement le Plan Climat qui vise à diminuer de 20 % en vingt ans, les gaz à effet de serre, il faudra faire en sorte que ces populations ne se déplacent pas chaque jour d’un côté à l’autre de Lyon pour aller travailler.

 D’où cet autre objectif, clairement affiché : « Nous voulons favoriser la présence de l’entreprise dans la ville. Nous voulons offrir des capacités de développement économique suffisamment diversifiées, à travers la multiplication de zones d’activités, de préférence durables et écologiques comme le parc technologique de Saint-Priest  ou le Pôle Pixel à Villeurbanne», explique Gérard Collomb. » Et d’enfoncer le clou : « Notre priorité est bien le maintien de l’industrie et de l’activité économique en Ville. »

 Autre démarche présente en filigrane dans le PLU-H : « le développement de pôles commerciaux qui sont très concentrés dans le Grand Lyon », dixit Gérard Collomb.

 Le tout dans une agglomération qui aura largement développé et conservé des trames vertes. Où « le réseau vert des espaces naturels agricoles et forestiers est considéré comme une ressource écologique, patrimoniale et économique qu’il faut préserver et valoriser ».

 Une forme de quadrature du cercle en perspective, malgré les vœux pieux affichés, car la tendance sera grande pour grignoter encore de la verdure. Ce PLU-H a justement pour but de freiner cette probable appétence.

 Pour s’en assurer, il suffit désormais de se rendre dans les mairies pour se plonger dans ce document qui dessine l’avenir du Grand Lyon pour une génération.

 Photo (DR)-Selon Gérard Collomb, président du Grand Lyon, l’objectif du PLU-H est le maintien des zones d’activité en ville, à l’instar du Pôle Pixel de Villeurbanne, par exemple

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