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On savait les opposants nombreux à cette initiative au sein de l’assemblée départementale du Rhône. Alors qu’elles avaient été votées sous la présidence de Michel Mercier, les deux délibérations apportant une garantie de 40 millions d’euros au Stade des Lumières de Jean-Michel Aulas ont été retirées lors de la dernière séance publique présidée par Danièle Chuzeville qui l’a remplacé à la tête de l’assemblée départementale. Ce qui va repousser encore la signature de l’accord financier avec le pool bancaire toujours pas finalisé. Pendant ce temps, l’un des principaux opposants au Stade, Etienne Tête écrit au président d’Oséo…

Les atermoiements bancaires autour du financement du Stade des Lumière via un pool bancaire, toujours pas signé, commencent à avoir des retombées politiques.

On a pu le constater lors de la dernière séance publique du Conseil général du Rhône. A l’unanimité, les élus ont voté pour retirer la garantie financière de 40 millions d’euros, qui devait être versée à la Foncière du Montout, la filiale de l’Olympique lyonnais maître d’ouvrage pour le futur Grand Stade du club. Et ce en annulant deux délibérations votées en novembre et décembre 2012 qui garantissaient à la filiale de l’OL le remboursement de 50 % d’un emprunt de 80 millions d’euros.

Des opposants à la garantie au sein du Conseil Général

 Elles avaient été votées à l’instigation de l’ancien président, Michel Mercier, alors qu’une opposition s’était faite jour à l’encontre de ces délibérations. Celle-ci donc repris du poil de la bête contre la signature de cette garantie.

 « Les deux délibérations n’ont pu être mises en oeuvre car la convention portant engagement de garantie à passer entre le département du Rhône et la société foncière du Montout n’a pu être, à ce jour, finalisée entre les deux parties », a expliqué la présidente, Danièle Chuzeville.

Elle pourrait toutefois être soumise à nouveau aux élus du département si les discussions avec le prêteur et l’OL aboutissent d’ici là.

 C’est ce que veut du moins croire Jean-Michel Aulas qui a aussitôt répliqué à ce vote sur le site Web dédié au projet de Stade des Lumières : « Foncière du Montout et l’Olympique Lyonnais confirment que les discussions entre les différents intervenants (Vinci, Conseil Général du Rhône, autres prêteurs dont les banques) concernant le financement du Stade des Lumières avancent normalement. »

Un nouveau vote du Conseil général en juillet ?

 Et d’ajouter : « Ces derniers jours, le financement a connu une tournure décisive avec la confirmation de l’engagement de la plupart des banques concernées. Un accord devrait intervenir très prochainement sur les termes du dispositif de financement et permettre au Conseil Général du Rhône de faire voter une nouvelle délibération, ainsi que la convention de garantie associée lors de la prochaine séance publique en juillet. »

 On remarquera au passage la prudence des termes dans ce communiqué : « l’engagement de la plupart des banques concernées ». Cela signifie qu’il en est certaines qui se font encore tirer l’oreille. Enfin, cela fait plusieurs mois que le président de l’OL annonce « une signature imminente » qui se fait toujours attendre avec les conséquences induites.

Etienne Tête envoie une lettre ouverte au président d’Oséo

 Etienne Tête, élu Europe Ecologie les Verts et avocat des opposants au Stade des Lumières en a profité pour enfoncer un nouveau coin dans le pool bancaire escompté, en envoyant un courrier au président d’Oséo, la banque des PME, partie prenante de l’accord financier en négociation.

 Cette missive indique : « La question qui me préoccupe est l’intervention d’Oséo, société anonyme détenue principalement par l’État, dans ce projet. Statutairement, le financement d’un stade ne rentre pas dans les compétences d’Oséo. Votre entreprise ne peut intervenir que pour le développement et le financement des petites et moyennes entreprises. Or, par son chiffre d’affaires notamment, OL Groupe ne répond pas à la définition des PME. »

 Et d’enfoncer le clou : « Le texte précise que la Banque publique agit en appui des politiques publiques conduites par l’Etat et conduites par les régions, en priorité vers les très petites entreprises, les petites et moyennes entreprises et les entreprises de taille intermédiaire, en particulier celles du secteur industriel. Or, non seulement la région Rhône-Alpes n’est pas partenaires, mais encore il ne s’agit pas d’une entreprise de taille intermédiaire du secteur industriel. »

L’élu vert conclut : « C’est pourquoi, par l’intermédiaire de cette lettre ouverte, j’ai l’honneur de vous demander de rejeter tout financement public du stade privé de l’Olympique Lyonnais, par l’intermédiaire de la société dont vous avez la charge.»

A l’annonce de ce nouvel épisode, l’action OL Groupe qui était remontée un peu au-dessus de 2 euros a perdu vendredi dernier 2,33 %. Elle recule de 28 % depuis le début de l’année et de… 90 % depuis son introduction en Bourse.

 Photo (DR)Les travaux de terrassements du Stade des Lumières sont terminés. Le premier coup de pioche est conditionné par l’accord financier avec le pool bancaire qui se fait toujours attendre.