Le Parc industriel de la Plaine de l’Ain impose de nouvelles règles aux futurs projets industriels
Avec 1 000 hectares, 188 entreprises et plus de 8 000 salariés, le Parc industriel de la Plaine de l’Ain constitue l’un des principaux pôles industriels d’Auvergne-Rhône-Alpes. Pour accompagner son développement sans dégrader son environnement ni son cadre paysager, le syndicat mixte qui pilote le site vient d’adopter une nouvelle charte architecturale et paysagère. Derrière cet outil réglementaire se dessine une question de plus en plus centrale pour les territoires industriels : comment continuer à accueillir usines, plateformes logistiques et activités productives tout en répondant aux nouvelles exigences environnementales et sociétales ?
Un parc industriel confronté aux nouveaux défis de la réindustrialisation
Situé à une trentaine de kilomètres de Lyon, le Parc industriel de la Plaine de l’Ain s’est imposé au fil des décennies comme l’un des principaux moteurs économiques de l’est lyonnais et du Bugey. Sa position stratégique entre les métropoles de Lyon et Genève, à proximité des grands axes de transport et de la centrale nucléaire du Bugey, lui permet d’attirer aussi bien des industriels que des acteurs de la logistique, de la recherche ou des services aux entreprises.
Cette attractivité s’accompagne toutefois de nouvelles contraintes. La réindustrialisation, la pression foncière, les objectifs de sobriété environnementale et les attentes croissantes des collectivités locales obligent désormais les gestionnaires de zones d’activités à repenser leur modèle d’aménagement. Là où les parcs industriels étaient historiquement conçus autour de la seule efficacité économique, les entreprises doivent aujourd’hui démontrer leur capacité à limiter leur impact sur les sols, l’eau, la biodiversité ou encore les consommations énergétiques.
C’est dans cette logique que le Parc industriel de la Plaine de l’Ain a engagé une refonte complète de ses règles d’aménagement. La nouvelle charte rassemble dans un document unique les prescriptions architecturales, paysagères et environnementales qui encadreront désormais les projets de construction, d’extension ou de rénovation.
Les futurs bâtiments devront notamment mieux s’intégrer dans leur environnement, limiter l’effet de masse des grandes plateformes industrielles ou logistiques, préserver davantage d’espaces végétalisés et prendre en compte les enjeux de biodiversité dès leur conception. Les entreprises seront également incitées à intégrer des principes bioclimatiques, à recourir à des matériaux biosourcés ou réemployés et à développer des espaces favorisant la qualité de vie des salariés.
Faire de la qualité du cadre industriel un levier d’attractivité
Au-delà des aspects réglementaires, cette évolution traduit une transformation plus profonde du rôle des zones d’activités économiques. Les territoires ne cherchent plus seulement à commercialiser du foncier disponible ; ils cherchent désormais à construire des environnements capables d’attirer durablement les entreprises, les investisseurs et les talents.
Le Parc industriel de la Plaine de l’Ain revendique depuis plusieurs décennies une attention particulière portée au paysage et aux espaces verts. Le site entretient aujourd’hui plus de 230 hectares d’espaces végétalisés sans recours aux produits phytosanitaires. La nouvelle charte prolonge cette stratégie en introduisant notamment un coefficient de biotope destiné à garantir un niveau minimal de surfaces favorables à la biodiversité sur chaque projet.
Cette orientation répond également aux attentes croissantes des entreprises elles-mêmes. Dans un contexte de tensions sur le recrutement de nombreux métiers industriels, la qualité du cadre de travail devient un facteur d’attractivité de plus en plus observé. Les espaces de détente, les cheminements doux, les zones végétalisées ou encore la qualité architecturale des bâtiments participent désormais à l’image employeur autant qu’à l’intégration territoriale des projets.
Pour le Parc industriel de la Plaine de l’Ain, l’enjeu consiste finalement à préserver ce qui a fait sa singularité tout en préparant les prochaines décennies de développement. Une équation complexe alors que les besoins fonciers liés à la réindustrialisation, à la logistique et à la transition énergétique continuent de progresser dans l’ensemble de la région Auvergne-Rhône-Alpes.
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