Part-Dieu : un quartier de bureaux plus qu’un centre commercial, selon l’Insee
À l’occasion des 50 ans du centre commercial de la Part-Dieu, l’Insee Auvergne-Rhône-Alpes publie une étude qui bouscule l’image du quartier lyonnais. Derrière la vitrine commerciale, la Part-Dieu apparaît surtout comme un immense pôle tertiaire concentrant près de 44 000 salariés, avec des profils sociaux et économiques très différents entre le centre commercial et le reste du quartier.
Un quartier devenu l’un des principaux pôles d’emplois de Lyon
La Part-Dieu a longtemps été pensée comme un « second centre-ville » lyonnais. Cinquante ans après l’inauguration du centre commercial en 1975, l’Insee constate surtout l’émergence d’un quartier d’affaires majeur, davantage tourné vers le travail que vers l’habitat.
Fin 2019, 43 900 salariés travaillaient dans le périmètre étudié, pour seulement 25 700 habitants, soit un ratio de 1,7 salarié par habitant, près de trois fois supérieur à celui observé à l’échelle de Lyon.
Le centre commercial concentre à lui seul 5 000 salariés et 286 établissements, mais il ne représente finalement qu’une partie d’un écosystème beaucoup plus vaste comptant 2 340 établissements.
L’étude souligne également le poids croissant des activités tertiaires supérieures autour de la gare et des grandes tours de bureaux. Administration publique, activités scientifiques et techniques, finance ou assurance structurent désormais l’économie locale bien davantage que le commerce.
Deux réalités sociales très différentes entre le centre commercial et le reste du quartier
Dans le centre commercial, les emplois restent dominés par le commerce et la restauration, qui représentent 70 % des effectifs.
Les salariés y sont plus jeunes, moins qualifiés et davantage exposés au temps partiel : près d’un salarié sur deux a moins de 30 ans, 30 % travaillent à temps partiel et le salaire net médian atteint 1 670 euros mensuels en équivalent temps plein.
À l’inverse, dans l’ensemble du quartier, les profils sont nettement plus qualifiés. Les cadres représentent 40 % des salariés et le salaire net médian grimpe à 2 350 euros.
Cette évolution traduit la transformation progressive de la Part-Dieu en quartier tertiaire stratégique à l’échelle métropolitaine, porté notamment par les sièges d’entreprises, la proximité de la gare TGV et le développement des grandes tours de bureaux comme Oxygène, Incity ou To-Lyon.
Une attractivité économique qui masque de fortes disparités
L’étude rappelle aussi que la Part-Dieu reste un quartier résidentiel marqué par des écarts importants de niveau de vie. Le revenu médian mensuel atteint 2 080 euros, légèrement au-dessus de la moyenne lyonnaise, mais avec de fortes différences selon les secteurs.
Les zones situées autour des Halles affichent des niveaux de vie parmi les plus élevés, tandis que les abords immédiats du centre commercial apparaissent plus modestes, avec un taux de pauvreté supérieur à la moyenne du quartier et davantage de logements sociaux.
Autre enseignement : la Part-Dieu fonctionne désormais comme une centralité régionale. Un tiers des salariés du quartier résident hors de la métropole lyonnaise, principalement dans le Rhône et les départements voisins.
Cette étude confirme le changement de nature du quartier. La Part-Dieu n’est plus seulement une destination commerciale ou une gare de transit, mais un pôle économique majeur où se concentrent emplois tertiaires, infrastructures de transport et services métropolitains.
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