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“Pas de recours à l’impôt, ni à l’emprunt” : comment la Région finance le coût de l’épidémie et de la crise économique

Le “quoi qu’il en coûte” d’Emmanuel Macron a son pendant régional : “J’ai toujours dit que la région ne lésinerait pas sur les investissements pour lutter contre l’épidémie et la crise économique”, a lancé hier Laurent Wauquiez, le président d’Auvergne-Rhône-Alpes lors de la présentation du budget primitif 2021, en assemblée plénière.

Il est vrai que lorsqu’on additionne toutes les initiatives régionales en la matière, il y a de quoi avoir le tournis.

19 millions d’euros : coût du plan de dépistage massif

La seule campagne de dépistage massive de la population qui veut toucher une bonne partie des 8 millions d’habitants de la région du 16 au 23 décembre et qui va mettre sur le pont pas moins de 15 000 personnes, instituer 2 600 centres de dépistages et s’appuyer également sur 70 entreprises, va représenter à lui seul, un coût de 19 millions d’euros.

Ajoutons-y 70 millions d’euros de masques et du matériel sanitaire ; 30 millions pour accompagner le plan hospitalier ; les 10 millions pour installer des purificateurs d’air dans les lycées, etc, etc. ; on arrive déjà à près de 130 millions d’euros.

Ajoutons-y encore les 200 millions d’euros déjà engagés pour aider les commerces et les entreprises. D’après la Région, 4 601 commerçants ont pu de la sorte être aidés par le Conseil régional…

N’oublions pas aussi et surtout que la région a également participé de son côté au plan de relance économique en mettant sur la table “un milliard d’euros qui devraient générer 2 milliards de travaux pour le BTP”, souligna Laurent Wauquiez.

Devant l’inflation des chiffres, on peut s’inquiéter sur l’avenir des finances de la Région.

Une inquiétude qu’a balayé hier Laurent Wauquiez d’un revers de la main.

“Nous allons pouvoir faire face, grâce aux très importantes économies budgétaires que nous avons pu effectuer en cinq ans, depuis le début du mandat : 1, 3 milliard d’économies cumulées en fonctionnement”, assure le président de la région.

Et de montrer fièrement le tableau de l’autofinancement : “l’épargne de la région a progressé de plus de 80 % sur le mandat : de 419 millions d’euros en 2015, à 760 millions d’euros en 2019.”

Et d’ajouter : “’Elle devrait être quai-stable en 2020 : c’est cette marge d’autofinancepent qui nous permet d’investir. La Région a réduit sa dette de 87 millions d’euros ; ces marges de manœuvre nous permettent de faire face à la crise.”

D’où retour sur le credo du président de la région depuis son accession à la présidence de la Région : “Il n’y aura pas d’emprunts, ni d’impôts supplémentaires pour faire face à la crise.”

Notation aa+ de Standard&Poo’rs

Un simple affichage qui pourrait être contredit par les chiffres l’année prochaine ?

Pour confirmer sa démonstration, Laurent Wauquiez lève bien haut la notation en date de la région par Standard&Poor’s qui “confirme la qualité de crédit intrinsèque aa+ de la région. “ “Supérieure à celle de l’Etat”, renchérit Laurent Wauquiez.

Pour autant, il entend bien bénéficier, comme ce même Etat, du plan de relance européen de 700 milliards d’euros qui vient enfin d’être débloqué.

“Nous allons signer des partenariats avec l’Europe et des accords de relance avec le premier ministre ; bref, avec tous ceux qui sont prêts à être à nos côtés”, lance-t-il.

Avant d’ajouter, clin d’œil électoral dans la perspective des futures élections régionales, probablement en juin prochain : “Nous ne laisserons pas un euro de dette supplémentaire à nos enfants…”

 

 

 

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