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Le projet fou d’un quartier sur l’eau

Un collectif de professionnels de l’immobilier et de l’urbanisme propose de bâtir des logements et des équipements publics sur le Rhône. Un doux rêve ? Pas sûr…

Lyon qui tourne le dos à ses fleuves : voilà une ritournelle entonnée au moment de la réalisation des berges du Rhône et des rives de Saône. Le succès de ces deux opérations prouve cependant qu’il y a là une vraie attente. Et pour un collectif de professionnels lyonnais(1), la réconciliation n’est pas complète, la rive droite du Rhône restant très peu exploitée. Ils proposent un quartier flottant sur le fleuve, ici peu fréquenté par les bateaux. Ce projet invite à renouer avec une histoire lyonnaise : ils rappellent que la ville comptait au moins un pont habité (le pont du Change) et que les habitations mouillaient directement dans la Saône (avec des barques stationnées en rez-de-chaussée).

“On sait faire”

Les membres du collectif ambitionnent de jeter l’ancre en face de la Cité internationale, au pied de la balme de Caluire, ou à hauteur de la Presqu’île. Les habitations reposeraient sur une dalle flottante de 30 mètres de large, solidement attachée aux berges, comprenant une rue centrale et des logements de part et d’autre. Ces constructions pourraient se dresser sur un ou deux étages. “On sait faire”, assure Damien Beaufils, prenant exemple sur des programmes réalisés à Amsterdam. L’ilot pourrait compter des équipements publics, comme une école ou des infrastructures sportives. Celles-ci pourraient, à la faveur d’un festival ou événement, être déplacées en amont ou aval. Aucun risque de submersion à la suite de crues, la plateforme étant solidement maintenue à la surface par la poussée d’Archimède.

3000 euros le m²

Le projet, qui comporte une part de rêve, répond aussi à la crise du logement en coeur de ville. Selon les estimations de ses concepteurs, le prix de sortie serait autour de 3 000 euros le m2, exonéré de charge foncière (près de 1 500 euros le m² en secteur central). Le chantier serait réalisé à distance de la Presqu’île, sans nuisance, avec un acheminement par voie d’eau. “C’est toute une filière qui pourrait être mise en place, et ainsi développer un vrai savoir-faire lyonnais”, anticipe déjà Damien Beaufils.

Des études seraient nécessaires pour déterminer l’impact du quartier sur l’étiage du Rhône. Le projet se veut évolutif, réversible, et pourrait atteindre, un jour, 250 000 m² de surface de plancher.

Parce qu’il faut bien commencer, ils proposent d’installer leurs bureaux sur l’eau, avec un prototype de 1 000 m² qui comprendrait une place publique. À l’occasion des élections de 2020, le collectif s’emploie à interpeller les candidats. “Il faut un portage métropolitain”, explique Damien Beaufils.

1. Le projet est porté par Urban Project (Damien Beaufils et Perrine Cantin Michaud) et l’agence Avec (Charlotte Vergély). Avec la participation d’Archibald Verney-Carron (Art Entreprise) et du cabinet Sofid. Damien Beaufils fait partie des fondateurs de La Commune (Gerland) et a imaginé la reconversion de la caserne Blandan et de l’église Saint-Bernard (avec Charlotte Vergély).

 


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