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Reconversion professionnelle : 96 % des salariés referaient le même choix en Auvergne-Rhône-Alpes

Changer de métier n’est plus un pari mais une démarche assumée. C’est l’un des principaux enseignements du Panorama de la transition professionnelle publié par Transitions Pro Auvergne-Rhône-Alpes, qui s’appuie sur l’analyse de plus de 40 600 dossiers de reconversion examinés entre 2020 et 2025. L’étude met en lumière les secteurs qui perdent le plus de salariés, les métiers désormais les plus recherchés et confirme que la reconversion débouche, dans la majorité des cas, sur un retour durable à l’emploi.

La reconversion s’impose comme un levier d’adaptation du marché du travail

En cinq ans, Transitions Pro Auvergne-Rhône-Alpes a étudié 40 626 demandes de reconversion professionnelle, offrant une photographie inédite des mutations du marché de l’emploi dans la deuxième région économique française. L’âge moyen des candidats est de 38 ans et les femmes représentent 53 % des dossiers déposés. Les employés constituent la majorité des bénéficiaires (56 %), devant les ouvriers (18 %), les professions intermédiaires (15 %) et les cadres (11 %).

Les salariés souhaitant changer de métier proviennent principalement des activités hospitalières, de l’aide à domicile, des hypermarchés, des EHPAD et plus largement du secteur médico-social. Les métiers les plus recherchés à l’issue des formations sont ceux d’aide-soignant, de conducteur de poids lourds, de développeur informatique, de secrétaire médical ou encore de directeur de structure de santé, sociale ou pénitentiaire. Ces trajectoires traduisent les tensions persistantes sur plusieurs métiers essentiels, qu’il s’agisse des soins, du transport ou du numérique.

L’étude souligne également que 63 % des projets visent un niveau de qualification supérieur à celui des candidats au moment de leur demande, confirmant que la reconversion s’accompagne souvent d’une montée en compétences plutôt que d’un simple changement de secteur.

Création d’entreprise, mobilité interne et amélioration des conditions de travail

Le dispositif destiné aux salariés démissionnaires illustre une autre tendance forte. Parmi les bénéficiaires, 72 % utilisent ce mécanisme pour créer ou reprendre une entreprise, avec ou sans formation complémentaire. La reconversion apparaît ainsi comme un moteur de l’entrepreneuriat régional, bien au-delà du seul changement de métier.

L’étude met également en évidence une progression des mobilités internes. Sur près de 20 000 dossiers étudiés dans le cadre des dispositifs concernés, plus de 3 200 salariés envisageaient une reconversion au sein même de leur entreprise. Pour les employeurs confrontés aux difficultés de recrutement, cette approche constitue un levier de fidélisation des collaborateurs tout en répondant à l’évolution des besoins en compétences.

Depuis 2024, de nouveaux dispositifs ciblent par ailleurs les salariés confrontés à l’usure professionnelle. Ils permettent notamment aux personnes exposées à des contraintes physiques ou ergonomiques de préparer une seconde partie de carrière dans des métiers moins pénibles, tout en conservant un accompagnement financier et pédagogique.

Enfin, l’Observatoire des Transitions Professionnelles apporte un éclairage sur les résultats concrets des reconversions. Six mois après leur parcours, 82 % des répondants occupent un emploi, 94 % estiment que leurs conditions de travail se sont améliorées et 96 % déclarent qu’ils referaient le même choix si c’était à refaire. Des indicateurs qui confirment que la transition professionnelle constitue désormais un véritable outil d’adaptation des parcours dans un marché de l’emploi en constante évolution.