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Le président ou le candidat ? Nicolas Sarkozy, tout au long de la matinée du jeudi 19 janvier, a distillé de nombreux messages économiques sous la forme d’une synthèse des nombreux événements qui se sont déroulés ces dernières semaines dont la perte du triple A, mais aussi en esquissant ce qui ressemble fortement à un programme. Arrivant en hélicoptère à l’usine Calor du groupe Seb de Pont-Evêque, près de Vienne, il a d’abord rodé son argumentaire devant les salariés. Puis l’a longuement développé ensuite devant près de cinq mille décideurs économiques de la région, réunis dans le hall 10 de Lyon-Eurexpo, tout au long d’un discours à la tonalité grave.

Nicolas Sarkozy aime, on le sait visiter les entreprises. Qui plus est, celles qui produisent en France, comme l’usine de fer à repasser de Pont-Evêque, près de Vienne, du groupe lyonnais Seb.

Arrivant en hélicoptère après avoir atterri à l’aéroport de Bron, le président de la République visite d’abord cette entreprise qui est la dernière à réaliser le montage des fers à repasser en Europe, tous les autres fabricants ayant délocalisé.

Une caractéristique qui lors de cette visite d’une cinquantaine de minutes lui a permis de mettre garde sur « les risques de délocalisation et de désindustrialisation qui menacent la France. »

Après une visite des ateliers au pas de charge, mais dans une ambiance particulièrement détendue, il s’exprime devant les 700 salariés du fabricant de fers à repasser, enfonçant le clou : « Il faut que l’on continue à produire en France, on n’a pas le choix. S’il n’y a plus d’industrie, il n’y a plus de services. Il est essentiel que la France reste une terre de production. Le premier problème économique de la France c’est la désindustrialisation. Il n’est pas question de fermer les frontières car sinon à qui renvoyer votre production ? »

Une manière de roder l’argumentaire qu’il développe une heure et demi plus tard dans le hall 10 de Lyon-Eurexpo où près de cinq mille décideurs économiques de la région Rhône-Alpes l’attendent. L’objet (officiel) de cette rencontre est la présentation des vœux du chef de l’Etat au monde économique. Mais derrière le président, perce de manière évidente le (probable futur) candidat.

Il n’est pas venu seul à Lyon, mais accompagné de pas moins de cinq ministres : François Baroin (Economie), Xavier Bertrand (Travail), Valérie Pécresse, (Budget), Eric Besson (Industrie) et Nadine Morano, (Apprentissage et formation professionnnelle).

Outre Jean-Jack Queyranne, le président de la région , et Gérard Collomb, maire de Lyon, présents par « courtoisie républicaine », on peut noter la présence au premier rang, d’Alain Mérieux, de Jean-Michel Aulas et de Rémy Weber (CIC-Lyonnaise de Banque).

Pour la première fois depuis la dégradation, au cours de son discours, le président de la République revient sur la perte du triple A : «  L’agence du lundi, Standard and’Poor’s a dégradé la note de la France, l’agence du vendredi, Moody’s, d’une taille deux fois plus importante, a dit qu’elle maintenait sa note. Dans de telles circonstances, il faut garder son sang froid, ne pas faire preuve de trop d’emballement : il ne faut ni dramatiser, ni minimiser… »

De son pupitre, il annonce également la création « d’une banque de l’industrie pour les entreprises qui veulent investir dans la croissance.» Celle-ci précise-t-il aussitôt s’impliquera dans les entreprises « à travers des prêts participatifs similaires à des quasi-fonds propres. »

Il annonce aussi « une régionalisation du FSI (ndlr : Fonds Stratégique d’Investissement ». Ainsi, les équipes dudit FSI qui « ne sont pas assez présentes dans les régions, seront régionalisées. »

Parmi les autres remèdes anti-crise qu’il développe longuement, il revient sur les discussions du sommet social de la veille et notamment sur l’allégement du coût du travail : « La question n’est pas de savoir si on joue sur la TVA ou sur la CSG, mais si on veut arrêter les délocalisations ! »

Et de conclure, sous des applaudissements assez nourris, après avoir détaillé toutes les mesures nécessaires, selon lui, comme remèdes anti-crise : «D’ici la fin du mois, des décisions extrêmement lourdes seront prises. La fatalité ne fait pas partie de mon vocabulaire. Ma conviction est que la France a tous les atouts pour résister à la crise… »

Diaporama : Photos Pool Images et Dominique Largeron.