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Son marché de niche dans le monde des drones s’envole : la pépite lyonnaise Elistair lève 5 millions d’euros

Un marché de niche est en général plus rentable qu’un marché plus large.

Créée par deux ingénieurs issus de Centrale Lyon, la start-up lyonnaise Elistair en fait actuellement l’heureuse expérience.

Certes, elle est installée sur le marché des drones, très disputé, mais contrairement à la majorité des sociétés comme la Française Parrot, par exemple, elle a fait le choix de la technologie filaire. Ses drones sont reliés au sol par un micro-fil de 3 mm de diamètre qui les alimente en électricité. Le grand avantage : les drones classiques ne peuvent guère rester plus d’une demi-heure en l’air avant de devoir recharger leurs batteries.

Les drones filiaires d’Elistair, le pionnier des drones filaires, peuvent, eux, rester 24 heures en l’air, voire plus. Ce qui lui ouvre un certain nombre de marchés dont celui de la Défense et de la Sécurité.

Ils se révèlent en effet plus efficaces que les drones traditionnels dans le cadre de missions d’observation tactique et de protection civile.

Pour poursuivre son développement sur cette niche d’activité qui s’envole, les deux co-créateurs d’Elistair annoncent une levée de fonds conséquente de 5 millions d’euros auprès d’Omnes, un important acteur du private equity et de son investisseur historique : Starquest.

Une opération qui intervient trois ans après un premier financement de 2 millions d’euros.

Une technologie inspirée de la robotique sous-marine

Fondée en 2014 par deux étudiants de Centrale Lyon, Timothée Penet et Guilhem de Marliave, l’entreprise lyonnaise s’est inspirée de la robotique sous-marine pour développer des stations filaires permettant de transformer n’importe quel drone classique en drone filaire.

Ils ont également mis au point un drone filaire automatisé.

Ce dernier, baptisé «Orion 2», est capable de s’élever à 100 mètres de hauteur pour avoir un rayonnement lui permettant de détecter un véhicule à plus de 10 kilomètres de distance. “Il agit comme un mât d’observation aérien, permettant d’augmenter significativement le champ de vision des forces en opération et de réduire les points de vulnérabilité”, expliquent les deux co-créateurs de la société.

Il est ainsi fort utile lorsqu’il faut protéger des périmètres précis, ou d’événements, style SuperBowl comme ce fut le cas récemment ; voire encore pour la surveillance de frontières.

En plus d’une autonomie plus longue, l’usage d’un micro-fil permet, en sus, de sécuriser les échanges de données entre le drone et son opérateur.

Il y a peu de monde sur ce marché spécifique : à ce jour, Elistair indique que ses solutions ont été déployées dans 65 pays par des forces militaires et de sécurité intérieure : elle réalise 85 % de son chiffre d’affaires à l’export.

Déjà 40 % du chiffre d’affaires aux USA

La société réalise déjà 40 % de son chiffre d’affaires aux États-Unis : elle a d’ailleurs ouvert un bureau à Boston il y a trois mois.

Pourquoi cette levée de fonds de 5 millions d’euros ?

Pour ses dirigeants, il s’agit d’abord d’accélérer son déploiement sur le marché américain où elle va augmenter ses capacités de production, mais aussi de renforcer sa présence en Europe.

« Nous prévoyons d’accélérer l’industrialisation de notre production et d’augmenter notre capacité R&D. Notre roadmap technologique vise à développer de nouvelles générations de drones filaires capables de répondre à tout type de scénario et de conditions. Nous allons également augmenter l’intelligence et l’automatisation de nos solutions», précise Timothée Penet, co-fondateur et responsable technique d’Elistair.

Il s’agit de répondre aussi à une forte demande. « Cette levée de fonds va nous permettre de “durcir” notre gamme de produits pour le segment défense et sécurité intérieure, et de faire face à une forte progression de notre carnet de commandes sur les derniers mois », ajoute Guilhem de Marliave, co-fondateur et Pdg d’Elistair.

Derrière cette levée de fonds, se profilent aussi des embauches : Elistair vient en effet de lancer un plan de recrutement d’une vingtaine de salariés, répartis entre Lyon et Boston.

– Timothée Penet et Guilhem de Marliave, deux jeunes ingénieurs issus de Centrale Lyon, les deux co-créateurs d’Elistair.

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