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Ça n’a pas été une grosse surprise : c’est l’initiateur du Velo’v, le groupe français JCDecaux qui a remporté l’appel d’offres de la Métropole face à deux autres candidats qui ont été éliminés. Il faut dire qu’à Lyon, Vélov fonctionne beaucoup mieux que le Velib parisien et s’apprête même à évoluer, avec une contrepartie : une augmentation sensible de ses tarifs et une offre « pro »…

Son savoir-faire a fait la différence : c’est JCDecaux, l’initiateur du Vélo’v,qui,  il y a treize ans, a remporté, une fois à Lyon, le marché de mobiliers urbains supports d’information et de services de mobilité de la métropole de Lyon, en septembre dernier.

Une bonne affaire pour le méga-groupe français qui possède à ce jour 68 000 abonnés : à Lyon, contrairement à Paris, le marché du même appel d’offres est global : à côté du marché des vélos en libre-service, JCDecaux a emporté aussi celui du mobilier urbain ; celui des abris-bus et des panneaux pub… A l’arrivée, ce sont actuellement 325 emplois créés.

L’appel d’offres avait suscité trois candidatures : celle du groupement Smoove-Marfina et de Clear Channel qui s’est in fine désisté. Un boulevard, en fait, pour JCDecaux qui n’a guère eu de peine à l’emporter…

Ce dernier a désormais du temps devant lui : ce nouveau contrat est d’une durée de quinze ans.

Le groupe français s’est engagé à investir 57 millions d’euros ; le tout pour un chiffre d’affaires prévisionnel de 378 millions d’euros, incluant l’ensemble du contrat : recettes publicitaires, recettes location vélo’v et recettes de sponsoring.

Au passage, la Métropole de Lyon ne fera pas une mauvaise affaire , non plus, car elle encaissera de son côté, sous forme de redevance, 21 millions d’euros sur quinze ans, contre précédemment 18 millions d’euros pour treize ans.

Pour l’emporter, JCDecaux a proposé un service encore amélioré par rapport à l’actuel : avec la possibilité du retrait du Vélo’v directement au guidon, sans devoir passer par la borne principale ; mais aussi, un verrouillage électronique sans câble ni clé ; ainsi que la possibilité de déposer le vélo en libre-service à proximité d’une borne quand celle-ci est pleine, et ceci, via une application…

Tous remplacés dans la nuit du 17 au 18 juillet

Regardez bien les 4 000 Vélo’v actuels : ce seront bientôt des reliques ! Ils vont tous disparaître dans la nuit du 17 au 18 juillet pour être remplacés par des Vélo’v de deuxième génération, plus légers de 2,3 kilos, grâce à une forte utilisation de l’aluminium.

De surcroît, d’ici fin 2020, mille vélos supplémentaires vont être installés sur l’ensemble de la Métropole.

Autre innovation annoncée : cent vélos  à assistance électrique vont être disponibles à la location, non pas sur les stations Vélo’v, mais dans les boutiques Cyclables dès le 30 juin.

Leur nombre augmentera progressivement pour arriver à 1 000 en 2019. Ces vélos électriques seront proposés à la location longue durée pour 50 euros par mois.

Grosse innovation en perspective annoncée également : dès le début de 2020, les vélos mécaniques deviendront hybrides et pourront fonctionner avec une assistance électrique. « Cette évolution constituera une 1ère mondiale », se rengorge-t-on du côté de JCDecaux.

Des tarifs qui pédalent vite

Le seul hic est que si ces services seront améliorés, les tarifs pédalent aussi à la hausse et pas qu’un peu : de + 17,5 % en moyenne.

Ainsi, le tarif normal passe de 25 à 31 euros par an ; celui des 14-25 ans à 16,5 euros au lieu de 15 euros ; quand celui destiné aux allocataires du RSA reste à 15 euros.

Mais la plus forte augmentation concerne les abonnements à la journée qui bondissent de 1,50 euro à 4 euros.

On voit néanmoins apparaître un tarif intermédiaire pour un trajet à 1,80 euros, dont 30 minutes offertes.

Une offre « pro »

A noter enfin, une formule « Vélo’v pro » : une offre exclusivement destinée aux entreprises,

collectivités, associations et institutions qui souhaitent promouvoir l’utilisation de Vélo’v

auprès de leurs collaborateurs dans le cadre d’un Plan de Déplacements Entreprises.

Ces nouveaux tarifs seront effectifs le 1er juin 2018 pour les nouveaux abonnements.

Enfin, à partir du 29 mai, la Métropole va lancer l’application mobile “Vélo’v officiel”. Elle permettra aux usagers de libérer leur vélo sans passer par la borne, mais aussi de vérifier les disponibilités pour chaque station.

A la même date, le service mettra en ligne son nouveau site Web qui a été entièrement repensé pour intégrer, notamment, les notes et avis des usagers : utile pour pousser l’opérateur à améliorer encore son service…

Enfin, le réseau Velo’v sera étendu : 80 stations supplémentaires vont voir le jour dont la moitié à Lyon et Villeurbanne ; et l’autre moitié dans vingt-et-une communes (*) ; et ce, d’ici 2020.

Bref, contrairement aux tracas parisiens rencontrés actuellement par Anne Hidalgo, le Vélo’v apparaît toujours comme une bonne affaire qui roule à Lyon : pour JC Decaux, mais aussi pour la Métropole…

(*) Albigny, Bron, Caluire, Collonges-au-Mont d’Or, Décines, Écully, Fontaine-sur-Saône, La Mulatière, Neuville-sur-Saône, Oullins, Pierre-Bénite, Rillieux-la-Pape, Saint-Cyr-au-Mont d’Or, Saint-Didier-au-Mont d’Or, Saint Fons, Sainte-Foy-les-Lyon, Saint-Genis-Laval, Saint Priest, Tassin-la-Demi-Lune, Vaulx-en-Velin, Vénissieux.