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Vingt stations et mille véhicules hydrogène dans la région à l’horizon 2023 : « Hympulsion » lancé lors du salon mondial EVS 32

La région Auvergne-Rhône-Alpes a profité de la vitrine internationale du symposium EVS32, pour d’une part lancer son programme public/privé Hympulsion dans lequel  Michelin et Engie sont partenaires, mais aussi pour  lancer une collaboration hydrogène avec trois autres régions européennes, financements de Bruxelles à la clef.

La vitrine idéale pour un tel projet.

La région Auvergne-Rhône-Alpes a profité du salon mondial de la voiture électrique EVS (Electric Véhicule Symposium) 32 qui vient de se dérouler à Lyon-Eurexpo Lyon pour lancer officiellement son programme “Hympulsion”.  La région y disposait d’un espace de 200 m2 au sein d’un grand Village Hydrogène.

Ce vocable d’ « Hympulsion » se traduit par un partenariat public/privé dont le groupe Michelin, Engie et le Crédit Agricole possèdent 51 % du capital.

L’objectif : propulser la région en pole position de l’hydrogène européen, sachant que de nombreuses régions ont aussi de fortes velléités en matière d’hydrogène.

« Notre objectif est d’être le modèle en Europe de la mobilité hydrogène. EVS 32 est ainsi une formidable vitrine pour mettre en lumière tous nos talents régionaux », s’est félicité à cette occasion Eric Fournier, vice-président de la région, délégué à l’environnement.
 

Première pierre à Chambéry

Ce projet vise à installer vingt stations hydrogène dans les grandes métropoles de la région Auvergne-Rhône-Alpes. La première pierre de la première station sera posée en juin à Chambéry pour une ouverture à la fin de l’année. Fin août une autre station, provisoire verra le jour à Clermont-Ferrand. Lyon, Grenoble, Saint-Etienne seront bien sûr également concernées.

Des stations hydrogène, certes, mais  pour quoi faire ? Pour alimenter un millier de véhicules fonctionnant avec une pile à combustible. Ils sont chers : des aides de la région et de l’Union Européenne permettront de les acquérir. Ces véhicules appartiendront pour l’essentiel à des flottes dites « captives », d’entreprises privées.

Enfin pour alimenter ces stations, l’hydrogène devrait être produit dans la région à travers quinze électrolyseurs qui devraient produire de l’hydrogène vert, c’est-à-dire non issu du pétrole. Telle est du moins la volonté affichée.

Baptisé ZEV (Zero Emission Valley) ce projet  a obtenu 10,1 millions d’euros de l’Europe sur un budget total de 50 millions d’euros.

Un dispositif qui devrait représenter à son terme en 2023, le quart des objectifs de véhicules annoncés dans le cadre du plan national hydrogène.

Plateforme S3 Hydrogen Valley avec trois autres régions

Le symposium EVS32 a été aussi l’occasion d’un autre lancement : celui de « la plate-forme S3 Hydrogen Valley », avec trois autres régions d’Europe : la Normandie, l’Aragon et les Pays-Bas du Nord.

Une annonce faite en présence de  Christian Weinberger, coordinateur hydrogène au sein de la «  DG Grow » de la Commission Européenne.
 
Le rôle de la Région Auvergne-Rhône-Alpes au sein de cette « plateforme S3 » en tant que co-coordinateur sera « de renforcer les opportunités de projets transnationaux de recherche développement et d’innovation pour les acteurs régionaux et d’accéder aux financements européens. »

« Des pilotes seront mis en place et les aides financières seront évaluées afin d’élaborer des projets pérennes au service de l’emploi », a annoncé le représentant de Bruxelles
 
De quoi conforter le choix de la région, de foncer tout schuss dans l’économie de l’hydrogène. « Copiloter le déploiement de cette énergie du futur, constitue la preuve que ce que nous faisons en Région Auvergne-Rhône-Alpes avec le projet Zéro Emission Valley a des répercussions bien au-delà de nos frontières »,  s’est félicité Paul Vidal, conseiller régional délégué aux Transports scolaires et interurbains.

Reste à espérer qu’au final, l’Europe fera mieux en matière d’hydrogène que pour les batteries pour leur grand majorité fabriquées en Asie et dont nous sommes dépendants.

 La Chine qui, elle aussi, est en train de donner un coup de booster à l’hydrogène veut, elle, mettre sur ses routes, certes à un horizon un peu plus lointain (2030),…2 millions de véhicules hydrogène : vingt villes chinoises viennent d’annoncer leur plan hydrogène.

La bataille est lancée.