Violences urbaines : l’U2P alerte sur l’économie de proximité
Après les blocages et dégradations qui ont récemment touché plusieurs centres-villes, l’Union des entreprises de proximité (U2P) Auvergne-Rhône-Alpes hausse le ton. Dans une lettre ouverte publiée le 28 octobre, sa présidente Marie-Françoise Gondard-Argenti alerte sur les conséquences économiques répétées des manifestations et violences urbaines pour les artisans, commerçants et professionnels libéraux.
À Lyon, jusqu’à 40 % de chiffre d’affaires perdu sur un samedi
L’organisation rappelle son attachement au droit de manifester, mais demande que celui-ci puisse s’exercer sans empêcher les professionnels de travailler. Périmètres fermés, transports interrompus, difficultés d’accès ou baisse de fréquentation peuvent affecter l’activité même lorsque les commerces ne subissent aucune dégradation directe.
L’U2P cite notamment le cas d’un restaurateur lyonnais ayant enregistré une baisse de 40 % de son chiffre d’affaires sur un samedi, alors même que son établissement était situé à l’écart du parcours des manifestations et des violences.
À ces pertes d’activité s’ajoutent, pour certains professionnels, les conséquences des vitrines brisées, pillages ou incendies. Un enchaînement particulièrement sensible pour des entreprises de petite taille dont la trésorerie reste parfois fragilisée par les crises successives de ces dernières années.
« Les entreprises de proximité ne peuvent plus être la variable d’ajustement des conflits sociaux et des violences urbaines », écrit Marie-Françoise Gondard-Argenti, qui réclame que la sécurité des commerces et la liberté de travailler soient davantage prises en compte lors des mouvements à venir.
L’U2P redoute des conséquences durables sur les centres-villes
Au-delà des pertes immédiates, l’organisation régionale pointe le risque d’un effet en cascade : recours au chômage partiel, suppression de primes, gel des recrutements puis, dans les situations les plus fragiles, défaillances d’entreprises.
L’U2P estime également que l’affaiblissement du commerce de proximité peut accélérer la vacance commerciale et réduire l’attractivité des centres-villes et centres-bourgs. La fédération évoque par ailleurs des millions d’euros de recettes qui échapperaient chaque samedi aux collectivités et à l’État à l’échelle régionale, sans toutefois fournir dans sa lettre de méthodologie détaillée permettant de mesurer ce montant.
Cette prise de position intervient alors que plusieurs organisations professionnelles et collectivités ont annoncé ces derniers jours des mesures destinées à protéger ou soutenir les commerçants après les violences urbaines, notamment à Lyon. L’U2P appelle désormais à agir aussi en amont pour limiter l’impact économique des prochaines mobilisations sur les entreprises de proximité.
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