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Quelques chiffres sont très évocateurs. Le transport aérien est l’un des domaines du transport qui connaît actuellement dans le monde le développement le plus rapide : + 5,5 % l’année dernière. A comparer avec les 2,8 % d’augmentation du trafic en 2015 à Lyon-Saint Exupéry, après un recul l’année précédente. Deux fois moins.

Lyon qui se classe désormais dans le top ten des grandes métropoles européennes ne bénéficie pas d’un aéroport qui correspondant à son nouveau standing : son trafic n’atteint même pas les 10 millions de passagers, barre nécessaire pour être un tant soit peu considéré : 8,7 millions l’année dernière.

A la 52ème place européenne…

Pire, dans le classement des aéroports européens en termes de trafic passagers Lyon-Saint Exupéry se traîne dans les tréfonds du classement : à la… 52ème place.

C’est la raison pour laquelle, après un premier sentiment d’inquiétude vu le brouillard dans lequel baignait le projet de privatisation et vu aussi le résultat mitigé de celle de Toulouse, attribuée à un consortium chinois, du côté des actionnaires locaux on estime désormais que le processus en cours pourrait constituer un atout.

« L’objectif de cette privatisation doit être de remettre l’aéroport de Lyon-Saint Exupéry en phase avec la région. Elle peut constituer un vraie opportunité et une clarification »,  reconnaît Emmanuel Imberton, président de la CCI de Lyon.

Il souhaite que le critère pécuniaire ne soit pas le seul critère mis en avant.

Il a été entendu puisque le projet de cahier des charges pour la privatisation des Aéroports de Lyon (Bron, l’aéroport d’affaires figure également dans la corbeille) vient d’être transmis aux actionnaires locaux : la CCI de Lyon (25 % du capital), la Région (5 %) et la Métropole lyonnaise (5 %)

« Il s’agit de recueillir leur avis avant de lancer la procédure d’ouverture du capital », explique-t-on du côté du ministère que dirige Emmanuel Macron.

 Ce document précise la procédure à suivre pour la consultation des candidats intéressés pour devenir l’actionnaire majoritaire de la troisième plateforme aéroportuaire nationale.

 Les actionnaires locaux pourront s’exprimer sur les projets des candidats

 Il détaille également les modalités d’association des actionnaires locaux dans cette procédure. Ils seront associés aux étapes clés et pourront s’exprimer sur les projets des candidats.

 « Le projet de cahier des charges tient compte des demandes formulées par la Métropole dans la contribution que nous avons envoyée en novembre dernier. Cette contribution décrivait notre vision des enjeux et des objectifs de la privatisation des Aéroports de Lyon. On peut dire que nous avons été entendus par le Ministre de l’Économie et nous allons continuer à travailler les prochaines semaines en lien avec les autres partenaires locaux sur ce dossier essentiel », fait savoir de son côté Gérard Collomb, le président de la Métropole.

 Que faut-il pour que cette privatisation constitue un vrai tremplin permettant de donner à l’aéroport régional la place qui devrait être la sienne ? Que l’objectif de développement soit affiché et qu’il soit en lien avec la croissance européenne du transport aérien. Et que soit augmenté le nombre de liaisons transcontinentales.

 Plus d’un milliard d’euros ?

 Mais aussi que les freins qui l’empêchent de décoller véritablement puissent être levés pour qu’il puisse concourir dans la même cour aérienne que Genève-Cointrin par exemple.

 On pense par exemple au vol d’Emirates qui est bloqué à 5 fréquences jours, sans possibilité d’extension 7j/7 à Saint-Ex, alors que le même vol a droit à Genève à 14 fréquences. La concurrence entre les deux plateformes aéroportuaires est donc faussée.

 Pour le reste on sait, vu le nombre de candidats, que pour l’Etat, ce devrait être le jackpot : au regard de la première privatisation, celle de Toulouse, la valorisation de Lyon-Saint Ex pourrait dépasser le milliard d’euros !