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Bataille du rail entre la SNCF et la Région qui demande une indemnisation de 15 à 20 millions d’euros…

Jean-Christophe Archambault, prochain directeur régional qui prendra le 2 mai la succession de Laurence Eymieu à la tête de la SNCF Auvergne-Rhône-Alpes trouvera en arrivant dans son bureau un premier dossier épineux à traiter : celui de la suppression de vingt-et-un TER (Trains Express Régionaux) pour cause de manque de conducteurs ! Avec à la clef une demande d’indemnisation de 15 à 20 millions d’euros de la part de la Région.

Ces vingt-et-un trains express régionaux (TER) vont être supprimés quotidiennement  à partir du 4 avril et jusqu’à début juillet 2016, en raison donc d’une pénurie conjoncturelle de conducteurs. Belle gestion prévisionnelle de l’emploi au sein de la Dame du fer.. ! Ce que Guillaume Pepy, le président de la SNCF a d’ailleurs reconnu évoquant une “erreur de prévision du nombre de départs à la retraite des conducteurs de TER »…

“C’est ahurissant”, s’est enflammé à juste titre le vice-président de la région Auvergne-Rhône-Alpes en charge des Transports, Patrick Mignola.

 Pour indemniser la Région et les voyageurs, ce dernier demande le quadruplement des pénalités initialement prévues par la convention TER, voire encore la rétrocession du bénéfice de la dernière année de la convention.

Ce qui reviendrait pour la première hypothèse au versement d’une compensation financière d’environ 15 millions d’euros ; et, mieux encore, de 20 millions, pour la seconde.

 En filigrane : la préparation de la future convention Région/SNCF

 Patrick Mignola, un chef d’entreprise savoyard (MoDem) met également dans la balance le mauvais fonctionnement de la SNCF concernant les trains régionaux, vis-à-vis de la ponctualité et de la régularité des trains, régulièrement dénoncées par de nombreuses associations d’usagers ; auxquels se rajoutent donc désormais la question du manque de conducteurs.

Il faut y lire aussi en filigrane dans cette réaction du vice-président aux transports de la région Auvergne-Rhône-Alpes, la préparation de la prochaine convention qui liera la SNCF et la nouvelle collectivité présidée par Laurent Wauquiez, de 2017 à 2022.

 Pendant sa campagne des élections régionales, ce dernier avait à de nombreuses reprises dénoncé le manque de fermeté et de réactivité de la Région vis-à-vis de la SNCF et de ses manquements à répétition.

 Vingt-et-une fréquences supprimées

 Les suppressions de trains décidées par la SNCF touchent l’Isère et la Loire. Elles représentent près de 2 % du trafic global. Elles concernent les liaisons Saint-André-le-Gaz-Grenoble (huit fréquences), Saint-Étienne-Firminy (deux), Saint-Étienne-Montbrison (trois) et Saint-Étienne-Roanne (huit).

“Nous avons choisi des horaires qui permettent de diminuer au maximum les désagréments pour les voyageurs“, plaide-t-on à la direction régionale de la SNCF en précisant qu’un total de 1 200 trains circulent chaque jour dans la région.

Une campagne d’information associant l’envoi de courriels, de SMS et la distribution en gare des nouvelles grilles horaires a d’ailleurs déjà été lancée pour que les désagréments soient les moins pesants possible pour les voyageurs.
Bref, un solide contentieux s’annonce entre la région Rhône-Alpes et la SNCF…en forme de bras-de-fer qui manifestement n’en est qu’à ses prémisses.

 Pour la Région, il s’agit de battre le fer(roviaire) tant qu’il est chaud…