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Et si la ré-industrialisation passait par l’économie verte ?

Croissance encalminée, hausses de toutes sortes, un débat des présidentielles qui fait du rase mottes : en ce début d’année, nous n’avons guère de raisons, reconnaissez-le, de nous réjouir.

Je voudrais néanmoins en vous présentant les vœux de bonne année au nom de toute l’équipe de lyon-entreprises, vous entraîner sur les chemins fleuris de l’optimisme.

Cet optimisme pour notre économie est basé sur différentes études qui montrent, à l’heure où le débat des futures élections, porte sur une ré-industrialisation de notre pays-plus incantatoire que réelle-qu’il existe des raisons de croire à un sursaut.

On ne fera pas revenir des entreprises à basse valeur ajoutée, textile ou sidérurgique, il ne faut pas se leurrer ; mais nous avons devant nous, un potentiel qui est prometteur, soit parce qu’il n’est pas délocalisable, soit parce qu’il est à haute valeur ajoutée : celui de l’économie verte.

Selon l’Ademe (*) pour le seul secteur de l’énergie, les emplois de l’économie vertes représentaient en 2010, 94 500 emplois, en progression sur une seule année de 14 000.

C’est le solaire qui arrive en tête avec près de 30 000 emplois. Il faut bien comprendre que le boom du solaire ne fait que commencer. Si celui-ci a pour l’heure besoin de subventions, ce ne sera plus le cas à l’horizon 2016/2018 date à laquelle, selon les spécialistes, le coût de l’électricité solaire devrait rejoindre le coût moyen de l’énergie.

On comprend mieux dès lors pourquoi le gouvernement a déclaré par la bouche de la ministre de l’Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet que l’Etat était « prêt à aider » le fabricant de panneaux solaires Photowatt, placé en redressement judiciaire. Il serait malvenu pour ce producteur basé à Bourgoin-Jallieu dans l’Isére, le seul en France à intégrer l’ensemble de la chaîne photovoltaïque, de laisser filer à l’étranger ses brevets élaborés avec l’aide du CEA-Grenoble.

Une filiale de Photowatt, PV Alliance, créée en 2007 et société commune à EDF, travaille au développement de cellules photovoltaïques à haut rendement qui seront demain au cœur de cette industrie.

Si l’on ajoute l’éolien, la biomasse et la géothermique, ce sont des dizaines de nouveaux métiers qui seront créés à l’avenir. L’équivalent allemand de l’Ademe estime entre 520 000 et 640 000 le nombre d’emplois qui devraient être créés d’ici 2030 dans le pays d’Angela Merkel dans ce seul secteur de l’énergie verte. Et puisqu’actuellement, on s’inspire de l’Allemagne…

Rajoutons le nucléaire puisque 10 à 15 milliards d’investissements qui, selon l’Autorité de sûreté nucléaire, vont s’avérer nécessaires, suite aux leçons de Fukushima, pour rendre la filière plus sûre, avec, donc des emplois à la clef.

Mais l’énergie n’est pas la seule pourvoyeuse d’emplois verts. Il y a les métiers dits verdissants qui intégrent de nouvelles briques d’emplois verts, à l’instar de la chimie verte, très en pointe en Rhône-Alpes ; les éco-filières développant les métiers de l’environnement (eau, air, déchets, assainissement), et de nouveaux métiers qui apparaissent.

On peut y ajouter les systèmes dits éco-électriques qui visant à travers l’électronique à économiser l’énergie, sont eux aussi en pointe. Selon l’Ademe, ils représentent déjà 53 000 emplois : + 155 % par rapport à 2007.

Rajoutons pour finir, les emplois créés dans les réhabilitations des logements anciens pour les rendre compatibles avec les normes du Grenelle de l’Environnement : on estime que 440 milliards d’investissements devraient irriguer l’économie dans les secteurs du logement, des transports, des énergies renouvelables et de l’agriculture, d’ici à 2020.

Un nouveau monde est en train de voir le jour sur lequel nous pouvons nous appuyer pour mener à bien une ré-industrialisation qui, là, n’a rien d’utopique. Une vision certes rose, mais qui nous permet d’aborder 2012 avec des lunettes vertes. Ou le contraire…

(*) Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie.