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On ne va pas sans plaindre. Pour beaucoup, l’hydrogène, après le véhicule électrique basique, est en passe de constituer la nouvelle frontière de l’énergie du futur.

Voir deux régions se battre pour en prendre le leadership a quelque chose d’encourageant.

On sait que Lanrent Wauquiez et il l’affirme à chaque occasion, veut propulser la région en pôle position de l’hydrogène européen.

« Etre le modèle en Europe »…

« Notre objectif est d’être le modèle en Europe de la mobilité hydrogène. EVS 32 est ainsi une formidable vitrine pour mettre en lumière tous nos talents régionaux », s’est félicité Eric Fournier, vice-président de la région, délégué à l’environnement lors du dernier salon EVS 32, consacré aux nouvelles énergies qui s’est déroulé à Lyon.

Ce projet vise à installer vingt stations hydrogène dans les grandes métropoles de la région Auvergne-Rhône-Alpes.
La première pierre de la première station a été posée en juin à Chambéry pour une ouverture à la fin de l’année. Fin août une autre station, provisoire verra le jour à Clermont-Ferrand. Lyon, Grenoble, Saint-Etienne seront également concernées.

Des stations hydrogène, certes, mais  pour quoi faire ? Pour alimenter un millier de véhicules fonctionnant avec une pile à combustible. Ils sont chers : des aides de la région et de l’Union Européenne permettront de les acquérir. Ces véhicules appartiendront pour l’essentiel à des flottes dites « captives », d’entreprises privées.

Enfin pour alimenter ces stations, l’hydrogène devrait être produit dans la région à travers quinze électrolyseurs qui devraient produire de l’hydrogène vert, c’est-à-dire non issu du pétrole. Telle est du moins la volonté affichée.

Baptisé ZEV (Zero Emission Valley) ce projet  a obtenu 10,1 millions d’euros de l’Europe sur un budget total de 50 millions d’euros.

L’Occitanie veut investir cent-cinquante millions d’euros

Or, Carole Delga la présidente de la région d’Occitanie a exactement les mêmes ambitions.

Premier train à hydrogène français dès 2022, première unité de production d’hydrogène sur un aéroport dès l’an prochain, etc. : dans la compétition entre régions autour du développement de ce carburant propre, l’Occitanie entend prendre la tête.

Comme Laurent Wauqiuez, Carole Delga ambitionne de créer « la première région à énergie positive d’Europe ».

Le 27 juin dernier, elle a soumis au vote des élus régionaux un vaste plan “hydrogène vert” de …150 millions d’euros !
Pour rappel, le Plan Hydrogène national que proposait Nicolas Hulot lorsqu’il était encore ministre de l’Ecologie s’établissait à…cent millions d’euros.
Un projet « inédit en France à l’échelle d’une collectivité », affirme l’élue.  De quoi faire s’étrangler Laurent Wauquiez.

Ce plan qui s’appuie sur les ressources en énergies renouvelables pour la production “d’hydrogène décarboné”, propose une “stratégie intégrée” de recherche, d’investissements et d’accompagnement des projets.

Carole Delga espère ainsi entraîner d’ici 2030 un milliard d’euros d’investissements dans la région qui deviendrait, insiste-t-elle, « leader sur l’hydrogène vert ».

Si aujourd’hui, 95 % de l’hydrogène est produit à partir des énergies fossiles, l’Occitanie veut développer une filière propre à partir de l’électrolyse de l’eau.  Une technique qui consiste à décomposer les molécules d’eau (H20) à l’aide d’un courant électrique qui sera en l’occurrence vert.

Pour produire cet hydrogène décarboné, la région compte exploiter ses ressources en énergies renouvelables.

L’Occitane est après Auvergne-Rhône-Alpes, la deuxième région de France en capacité de production d’énergie hydraulique avec ses barrages pyrénéens et d’énergie photovoltaïque, la troisième pour l’énergie éolienne.
« Ce que nous faisons est exceptionnel en termes de budget consacré mais aussi de vision d’objectifs recherchés. Notre stratégie repose sur une vision intégrée de la filière, de la production, à la distribution, aux usages… », assume Carole Delga dans Les Echos.

La région Occitanie est à l’initiative de deux expériences qui doivent lancer la filière: le projet HyPort sur les aéroports de Toulouse-Blagnac et de Tarbes début 2020, et un train à hydrogène en 2022 dans les Pyrénées centrales.

Trois rames de trains à hydrogène

Pour ce dernier projet, l’Occitanie a signé un protocole de commande de trois rames “Régiolis à hydrogène” représentant un investissement de 33 millions d’euros avec le groupe Alstom.

La réplique n’a pas tardé, le 27 juin dernier, lors de l’assemblée plénière de la région, Laurent Wauquiez et son exécutif ont annoncé également l’acquisition de… trois rames de trains appelés à circuler sur la ligne Clermont-Ferrand – Lyon, également en 2022.

Carole Delga, la présidente d’Occitanie emboîte ainsi le pas à la région de Francfort (Allemagne), qui vient de commander au groupe français 27 trains à hydrogène dont le “moteur” est fabriquée dans le site tarbais du groupe.

Cette usine est devenue une spécialiste de la pile à combustible pour le ferroviaire.

Autre projet phare, HyPort, créé en partenariat avec l’énergéticien Engie pour développer des infrastructures de production et de distribution d’hydrogène sur les aéroports de Toulouse-Blagnac et de Tarbes.

L’enjeu : que les avions du futur, les navettes ou les engins de pistes puissent bénéficier d’énergie verte.

Reste à savoir si Laurent Wauquiez va remettre au pot pour conforter son plan hydrogène et pour maintenir le leadership régional ? A suivre…

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