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« Arrêtez ce cirque ! » a lancé, désespéré, par le feuilleton Brexit outre-Manche, le patron des patrons britanniques, la CBI, l’équivalent du Medef.

 Il est vrai qu’à quelques jours de l’échéance, entre les différents votes qui se contredisent parfois à la Chambre des Communes, on n’est toujours pas fixé. Brexit dur, Brexit doux, nouveau référendum ? C’est totalement incroyable, mais le brouillard règne toujours sur Londres. Or, l’incertitude c’est ce dont les milieux économiques ont horreur, en Grande Bretagne, comme ailleurs.

 Reste que ce « cirque » a déjà des conséquences. La dépréciation de la livre et l’incertitude quant à l’issue des négociations entre Londres et Bruxelles ont freiné les importations britanniques, rapporte Euler Hermes, le spécialiste français de l’assurance-crédit.

Ledit Brexit n’est pas encore effectif, mais il est déjà lourd de conséquences.

Un « cirque » à 6 milliards d’euros

De juin 2016, date à laquelle les Britanniques ont voté pour quitter l’Union européenne : à fin 2018, le « cirque » actuel a coûté 6 milliards d’euros aux entreprises françaises exportant au Royaume-Uni.

 Trois secteurs sont principalement touchés, selon Euler Hermes : la chimie, avec un manque à gagner de 1,3 milliard d’euros ; les machines-outils (1,6 milliard) ; et l’agroalimentaire (0,7 milliard).

 Il ne vous a pas échappé qu’il s’agit de trois domaines où traditionnellement la région Auvergne-Rhône-Alpes, première région industrielle de France est très présente.

 Circonstance aggravante, les PME sont bien plus vulnérables que les grands groupes, qui disposent d’une marge de manœuvre supérieure pour réorienter leur activité vers d’autres marchés.

 Et en Auvergne-Rhône-Alpes, ce sont surtout les PME qui exportent vers la Grande-Bretagne.

 Selon Jean Vaylet, président de la CCI de Grenoble et le Monsieur commerce international de la Chambre de Commerce et d’Industrie régionale, Auvergne-Rhône-Alpes réalise 4 milliards d’exportations vers le Royaume-Uni. C’est le quatrième pays client de la région. Ce qui représente 6,7 % des exportations régionales.

Ces exportations vers la Grande-Bretagne sont composées à 23 % par de la chimie ; or c’est justement le domaine qui est déjà le plus impacté.

Notre meilleur excédent commercial : avec la Grand-Bretagne, ouille !

Et manque de chance, à l’heure où le solde commercial régional n’est pas au meilleur de sa forme, c’est avec le Royaume-Uni que la région affiche son plus fort excédent commercial : + 2 milliards d’euros.

 La situation actuelle ne devrait donc pas améliorer les choses….

 Les 6 000 entreprises régionales qui réalisent des échanges avec une Albion, désormais plus paumée que perfide, peuvent donc se faire un peu souci.

 Depuis le référendum, la livre sterling s’est dépréciée de plus de 12 % par rapport à l’euro, d’où un accroissement du coût des importations britanniques.

 En parallèle, la demande domestique britannique a été freinée : la consommation des ménages n’a progressé que de 1,7 % en 2018, sa plus faible hausse depuis 2012.

 L’investissement des entreprises s’est, lui, contracté de 0,9 %, quand les importations ont stagné à 0,8 %. Or, elles avaient crû de 5 % en 2015, l’année précédant le vote du Brexit.

 A cette situation interne, risque, en cas de Brexit dur, de s’ajouter des difficultés de livraisons et de Douanes « que l’on a du mal à appréhender précisément », reconnaît Jean Vaylet. Or, comme déjà dit plus haut, l’incertitude, c’est vraiment ce qu’abhorrent les entreprises et actuellement, on baigne vraiment dedans…