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Le contrat liant la mairie de Paris avec l’Autolib’ du groupe Bolloré vient d’être rompu. Un échec qui aura coûté cher aux contribuables et ce n’est sans doute pas fini…

Or, ce qui peut, de prime abord paraître étonnant : ce même service opéré par Bolloré à Lyon, tourne rond, sans à coup ; et ce, sans soutien financier.

Pourtant, dans les deux cas, ce sont les même voitures électriques, en l’occurrence, les Bluecars électriques de Bolloré.

Un même système de location

Le système de location est similaire, par abonnement et se paie même le luxe d’être moins cher !

 Mais comment expliquer ce succès lyonnais qui tranche avec l’échec de l’aventure parisienne qui devrait s’arrêter net le 25 juin ?

En fait, comme l’explique notre confrère Lyon Capitale, la différence tient à une question de taille entre les deux métropoles : la ville de Lyon, où Bluely s’est installé depuis 2013, est mieux adaptée pour ce type de service que la surdimensionnée Ile-de-Fance, où Autolib’ a commencé à se déployer en 2011, deux ans plus tôt, donc, qu’à Lyon.

Si la Métropole lyonnaise compte une centaine de stations de recharge, majoritairement dans l’hypercentre, à Paris et sa région, elles sont plus d’un millier, réparties entre centre et banlieue. La mauvaise rotation des véhicules entre les stations creuse le déficit, selon le groupe Bolloré.

Dans la capitale, première ville de France à se doter d’un service d’auto-partage, Bolloré a signé une « délégation de service public »avec le maire d’alors, Bertrand Delanoë, pour gérer Autolib’.

Il bénéficie ainsi de subventions, mais a les mains liées, ce qui l’empêche de prendre certaines décisions comme la fermeture de deux cents stations sur un millier, ce qu’il souhaitait car il les jugeait non-rentables, d’où premier conflit avec la première magistrate parisienne.

Aucune délégation de service public à Lyon

Or, à Lyon, Gérard Collomb, président du Grand Lyon lorsqu’il avait signé avec Bolloré n’a prudemment signé aucun accord de ce type avec le groupe. Pas une goutte de subventions. Au contraire, le Groupe Bolloré abonde (dans une petite mesure) le budget métropolitain.

La Métropole fait en effet payer au groupe Bolloré la centaine d’espaces situés sur le domaine métropolitain où le tycoon breton a fait installer ses stations de recharge.

« L’investissement et les risques commerciaux sont à la charge de l’entreprise », décrit la Métropole lyonnaise, citée par Lyon Capitale.

Pas de contrainte, ainsi, ni d’un côté, ni de l’autre. Le groupe Bolloré a ainsi toute latitude pour fixer ses prix, quitter la ville du jour au lendemain s’il le désire, et fermer une partie ou la totalité de ses stations, à condition, précise le contrat avec la Métropole, de remettre la voirie en état,… à ses frais.

Résultat de cette souplesse contractuelle : les prix de la location des Bluecars sont à Lyon, nettement plus attractifs qu’à Paris.

Ainsi, entre Rhône et Saône, l’abonné Bluely (le nom commercial de l’Autolib’ lyonnais) paie 4 euros par mois, soit 48 euros par an, et 6,30 euros par demi-heure. Le Francilien se voit facturer plus du double à l’année, soit 120 euros, puis 6,90 euros chaque demi-heure d’utilisation.

Résultat : les relations entre Lyon Métropole et Bolloré sont pacifiées. Tout le monde y gagne. Et Bolloré n’entend pas pour l’heure quitter la capitale des Gaules.

Y aurait-t-il alors un modèle lyonnais ? Si ce n’a pas été le cas avec Autolib’, Lyon a été précurseur avec le service Velo’v , un concept repris ensuite à Paris quelques années plus tard, sous la dénomination de Velib’. Là encore un échec parisien, alors qu’à Lyon la dernière mouture en date vient de faire l’objet d’un nouveau contrat entre la Métropole et le Groupe JCDecaux, illustrant même une nette amélioration. A telle enseigne que le Groupe JCDecaux s’en sert comme vitrine.

L’actuel ministre de l’Intérieur devrait conseiller plus souvent Anne Hidalgo…