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Les chiffres l’illustraient largement ces dernières années : la formation des jeunes en alternance qui régressait constituait bien le parent pauvre de l’Education Nationale.

Pour débloquer la situation et relancer l’apprentissage, vecteur efficace de créations d’emplois pérennes, le gouvernement a dans sa loi de réforme « Avenir Professionnel » offert la possibilité aux entreprises d’ouvrir leurs propres CFA. Une vraie révolution !

 Les entreprises n’ont guère tardé pour se servir de cette possibilité, elles qui ont tant de mal à recruter actuellement, notamment dans les métiers de la restauration.

Quatre sociétés leaders dans leurs métiers

C’est ainsi que le 4 mars dernier, quatre sociétés, Accor, le géant de l’hôtellerie ; Adecco, celui du travail temporaire ; Korian, le leader français des Ehpad ; et Sodexo, celui de la cuisine collective ont signé un accord pour mettre en place un CFA commun aux quatre groupes dédié aux métiers de la cuisine et de la restauration.

 Les quatre partenaires vont créer une entité qui sera chargée de la gouvernance et du pilotage de ce CFA d’Entreprise.

Celui-ci s’appuiera sur des partenariats avec des centres existants, notamment avec ceux dépendant déjà des groupes, comme l’école Lenôtre ou l’académie Accor. La construction physique d’un CFA n’est pas pour l’instant envisagée.

 Ce futur CFA privé formera aux métiers de cuisinier et de commis de cuisine des jeunes issus de classe de 3ème ou titulaire d’un CAP. Leur formation durera 1 an et débouchera sur un Bac professionnel.

Objectif : mille apprentis par an

L’ambition des partenaires est particulièrement forte : former 1 000 apprentis par an dans trois régions dans un premier temps : Auvergne-Rhône-Alpes, l’Ile de France et Provence Alpes Côte d’Azur.

Un objectif élevé lorsque l’on compare aux quelques 10 000 apprentis formés chaque année dans toute la France, toutes entreprises confondues, dans les différents secteurs de l’Hébergement et de la Restauration.

 Un chiffre qui a tendance à baisser alors même que le nombre d’apprentis-420 000 en 2017 répartis dans 2 723 CFA, toute branche d’activité confondue-a enfin connu une belle embellie l’année dernière : + 8 %.

Il faut savoir qu’en 2018, ces quatre grands groupes signataires, leaders dans leur secteur respectifs ont recruté plus de… 11 000 collaborateurs dans ces métiers.

 Les premières formations vont débuter dès la rentrée prochaine.

Dix dans les starting blocks

Cet accord semble bien donner le signal de départ d’une révolution au sein même de l’apprentissage. D’autres grands noms des services et de l’industrie s’apprêtent à suivre cet exemple, à l’instar de Schneider Electric, Safran, voire encore le groupe Nicollin.

 D’après Muriel Penicaud, ministre du Travail, une dizaine de projets de ce type sont dans les starting-blocks.

 Cette possibilité pour les entreprises d’ouvrir leur CFA a été rendue possible avec la fin de l’obligation d’en passer par une autorisation administrative des régions.

 Pour lancer son CFA, un employeur n’a qu’à déclarer son centre à l’administration et obtenir une certification sur la qualité de la formation. Le ministère du Travail promet même une procédure simplifiée à l’extrême !

 Cette prise en main de leur formation par les entreprises répond aussi à une critique récurrente jusqu’à présent, exprimée par Sven Boinet, directeur général du groupe Accor, lors du lancement du projet des quatre entreprises, regrettant « que les contenus des CFA, actuellement, sont de moins en moins adaptés à la réalité des métiers ».

Ce qui a conduit Adecco à faire une croix sur 100 000 missions d’intérim en 2017, selon la directrice générale solutions emploi et formation, Frédéric Plasson, citée par les Echos.

 Cette révolution en cours constitue une première réponse aux difficultés grandissantes des entreprises à trouver des salariés, alors que le chômage dans notre pays s’établit à 8,8 % de la population active. Il reste à espérer que d’autres réponses de la même veine suivront…