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Un bon moteur économique

Baptisé du nom de code MCE-5, un nouveau moteur pourrait offrir une vraie alternative aux hybrides. Même diminution de la consommation d’essence de l’ordre de 30/35 %, mais surcoût de 350 euros seulement à la fabrication contre plusieurs milliers d’euros pour le moteur mixte essence/électricité !

L’histoire de ce moteur miracle basé sur un moteur à taux de compression variable (1) qui est né et est développé en Rhône-Alpes constitue le bon exemple de la politique qu’il conviendrait de multiplier pour maintenir à haut niveau notre économie face aux pays émergents.

Installé au sein d’une Peugeot 407, ce moteur créé par Vianney Rabhi, a effectué pour la première fois jeudi 14 octobre, une démonstration sur la piste d’essais de l’Inrets (2) située à une encablure du tarmac de l’aéroport de Lyon-Saint-Exupéry, en présence de très nombreuses personnalités qui s’étaient déplacées pour l’occasion dont le président de la Région Rhône-Alpes, Jean-Jack Queyranne. Une démonstration couronnée de succès.

Les promoteurs du MCE-5 prennent actuellement langue avec la plupart des constructeurs automobiles pour mener à bien le dernier stade de leur projet : une industrialisation qu’ils ne peuvent réaliser eux-même. « C’est très chaud », assure un proche du dossier. Si ces négociations aboutissent, la société MCE-5 basée à Lyon, comprenant 40 personnes et qui a déjà englouti 55 millions d’euros dans l’affaire, n’aura plus guère de soucis à se faire pour sa pérennité.

Que nous dit cette belle histoire qui pourrait bien se terminer en success story régionale. Que l’avenir de notre économie dépend d’abord et avant tout de la recherche et de l’innovation. Hors d’elle point de salut. La société MCE-5, a, depuis sa création déposé près de 300 brevets dans quatorze pays.

Elle nous dit aussi que l’alliance du privé et du public, sur des projets à hauts potentiels apporte souvent le déclic nécessaire. Ce fut le cas pour le moteur MCE-5 : aux côtés du privé (65 % : MCE-5 compte 333 actionnaires), les fonds publics ont représenté 30 % de l’investissement.

Le Conseil régional a investi, de son côté, sous la forme d’une subvention, 400 000 euros dans ce moteur prometteur. Le Grand Lyon a aussi apporté son écot. L’Etat a été lui aussi partie prenante, à travers l’Ademe, Oséo, mais encore l’Europe à travers le Feder. Les partenaires industriels comptent, eux, pour 6 % dans le financement : PSA, mais aussi des fournisseurs de 1er rang de l’industrie automobile.

Cette aventure nous dit aussi qu’un tel projet ne peut aboutir sans un solide effet réseau de partenaires. Celui-ci a été fourni par le Pôle de compétitivité Lyon Urban Trucks&Bus (LUTB) dont une bonne part des 132 membres ont apporté un fort soutien au projet. « Il a même démontré les liens et passerelles entre bus et camions et voitures », selon son président, Eric Payeton.

Quand tous les acteurs savent faire taire leurs querelles de chapelle pour appuyer concrètement un projet qui tient la route, aucun doute, ça roule. Pour mémoire, la fabrication de moteurs par la sous-traitance représente en Rhône-Alpes 200 entreprises et 45 000 salariés pour un chiffre d’affaires de 10 milliards d’euros…

Reste à trouver maintenant d’autres MCE-5. Mais ne craignez rien, il en existe encore un bon nombre sur les étagères des entreprises. Encore faudrait-il, comme ce moteur à compression variable, arriver à les mettre en pleine lumière…

(1) Le taux de compression d’un moteur conditionne directement le rendement énergétique, les émissions polluantes et les performances en couple et en puissance des moteurs thermiques. Le rendre variable permet d’améliorer significativement chacune de ses caractéristiques, avec d’importantes économies de consommation et donc de CO2 à la clef.

(2) Institut national de recherche sur les transports et leur sécurité.