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Un mandat qui démarre mal : la capacité d’autofinancement de la métropole lyonnaise divisée par deux

Ce n’est certes pas la seule métropole française dans ce cas, mais les débuts de l’exécutif dirigé par Bruno Bernard (EELV) se font dans la douleur. A la suite des dépenses d’urgence liées à l’épidémie de Covid-19, la capacité d’autofinancement de la deuxième agglomération de France a été divisée par deux, passant de 464 à 230 millions d’euros. A l’instar d’Eric Piolle (Grenoble) ou de Gaël Perdriaux (Saint-Etienne), de nombreux autres maires ou présidents de métropole, ont écrit à Jean Castex, 1er ministre. Mais rien n’assure que l’Etat va améliorer cette situation…

La joie n’était pas exactement au rendez-vous lors du dernier conseil métropolitain à Lyon.

Le Covid-19 n’était pas seul en cause. Mais tout simplement les finances de la Métropole, à l’ordre du jour.

Bruno Bernard, le président (EELV) de la Métropole l’avait annoncé peu avant lors d’une conférence presse : la capacité d’autofinancement de l’agglomération a été divisée par deux.

La raison ? Bien sûr la pandémie, la hausse très importante qu’elle a suscité pour accompagner la population en difficulté, mais aussi la forte baisse de revenus qu’elle a provoquée, les deux se cumulant.

Le président de la Métropole a précisé les chiffre : d’ores et déjà, alors que la pandémie n’est pas finie, ladite capacité d’autofinancement passe de 464 à 230 millions d’euros.

Certes, comme l’avaient reconnu les deux anciens présidents, Gérard Collomb et David Kimelfeld, la Métropole bénéficiait auparaant d’une gestion “de bons pères de famille” et avait donc de beaux atours financiers. En 2019, elle était même au plus haut depuis la création de la Métropole !

Une situation de rêve dont pensait bénéficier à plein la majorité emmenée par les Verts… Las !

Son ambitieux programme ne va pas pouvoir être mené dans son intégralité. Et elle va être contrainte de revoir ses projets.

Plan pluri-annuel d’Investissements

Des choix vont devoir être opérés :  « Il va falloir trouver des équilibres et arbitrer », prévient Bruno Bernard, l’air grave.

Bénéficiant d’un budget annuel de 3,5 milliards d’euros, la métropole lyonnaise avait la possibilité d’investir jusqu’à 3,2 milliards d’euros sur toute la durée du mandat.

Il va falloir donc que la majorité fasse des choix. Reste à savoir lesquels, mais ce sera sans doute douloureux. Elle comptait puiser sur les résultats de la bonne gestion de ses prédécesseurs.

La réponse sera dans le plan pluriannuel d’investissement (PPI) destiné à lister les investissements qui seront programmés sur l’ensemble du mandat.

« Nous avons porté devant les électeurs un projet de transition écologique, mais aussi de justice sociale, de réduction des inégalités. Le choix d’aujourd’hui est collectif, je ne souhaite pas jouer le rôle du chef qui décide tout », a expliqué Bruno Bernard.  Le choix devra donc être celui de toutes les composantes de la majorité. Des dissensions à la clef sur ceux-ci ?

Cette situation qui entrave d’entrée le mandat a amené Bruno Bernard à signer avec 40 autres maires un courrier à Jean Castex, 1er ministre, pour demander le soutien financier de l’Etat.

“ Depuis le début de la crise sanitaire, les élus locaux sont en première ligne et pleinement mobilisés pour apporter soutien et protection à leurs habitants, ainsi qu’appui et accompagnement au tissu économique. Cette mobilisation n’est pas sans conséquences sur leurs équilibres financiers. Ils cumulent en effet de lourdes pertes de recettes fiscales et tarifaires et doivent faire face à de nombreuses charges imprévues, très loin de compenser de rares moindres dépenses”, explique d’entrée cette missive.

Un impact de 6 milliards d’euros

Et de rappeler que “ l’impact de la crise sanitaire sur les budgets locaux va représenter 6 milliards d’euros”.

Les élus font “le constat aujourd’hui clairement que l’Etat ignore non seulement les conséquences budgétaires du mouvement spontané de soutien des collectivités aux habitants aux associations, aux acteurs sportifs, culturels et aux entreprises, mais qu’il méconnaît les fondements de la gestion financière locale.”

Bref, “ En s’obstinant à engager des crédits d’Etat essentiellement ciblés au niveau de la section d’investissement (DSIL et subventions d’investissement), l’Etat ignore que notre préoccupation porte sur l’équilibre de la section de fonctionnement et notre capacité d’autofinancement.”

Le débat est posé, mais rien ne dit pour l’heure que l’Etat va y répondre dans les proportions souhaitées par les élus locaux…

 

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