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Une rentrée économique sous le signe de l’optimisme : l’occasion ou jamais de redonner de l’avenir à notre industrie

Avec une croissance annoncée à 6 % cette année, un chômage qui a déjà retrouvé son niveau de 2019, cette rentrée se présente bien mieux que les précédentes, d’autant qu’elle sera irriguée par le Plan de relance de notre industrie financé par l’Etat. Ça tombe bien, les quatre filières que veut privilégier le gouvernement sont toutes présentes à plus ou moins grande échelle en Auvergne-Rhône-Alpes. Elles devraient en sortir grandies.

ls se sont tous trompé, on n’ose pas dire planté … Et c’est bien mieux comme cela.

Qu’il s’agisse de l’Insee ou des Tribunaux de commerce, ils craignaient et annonçaient un tsunami de suppressions d’emplois au second semestre 2021.

Or, par bonheur on ne voit rien venir. Mois après mois, les chiffres confirment la singularité de la crise liée à l’épidémie de Covid-19 et l’efficacité du “quoi qu’il en coûte”.

Le nombre des défaillances d’entreprises est en chute libre. En juillet, il se stabilise à un niveau « historiquement bas », en recul, sur un an, de 27,6 % pour s’établir à un peu moins de 27 900, selon les dernières statistiques de la Banque de France. On est loin des centaines de milliers de suppressions d’emplois qui étaient annoncées.

Mesurée par les factures de carte bleue, la consommation bat des records : la hausse des achats s’est élevée à 15 % sur les quinze premiers jours du mois d’août, au plus fort des vacances, par rapport à la même période en 2019, avant donc la crise sanitaire.

Enfin, à 8 %, on a déjà retrouvé le niveau de chômage de 2019, alors que beaucoup prédisaient 11 %.

“Global Industrie” va donner le “la”

Tous ces éléments ont amené le gouvernement à rehausser le niveau de croissance escompté cette année : 6 %. Un rattrapage certes, mais aussi un pourcentage digne des Trente Glorieuses.

Cette rentrée se déroule donc plutôt sous le signe de l’optimisme, même s’il faut rester prudent avec cette pandémie qui a su nous prodiguer dans le passé de mauvaises surprises…

Reste qu’avec le Plan de relance, l’argent de l’Europe qui commence à arriver, une fenêtre de tir qui ne se reproduira sans doute pas deux fois apparaît pour relancer notre industrie : une démarche qui peut se révéler majeure dans la région Auvergne-Rhône-Alpes qui est, rappelons-le, la première région industrielle de France et devrait donc en retirer le plus grand profit.

Ce sera l’un des nombreux débats qui devraient émailler le salon “Global Industrie” qui ouvrira ses portes à Lyon-Eurexpo à partir du 6 septembre.

On peut déjà amener quelques pierres à ce débat, en évaluant les chances de la région dans le cadre du plan gouvernemental annoncé en faveur de l’industrie.

Ce plan gouvernemental veut doter l’Hexagone de nouvelles usines en ciblant notamment quatre filières d’avenir qui pourraient bien permettre à la région de redonner de sérieuses couleurs à notre industrie et de l’inscrire dans l’avenir.

Une bonne nouvelle : les quatre filières basées sur l’hydrogène, les biotechs, l’agroalimentaire et les voitures et les poids-lourds électriques, ciblées par le gouvernement, sont toutes déjà bien présentes en Auvergne-Rhône-Alpes.

L’hydrogène, la nouvelle frontière

« Pour une énergie totalement nouvelle et alternative comme celle-là, le plus important c’est d’amorcer la pompe », lançait il y a onze mois Florent Ménégaux, le patron de Michelin, lors de la présentation du « plan hydrogène » français. Avec son enveloppe de 7 milliards d’euros sur dix ans, le gouvernement entend créer « des usines et des emplois ». Ça tombe bien, les nombreux projets en la matière des nombreuses entreprises hydrogène que compte la région (McPhy, Hydrogen Refueling Solutions (HRS), Symbio, etc.) vont pouvoir être accompagnés par l’Etat avec de nombreux emplois à la clef.

Les biotechs en rattrapage

Le fait que la France soit le seul pays du conseil de sécurité de l’ONU à ne pas disposer encore de son propre vaccin contre le Covid a interrogé sur la recherche française, et même au-delà. En réaction, les pouvoirs publics ont décidé d’injecter 7 milliards dans un plan d’investissement dédié à la production et l’innovation en biotechnologie.

Sérieusement douché, Sanofi qui a fait de Lyon un de ses deux principaux centres de développement dans le domaine de l’ARN messager, a décidé de réagir massivement et devrait tirer fortement partie de toutes les possibilités offertes par cette nouvelle technologie vaccinale et pas seulement contre le Covid.

L’objectif gouvernemental affiché est de faire de l’Hexagone le premier pays européen pour le développement et la production de nouvelles biothérapies. Les nombreuses sociétés biotech que compte la région devraient dans la foulée bénéficier de ce volontarisme.

La révolution de l’agroalimentaire

L’agriculture française et les entreprises de transformation marquent le pas depuis quelques années : la France importe plus de denrées alimentaires qu’elle en exporte. Pour corriger le tir, l’Etat table sur les nouvelles tendances dans les assiettes, comme le bio ou les protéines végétales. Là encore les nombreuses PME de l’agroalimentaire dont beaucoup sont innovantes que compte la région vont pouvoir se saisir de ces financements.

Le défi de la voiture et des camions électriques

Reste enfin le dernier domaine qu’entend privilégier l’Etat : la voiture et les poids-lourds électriques.

Il faut que le grand fabricant de camions qui a commencé à prendre le virage (Renault-Trucks) et les nombreux sous-traitants automobiles que compte la région amorcent cette évolution qui s’annonce difficile.

Pour le moment, l’Etat soutient allègrement les ventes de voitures électriques et hybrides avec le système du bonus-malus, et prévoit de subventionner massivement la poignée d’usines de batteries qui se profile sur le sol français, sauf que pour l’heure, aucune n’est annoncée sur le sol de la région. Mais ça peut encore changer…