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La filière automobile française qui n’est pas en très bonne forme actuellement, dispose d’un seul atout pour rebondir : l’innovation.

 C’est elle qui fait vendre en diminuant ou supprimant la consommation de carburants fossiles. Alors que l’économie du monde ralentit, le prix du baril reste particulièrement élevé. Qu’en sera-t-il quand la consommation redémarrera ? Bien évidemment, il flambera encore plus. Et là, ce ne seront pas quelques malheureux centimes déduits par l’Etat qui pourront y faire quelque chose…

 Or, nos deux constructeurs nationaux ont développé deux technologies complémentaires. PSA a mis au point le premier hybride diesel au monde qui équipe déjà la 3008 Peugeot et la DS5 Citroën. Or, l’hybride diesel est encore moins gourmand que l’hybride essence façon Toyota : la consommation est réduite d’un tiers pour des rejets de l’ordre de 100 grammes de CO2. A terme, l’hybride diesel devrait être fort capable de ne consommer que deux litres aux cent kilomètres, nouvelle frontière fixée par François Hollande lors de la conférence environnementale.

 Renault de son côté a fait un pari encore plus fort : celui du tout électrique. Son Pdg Carlos, Ghosn, à contrario de beaucoup d’observateurs, estime que la voiture électrique représentera 10 % du marché à l’horizon 2020. Il aura à coup sûr raison si d’ici là le prix du baril grimpe à 150, voire 200 dollars le baril.

 Le lancement de la Zoé, le premier véhicule électrique vendu au prix d’une voiture thermique (13 700 euros, prime gouvernementale déduite), lors du Mondial de l’automobile qui se déroule à Paris du 29 septembre au 14 octobre 2012 constituera une révolution. Et devrait donner la tendance. On saura, si les automobilistes la plébiscitent si le Pdg de Renault a des chances de remporter son audacieux pari.

 Si c’est le cas, les nouvelles technologies vertes seraient à même de relancer pour partie une filière automobile française à la peine. C’est bien pour appuyer cette stratégie que le gouvernement a décidé d’augmenter sensiblement la prime gouvernementale pour les voitures peu énergivores : elle passe de 2 000 à 4 000 euros pour les voitures hybrides et de 5 000 à 7 000 euros pour les électriques. Un joli coup de pouce.

 Tous les constructeurs ont conscience d’ailleurs que l’hybride ou l’électrique pur ne constituent qu’une solution intermédiaire avant la prochaine évolution qui devrait mettre tout le monde d’accord et sur laquelle travaillent de nombreux chercheurs dans le monde : la voiture à pile à combustible. Elle est toujours électrique, mais de surcroît, elle produit elle-même son électricité à partir de l’hydrogène.

 Cette prochaine étape pourrait arriver plus tôt que prévu car on constate actuellement que les baisses de coût et d’efficacité s’avèrent nettement plus rapides dans le domaine des piles à combustible que dans celui des batteries. Mercedes envisage de mettre sur le marché ses premières voitures à pile à combustible dès 2014. D’autres constructeurs prendront à coup sûr sa roue. L’électrique pur ne sera donc qu’un étape, mais une étape indispensable.

 Il est urgent que des progrès voient le jour dans le domaine des transports routiers qui avec le bâti sont les plus gros pourvoyeurs de CO2.

 Le GIEC (*) ne cesse de tirer la sonnette d’alarme : au rythme où vont les choses, la hausse de 2 % des températures d’ici 2100 sera dépassée. Le réchauffement climatique est parti pour s’emballer.

 Or, si le marché européen automobile est en berne, ce n’est pas le cas du marché mondial. Chaque année, sous la pression des pays émergents, le parc automobile de la planète augmente de 5 à 6 %, avec d’intenses rejets de CO2 dans son sillage.

 Il est donc plus que temps de basculer vers l’hybride et surtout l’électrique et c’est là que la hausse du prix de l’essence peut donner un sérieux coup de main.

 Nécessité économique et écologique font dans ce domaine cause commune. Mais c’est le consommateur qui arbitrera. Non pas parce qu’il a une conscience écologique développée. Cela ne suffira pas. Mais parce qu’on lui proposera des voitures électriques ou hybrides à des tarifs similaires aux véhicules thermiques.

 (*) GIEC : Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat