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Défaillances à +5 % : la CCI de Lyon mise sur transmission et cybersécurité

Les défaillances d’entreprises progressent de 5 % et touchent désormais des petites et moyennes entreprises (PME) structurées, selon Phillipe Valentin [à vérifier], président de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) Lyon Métropole Saint-Étienne Roanne. La chambre compte plus de 170 000 entreprises clientes. Elle déploie un fonds pour la transmission, une assistance gratuite contre les cyberattaques et un soutien aux dirigeants en détresse.

Une crise qui gagne de nombreuses filières

Le président de la CCI décrit une conjoncture dégradée sur tout le territoire, de Lyon à Saint-Étienne et Roanne. Il l’attribue d’abord à l’absence de vision. Sans perspective claire, les entreprises freinent leurs investissements, les ménages épargnent et toute la chaîne de valeur ralentit. Restauration, hôtellerie, transport, industrie et bâtiment sont touchés en même temps. Il dit observer cette situation pour la première fois.

Les dépôts de bilan et les liquidations augmentent de 5 % par rapport aux années précédentes. Selon lui, cette hausse ne relève plus du contrecoup du Covid ni de la fin du prêt garanti par l’État (PGE) : elle est structurelle. Les petites entreprises sans fonds propres ni trésorerie ont été touchées les premières. Des PME, parfois industrielles, suivent désormais. Les entreprises de taille intermédiaire (ETI) tiennent grâce à leur surface financière, mais restent sous pression. La CCI parle de permacrise pour décrire l’enchaînement du Covid, de la crise énergétique et de la guerre en Ukraine.

Les dirigeants parlent aussi plus librement de leurs difficultés. Certains confient au président de la chambre : « je sais pas si je vais passer l’automne ».

La création d’entreprise résiste. Elle est portée par des jeunes, femmes et hommes, qui lancent leur activité plus tôt qu’avant. À l’approche de l’élection présidentielle, Phillipe Valentin relaie une attente de clarté. Les chefs d’entreprise veulent un programme lisible et assumé. Ils s’interrogent davantage sur l’usage de l’impôt que sur son niveau. Il rappelle aussi que l’embauche d’un premier salarié reste un pari coûteux, qu’il qualifie d’acte de foi.

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Les dispositifs de la CCI pour les dirigeants

Pour la transmission, la CCI a mobilisé 5 millions d’euros. Elle apporte temporairement des fonds à une entreprise en cours de cession et joue le rôle de tiers de confiance. Selon son président, cet appui ouvre de nombreuses portes. La chambre se retire une fois l’opération réalisée et cherche à récupérer sa mise. Phillipe Valentin cite 370 000 transmissions à l’horizon 2030, et jusqu’à 500 000 avec le départ des générations du baby-boom, sans préciser le périmètre.

Le dispositif de cyberassistance Auvergne-Rhône-Alpes a été lancé le 1er juin. La CCI a été lauréate d’un concours de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI). Elle pilote le service pour toute la région avec la Région et la CCI régionale, soit treize chambres. Orange Cyber Défense, qui compte plus de 150 spécialistes sur le territoire, est missionnée sur le dispositif. La nuit, l’ANSSI prend le relais. Le service est gratuit et joignable jour et nuit toute l’année au 04 72 40 56 56. Il oriente vers un catalogue d’environ 600 entreprises, selon le lieu et le type d’attaque.

Le président conteste un argument fréquent chez les dirigeants de très petites entreprises (TPE) : « on est trop petits, on n’intéresse personne, ce qui est archi faux ». Selon lui, leurs protections plus légères en font des cibles. Il recommande la saisie d’un code reçu sur le portable à chaque connexion. Cette mesure réduirait d’environ 50 % les piratages, selon lui.

La chambre porte aussi le hub Sécurité 360, installé sur un terrain qui lui appartient. Il réunit 19 entreprises et 250 personnes, dont la police scientifique, et la CCI le présente comme unique en Europe. Elle a également investi quelques millions d’euros dans le port Édouard Herriot, aux côtés de la Caisse des dépôts, de CMA CGM et d’ex Marseille-Provence [à vérifier]. L’objectif est de doubler le trafic fluvial.

La santé des dirigeants reste l’indicateur à suivre. En juin, la CCI a étendu au Rhône le dispositif APESA, déjà présent dans la Loire. Cette association accompagne les chefs d’entreprise en souffrance psychologique. Selon le président, elle traitait environ 200 situations par an. Elle en compte déjà 400 sur le premier semestre.