Climat : en Auvergne-Rhône-Alpes, les entreprises déjà confrontées aux risques
Une étude du cabinet Goodwill-management met en évidence l’exposition croissante des entreprises régionales aux aléas climatiques. Entre hausse des températures, inondations et sécheresses, les impacts économiques ne relèvent plus de projections, mais de situations déjà observées sur le terrain.
Un territoire particulièrement exposé
L’étude dresse un état des lieux précis des risques à l’échelle de la région Auvergne-Rhône-Alpes, en croisant données climatiques et réalités économiques. Huit communes sur dix sont déjà concernées par au moins un aléa majeur, tandis que le risque d’inondation touche plus des deux tiers du territoire.
Dans le Rhône, près de 190 jours de vigilance canicule ont été recensés depuis 2004, ce qui traduit une évolution durable des conditions climatiques. Cette tendance s’inscrit dans un contexte où la région cumule plusieurs spécificités économiques, entre industrie, agriculture et activités touristiques, qui la rendent particulièrement sensible aux variations climatiques.
Des impacts déjà visibles pour les entreprises
Les effets ne se limitent plus à des projections à long terme. Les épisodes récents illustrent des conséquences directes sur l’activité économique, qu’il s’agisse des inondations de Givors en 2024, qui ont généré près de 100 millions d’euros de pertes, ou des épisodes de sécheresse et de gel qui ont affecté la production agricole ces dernières années.
La hausse des températures pèse également sur les conditions de travail et la productivité, avec des baisses significatives observées lors des périodes de forte chaleur, notamment dans des secteurs comme l’industrie, le bâtiment ou la logistique.
Des risques appelés à s’intensifier d’ici 2050
Les projections à horizon 2050 confirment une accentuation de plusieurs phénomènes, avec une augmentation des températures moyennes, une multiplication des épisodes de chaleur extrême, des sécheresses plus longues et des précipitations plus intenses. Dans certains scénarios, plus de 80 jours de sols secs sont attendus chaque année dans une grande partie de la région, accompagnés d’une hausse des épisodes pluvieux extrêmes.
Ces évolutions modifient en profondeur les conditions d’exploitation des sites industriels, l’organisation des chaînes d’approvisionnement et la gestion des ressources, en particulier l’eau.
Une adaptation encore progressive dans les entreprises
L’étude met en lumière un décalage entre la prise de conscience et le passage à l’action. Plusieurs entreprises régionales, de secteurs variés, témoignent d’initiatives engagées, mais souvent encore partielles, intégrées progressivement dans les stratégies existantes plutôt que traitées comme un chantier isolé.
Cette adaptation suppose une évolution des pratiques, qui passe par l’identification des risques, la priorisation des actions et une coordination plus étroite entre les fonctions opérationnelles, financières et stratégiques.
Un sujet qui redessine les conditions d’activité
Au-delà des obligations réglementaires à venir, la question de l’adaptation s’impose déjà dans la gestion quotidienne des entreprises, en lien avec la continuité d’activité, la sécurité des sites et la stabilité des chaînes de valeur. Dans un environnement où les aléas deviennent plus fréquents et plus intenses, ces paramètres tendent à s’intégrer directement dans les décisions d’investissement et d’organisation.
L’étude propose ainsi des pistes d’action et des outils mobilisables, afin d’aider les entreprises régionales à structurer leur réponse face à des évolutions qui ne relèvent plus de scénarios théoriques mais de contraintes concrètes.
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