Harcèlement au travail : les signalements explosent dans les entreprises françaises
Les dispositifs d’alerte interne prennent une place croissante dans les entreprises françaises. Selon une étude publiée par le cabinet Reversens auprès de plus de 2 000 professionnels impliqués dans le traitement des signalements sensibles, 81 % des répondants constatent une hausse des remontées liées au harcèlement et aux risques psychosociaux depuis 2022.
Cette progression traduit à la fois une meilleure visibilité des situations de souffrance au travail et une structuration progressive des procédures d’alerte dans les organisations, dans un contexte où les enjeux de santé mentale et de responsabilité employeur deviennent de plus en plus sensibles. :contentReference[oaicite:0]{index=0}
Le harcèlement moral concentre la majorité des dossiers
Selon l’étude, le harcèlement moral représente désormais la principale catégorie de signalements traités dans les entreprises. Pour 68 % des professionnels interrogés, ces situations constituent plus d’un quart des dossiers gérés.
Les conflits managériaux et tensions interpersonnelles occupent également une place importante dans les remontées internes, tandis que les signalements liés au harcèlement sexuel, aux discriminations ou au cyberharcèlement restent proportionnellement moins nombreux.
Mais malgré cette hausse des alertes, peu d’enquêtes aboutissent réellement à une conclusion formalisée. Près de 41 % des répondants estiment que moins de la moitié des signalements font l’objet d’une enquête complète clôturée par un rapport écrit.
Les entreprises évoquent notamment le manque de preuves, l’absence de témoins identifiables, la peur des représailles mais aussi des difficultés internes liées au manque de formation, de méthode ou de ressources RH disponibles.
L’intelligence artificielle progresse mais reste sous surveillance
L’étude met également en lumière l’arrivée progressive de l’intelligence artificielle dans les dispositifs d’enquête interne. Les professionnels interrogés se montrent majoritairement favorables à l’utilisation de l’IA pour centraliser les pièces, assurer la traçabilité ou aider à la rédaction factuelle des dossiers.
En revanche, ils restent très réticents dès qu’il s’agit de confier à l’IA un rôle décisionnel. Seuls 26 % accepteraient une aide à la qualification juridique des faits et à peine 8 % se disent favorables à une recommandation automatique de sanction disciplinaire.
Cette prudence illustre les limites actuelles de l’automatisation sur des sujets mêlant droit du travail, psychologie, management et risques réputationnels pour les entreprises.
Fondé en 2015, le cabinet Reversens est spécialisé dans les enquêtes liées au harcèlement, aux violences internes et aux dispositifs d’alerte éthique. Le cabinet affirme avoir réalisé plus de 200 enquêtes depuis 2018.
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