A la poursuite des ETI...
Dominique Largeron
ETI. Retenez bien ce nouveau sigle. Il se glisse entre les TPE et les PME d'un côté et les grandes entreprises de l'autre. Il signifie : Entreprises de Taille Intermédiaire. Il s'agit en l'occurrence des grandes PME de 250 à 4 999 salariés qui génèrent un chiffre d'affaires compris entre 0,5 et 1,5 milliard d'euros.
Actuellement nos responsables économiques n'ont que ce sigle à la bouche. Lors de sa venue à Lyon pour lancer les Etats-Généraux de l'Industrie, Christine Lagarde, ministre de l'économie, s'est vivement félicité de voir désormais inscrite dans le marbre cette notion d'ETI dont le faible nombre est vu comme la principale faiblesse de notre tissu économique.
Envisagé dans le cadre de la loi LME (Loi de Modernisation de l'Economie), le décret d'application qui vient en effet de paraître rend officiel ce nouveau statut qui comble un vide juridique : Bruxelles avait limité la définition des PME à 250 salariés et des grands groupes à partir de 5 000.
Pourquoi ces ETI sont-elles si importantes et excitent-elles autant les responsables économiques ? Parce que contrairement à l'Allemagne ou à la Grande-Bretagne la France manque cruellement de telles entreprises. Des entreprises qui traditionnellement ont deux caractéristiques : elles sont innovantes et exportatrices. Et elles ont le grand avantage de produire majoritairement en France dans la mesure où ce sont souvent des entreprises familiales. Toutes qualités dont l'économie française a cruellement besoin.
On estime le nombre en France de ces Entreprises de Taille Intermédiaire à 4 000.
Elles sont un peu plus de 400 en Rhône-Alpes, alors que pour être dans la norme allemande, on devrait en compter près d'un millier.
Il nous faudrait donc beaucoup plus de Haulotte, Somfy, Biomérieux ou Toupargel qui, on en conviendra, constituent chacune dans leur secteur des fleurons.
Quelles sont donc les barrières qui empêchent les plus belles de nos PME de croître pour devenir ETI ? Un Isérois, Yvon Gatttaz, ancien président du CNPF (devenu depuis Medef) et qui a longtemps dirigé la société de connectique familiale, Radiall, a voulu répondre à cette question lorsqu'il a créé le Syndicat des Entreprises de Taille Intermédiaire, l'ASMEP/ETI.
« Elles n'ont pas mis en place de stratégies fiscales internationales pour bénéficier d'une fiscalité moins lourde et elles n'ont pas droit aux allégements proposés pour les PME », explique ce syndicat. On peut y ajouter l'absence à la fois de guichet qui leur serait dédié et de dispositif de soutien à la recherche.
Le lobbying de ce syndicat d'ETI a déjà permis d'obtenir trois mesures spécifiques cette année : la déconcentration à leur intention des excédents d'épargne réglementés ; l'ouverture de la garantie Oséo, accompagnée de moyens importants (1 milliard d'euros de crédits à court terme) et un dispositif spécifique pour pallier les difficultés rencontrées avec les assureurs-crédit.
Au gouvernement, on estime qu'il convient d'aller plus loin encore. Le sénateur Bruno Retailleau a ainsi été chargé par François Fillon, premier ministre, d'une mission sur l'essor des ETI. Il doit rendre sa copie en janvier prochain.
Mais le passage trop rare de la PME à l'ETI tient aussi peut-être à un facteur psychologique. Beaucoup de patrons de PME assurent que leur taille leur convient très bien et expliquent que craignant l'effet de seuil, ils comptent bien rester petits.
Peut-être le fait de se savoir désormais entourés de toutes les attentions, avec aides et soutiens à la clef, finira pas susciter dans leur esprit le déclic les amenant à accepter de grandir...
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- ETI signifie : Entreprises de Taille Intermédiaire. Les ETI s'intercalent entre les TPE et les PME d'un côté et les grandes entreprises de l'autre. lire la suite...
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