Gué-guerre Lyon-Grenoble : tout le monde gagnant !

Dominique Largeron

Avec deux pôles métropolitains importants, Lyon et Grenoble et quelque autres plus petits, la région Rhône-Alpes est beaucoup plus équilibrée qu'on ne le croyait : tel est le constat de l'Insee qui vient de réaliser une étude sur le phénomène métropolitain. Autre constat : le poids et le leadership lyonnais qui devrait encore s'accentuer avec l'application de la nouvelle loi sur les métropoles, ne se fait pas au détriment des autres villes. Au contraire. Il profite à tous, à commencer par Grenoble.

Gué-guerre Lyon-Grenoble : tout le monde gagnant !

A l'heure où la France sous le coup d'une nouvelle loi se         « métropolise » où en est l'opposition qui faisait les délices des commentateurs...au siècle dernier, entre Lyon et Grenoble et qui a disparu désormais dans la plupart des têtes.

L'Insee qui vient de mener une étude sur les aires métropolitaines de la région Rhône-Alpes vient de répondre à cette question avec force arguments en mettant en avant deux constats forts.

Le premier est que Lyon est vainqueur toutes catégories et s'affiche bien comme la deuxième métropole de France après celle, bien sûr, constituée autour de Paris et qu'elle n'a dans sa catégorie, pas d'autres concurrents de sa taille en France.

Une tendance qui devrait être accentuée avec la fusion annoncée du Grand Lyon et de la partie du Conseil général se trouvant sur le territoire des 57 communes de l'agglomération lyonnaise. Restera à savoir quel sera le poids de cette future Euro-métropole créée pour peser dans le concert des autres grandes agglomérations européenne ? A l'Insee Rhône-Alpes on reconnaît bien volontiers que là se situe la tâche à venir.

Le jeu subtil de Grenoble dont le modèle perdure

Deuxième constat fort : Grenoble qui, à l'origine s'est constituée en opposition avec Lyon, n'a pas souffert de cette opposition passée. Au contraire. La métropole grenobloise a su, à la fois croître et prospérer en se mettant à distance de Lyon, tout en développant avec la capitale régionale des échanges qui lui ont été bénéfiques. Un exemple parmi d'autres, la société lyonnaise bioMérieux s'est installée à Grenoble pour développer les biopuces, les semi- processeurs étant une grande spécialité grenobloise.

Unique, le modèle grenoblois tend même à perdurer. Il s'appuie sur un pilier essentiel : la recherche qui emploie 21 000 personnes au pied des Alpes. Devant Lyon, Toulouse et même Paris, Grenoble affiche ainsi la part de l'emploi dans les secteurs innovants la plus importante de France : 7,8 % contre 5,4 % à Lyon et 7,4 % à Paris.

A contrario, Lyon affiche une grande variété de fonctions métropolitaines. Avec près de 52 000 emplois, les fonctions du commerce inter-entreprises sont les plus représentées. Celles concernant la recherche et les prestations intellectuelles, éléments importants lorsqu'une ville entend devenir une grande métropole, sont aussi présents en force avec respectivement 38 000 et 42 000 emplois.

La grande faiblesse lyonnaise : la culture

Cette enquête recèle en revanche une surprise de taille : la faiblesse de la métropole lyonnaise dans le domaine de la culture-loisirs, alors que la Ville de Lyon lui consacre 20 % de son budget. En pourcentage de la population active, elle est en proportion, très inférieure non seulement à Paris, ce qui n'est pas étonnant, mais à d'autres grandes métropoles françaises.

Avec cette conséquence : la métropolisation lyonnaise est plus économique que touristique. Et l'obtention du label très convoité de « Parimoine mondial » de l'Unesco n'a pas globalement changé beaucoup de choses.

Cette étude de l'Insee l'illustre en tout cas : les deux métropoles régionales, Lyon et Grenoble sont en fait parfaitement complémentaires. Ce qui fait la richesse de Rhône-Alpes, région très équilibrée, contrairement à l'idée reçue selon l'Insee.

Cette enquête montre en outre que Lyon a su développer son leadership, en mettant en place un système territorial étendu dont elle constitue le cœur. Elle ne serait pas aussi puissante si elle n'avait su entretenir des échanges préférentiels avec de nombreux territoires proches dont Saint-Etienne, mais aussi Vienne, Bourg-en-Bresse, ou encore Mâcon en Bourgogne.

En fusionnant avec le Conseil Général, la métropole lyonnaise va pouvoir asseoir un leadership qui est loin d'être étouffant pour les autres, grandes ou moyennes, villes de la région. Si l'on utilise la métaphore du train, la ville métropole tire en réalité les wagons des autres grandes villes de la région qui s'en trouvent confortées.

Conclusion : ce qui est bon pour Lyon est bon pour la région, conclut cette étude qui fera sans nul doute très plaisir à Gérard Collomb.

Elle valide en effet sa politique, avec la création, à l'origine très critiquée d'un Pôle métropolitain avec Saint-Etienne, Vienne et La CAPI (Communauté d'Agglomération Porte des Alpes) ; mais aussi avec le projet à venir de fusion du Grand Lyon et d'une partie du département du Rhône. Au vu de cette étude de l'Insee, cette politique consiste tout simplement à mettre les structures politiques et administratives en adéquation avec la réalité telle qu'elle est décrite par les statistiques !

Publiée le 23 sept. 2013 par LARGERON Dominique. Mis à jour le 10 oct. 2013
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