LBO, mon amour
Dominique Largeron
Vous avez aimé les subprimes ? Vous adorerez les LBO !
Un nouveau sinistre financier se profile : celui concernant les LBO : Leveraged Buy-Out, achat d'entreprise avec effet de levier. Ceux-ci consistent à acheter des entreprises avec peu de capitaux, en empruntant beaucoup et en remboursant les emprunts avec les profits desdites entreprises. Et en revendant ensuite au bout de quatre ou cinq ans, ces mêmes entreprises avec une grosse marge.
Un mécanisme parfaitement huilé en période de croissance, mais qui présente des ratés en période de crise, une période où les profits fondent comme neige au soleil, rendant très difficile, voire impossible le remboursement des emprunts opérés.
Pas de panique excessive cependant : les sommes en jeu n'ont rien à voir avec celles concernant les subprimes et autres produits dits structurés qui se comptent en dizaines de milliers de milliards de dollars.
On estime qu'en Europe, les sommes en jeu sur les MBO portent sur 150 milliards de dollars, ce qui est peu au regard des précédents, mais n'est tout de même pas négligeable. Rien d'étonnant : ces dernières années, c'est-à-dire avant la crise, les banques se précipitaient pour accompagner les fonds spécialisés dans les LBO qui levaient des capitaux en grand nombre.
L'agence de notation Fitch estime que les taux de défaut au sein des opérations de LBO devraient avoisiner les 10 à 15 % d'ici 12 à 18 mois. Mais ce n'est pas tout : selon cette même agence de notation, 50 % des 250 milliards d'euros de dette notée par ses soins sont en risque de défaillance. En France, à la fin de l'année dernière, les banques avaient inscrit à leur bilan près de 60 milliards de dette dont 28 milliards recélant des pertes potentielles.
Pour l'instant tous les moyens sont utilisés pour éviter des sinistres. Les banques proposent des rééchelonnements lorsque les fonds n'arrivent plus à payer. Si la situation s'aggrave,les banquiers acceptent le plus souvent de transformer la dette en capital et d'injecter des capitaux.
Dernier exemple en date : le fabricant de toitures Monier propriété du Fonds français PAI Partners depuis son rachat au géant du ciment, Lafarge. Souffrant de 1,8 milliard d'euros de dettes, il vient d'être sauvé grâce à un pool bancaire et à un consortium de fonds.
Une opération qui s'est accompagnée d'une sérieuse restructuration au sein de l'entreprise avec notamment en Rhône-Alpes, la fermeture de l'unité de fabrication de tuiles béton de Seyssuel, près de Vienne (Isère), amenant le licenciement de près de quarante salariés.
Des dégâts collatéraux qui ne sont malheureusement sans doute pas les derniers, avec de nombreuses victimes bien involontaires, elles, de ces LBO à risques.
- Subprime
Le terme est employé plus particulièrement pour désigner une certaine forme de crédit hypothécaire (mortgage), apparue aux États-Unis. Ce crédit immobilier est gagé sur le logement de...
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