La future Métropole lyonnaise au régime sec

Un manque à gagner estimé à 120 millions d'euros sur l'ensemble de la mandature des dotations de l'Etat, ce qui va provoquer un recul des investissements de... 40 % par rapport à la précédente : la Métropole lyonnaise qui verra le jour le 1er janvier 2015 ne va pas rouler sur l'or.

La future Métropole lyonnaise au régime sec

C'est Richard Brumm, le nouveau grand argentier du Grand Lyon qui le dit : "pour l'instant, le ciel est bleu, mais pour l'avenir, de très gros nuages s'annoncent. Il va falloir les gérer..."

Gérard Collomb et Richard Brumm ont profité d'une formalité, le vote du compte administratif 2013 au conseil communautaire du Grand Lyon pour donner une petite idée de ce que demain sera pour les finances de la future Métropole lyonnaise : pas très engageant à vrai dire !

Car si pour 2013, année pré-électorale, la plupart des ratios sont au vert comme l'illustre le compte administratif 2012, ce devrait être une autre paire de manches pour la suite du mandat.

La future Métropole lyonnaise qui verra le jour à partir du 1er janvier 2015 avec ses huit mille agents en additionnant ceux du Conseil Général du Rhône, ne va pas, pour ses premiers pas, rouler sur l'or.  Et le basculement des financements du Département du Rhône n'y changera rien, car, en face, il y aura de nouvelles et lourdes compétences à assumer.

 Un manque à gagner de 120 millions d'euros

Gérard Collomb à calculé le manque à gagner prévisionnel de la diminution drastique des dotations de l'Etat. En six ans de mandat, de 2014 à 2020, ce sera lourd : 120 millions d'euros en moins.

Avec cette première conséquence qui devrait se traduire concrètement dans la vie économique de l'agglomération : un recul de près de 40 % des investissements. Pas bon pour l'économie de l'agglomération.

 Si le plan d'économie de 50 milliards d'euros va faire perdre à notre pays 250 000 emplois, d'ici 2017, selon la député PS Valérie Rabault, rapporteur générale du budget, combien dans l'agglomération lyonnaise ?

 Ces investissements tournaient autour de 450 millions d'euros au cours de la mandature écoulée. Ils devraient passer à 250 millions d'euros par an.

"Le dernier mandat a été marqué par un fort niveau d'investissements, avec notamment le tunnel de la Croix Rousse,  le pôle multimodal d'Oullins ou le pont Schuman. Nous reviendrons au même niveau d'investissement que celui du premier mandat", reconnaît Gérard Collomb.

 Une augmentation de la fiscalité des ménages et des entreprises ?

Si rien n'est encore décidé précisément, les pistes évoquées par l'exécutif pour pallier cette disette à venir des ressources métropolitaines passent par une l'augmentation de la fiscalité des ménages et celle des entreprises. "Ce ne sera pas très lourd : quelques euros de plus par an", assure le président du Grand Lyon.

Autre piste étudiée, les financements régionaux et européens, notamment en ce qui concerne ces derniers pour l'une des principales ambitions du nouveau mandat, l'Anneau des Sciences qui doit boucler le contournement ouest de Lyon et dont le calendrier risque de pâtir de ce budget très contraint. Avec ce bémol néanmoins : ces fonds sont eux aussi contraints...

Dernière piste enfin : le recours à l'emprunt qui devrait être facilité par le niveau d'endettement actuel inférieur à la moyenne nationale. La capacité de s'endetter davantage a ainsi été préservée dans une certaine mesure.

Sachant que l'agglomération lyonnaise bénéficie d'un des plus forts dynamismes démographiques et économiques de la France, actuellement, on imagine aisément les difficultés que vont rencontrer au cours des années à venir les communes bien moins loties !

Publiée le 21 juin 2014 par LARGERON Dominique.
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