Lyon piétine

Dominique LargeronLyon piétine

La fermeture du Jetro (*) et la suspension peut-être définitive de la ligne Lyon-New York seraient-elles le symptôme d'un mal plus profond ? Peut-être, si l'on en croit le dernier classement des villes les plus attractives en Europe réalisé par le cabinet international Cushman & Wakefield, sur la base d'un sondage effectué auprès de 500 décideurs européens. Une étude qui fait référence.

Certes, Lyon, 19ème, se maintient dans le top 20 des villes préférées des investisseurs, mais elle recule d'une place par rapport à 2008 et même de deux par rapport à 2007. Cette année là, divine surprise pour Gérard Collomb, maire de Lyon, la capitale des Gaules avait effectué un bond significatif, passant de la 24ème à la 17ème place.

Mais depuis, Lyon donne l'impression de piétiner et de reperdre pour partie le terrain gagné. Or, dans la vive compétition internationale des métropoles européennes, qui n'avance pas recule. En cette année 2009, la capitale rhônalpine s'est fait souffler une place par Birmingham, alors que la perfide Albion a été plus touchée par la crise que l'Hexagone.

La municipalité peut se targuer de se maintenir devant des villes telles que Rome, Vienne, Prague, Stockholm ou Copenhague et d'être la seule ville de France, après Paris bien sûr à figurer dans ce palmarès, mais faut-il s'en contenter ? Non bien sûr, car, ces cinq dernières années, la progression de Lyon dans ce classement avait illustré un vrai potentiel qui n'a pas encore été totalement valorisé, ni exploité. Pour le comprendre, il faut analyser plus en détail les améliorations effectuées ces dernières années et celles qui restent à entreprendre.

L'un des critères d'attraction des investisseurs est constitué par le prix de l'immobilier d'entreprise qui représente le deuxième poste de dépenses après les salaires. Là, pas d'inquiétudes, la situation lyonnaise est solide. La capitale des Gaules se hisse en la matière à la 5ème place européenne du meilleure rapport-qualité prix. Elle gagne même deux places.

Revers de la médaille, cet attrait fait en sorte qu'il n'existe plus actuellement d'offre à destination des gros investisseurs recherchant 10 000, 20 000 voire 40 000 m2. Mais la construction de la future tour Incity de 200 mètres à la Part-Dieu et les autres qui se profilent devraient pallier ce déficit. Autre bon point, les nouvelles berges du Rhône, les futures berges de Saône, la politique en direction des « cleantech » a profondément changé l'image environnementale de Lyon.

La ville de Lyon triste et brumeuse d'antan est devenue une ville attractive en la matière, gagnant même quatre places en s'octroyant le 12ème rang européen. Bons points également en matière de dynamisme, d'influence économique de pouvoir d'achat : les Lyonnais sont réputés productifs !

La part d'ombre en revanche, là où la capitale rhônalpine est mal identifiée, est constituée par la mauvaise maîtrise des langues étrangères (32ème rang !) et la faible disponibilité du personnel qualifié. Son potentiel universitaire, il est vrai jusqu'à présent émietté entre trois universités est aussi mal, voire pas du tout perçu : selon ce sondage, Lyon n'est pas vue comme une ville universitaire ! La création du PRES (Pôle de Recherche et d'Enseignement Supérieur) qui regroupe désormais 20 établissements, universités et grandes écoles devrait aider, mais encore faut-il le faire savoir. Et là on retombe sur une des dimensions dont souffre Lyon, même si des efforts ont depuis été effectués qui est celui de la communication.

Ce type de classement est celui de la perception d'une ville par des acteurs extérieurs, pas obligatoirement celle de la réalité. A cet égard, le cabinet Cushman & Wakefield, pointe du doigt la nécessité d'amplifier l'effort en matière de communication, « surtout dans l'actuel difficile contexte économique que nous connaissons. » Il est vrai que si l'OL se qualifiait enfin en finale de la Ligue des Champions, cela faciliterait beaucoup, en matière de notoriété, le travail des élus...

(*) Le Jetro était l'antenne lyonnaise du Miti, le ministère de l'économie japonaise. Il a été rapatrié début septembre à Paris.

Publié le  12 oct. 2009 par Dominique Largeron. Dernière mise à jour le  12 oct. 2009 
PRES

C'est l'abréviation de Pôle de Recherche et d'Enseignement Supérieur Ils désignent plusieurs établissements d'enseignement ou de recherche publics ou privés, relativement proches...

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