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Olympique Lyonnais : les dessous économiques du Grand Stade

Dominique LargeronOlympique Lyonnais : les dessous économiques du Grand Stade

Le projet de Grand Stade de l'OL, baptisé pour l'heure, « Stade des Lumières » tarde à se concrétiser. Ce qui énerve de plus en plus ses deux principaux promoteurs : Jean-Michel Aulas, bien évidemment, le président de l'OL, mais aussi Gérard Collomb. S'appuyant sur une récente proposition de loi d'un député UMP, visant à permettre la rénovation du stade de Nancy en vue de l'Euro 2016, le président du Grand Lyon a aussitôt réagi, dans un communiqué : «  Il y a aujourd'hui pour la rénovation ou la construction des stades deux poids et deux mesures puisque dans le même temps le gouvernement refuse toujours la déclaration d'intérêt général permettant la réalisation du Grand Stade à Lyon. »

Sans cette déclaration d'intérêt général émise par les services du Premier Ministre, impossible de démarrer les travaux car elle est nécessaire pour favoriser le financement du projet. Or, malgré une rencontre il y a déjà plusieurs semaines entre le premier ministre, Gérard Collomb et Jean-Michel Aulas, toujours rien. La situation reste bloquée.

Ce qui exaspère donc les deux principaux thuriféraires de ce Grand Stade et apporte de l'eau au moulin des opposants qui n'ont jamais autant donné de la voix. Il est vrai que les élections cantonales sont aussi pour eux l'occasion de s'exprimer haut et fort. Et notamment dans les urnes.

Pourquoi Jean-Michel Aulas tient-il mordicus à son Gand Stade ? Il ne s'agit pas seulement d'accueillir les matches de l'Euro 2016 dans un stade tout neuf (Lyon a été désigné comme ville d'accueil), mais aussi et surtout, ce stade devient de plus en plus crucial pour l'avenir économique du Club.

Jusqu'à présent, les comptes de l'OL baignaient dans le vert. Le Club sortait de beaux résultats, jusqu'au dernier exercice où il a affiché un déficit record de 35,1 millions d'euros, le plus important de tous les clubs de L1. Au vu des chiffres, le conseil d'administration a dû, pour conforter les fonds propres, réaliser une augmentation de capital, via des Oceanes (*), de 24 millions d'euros.

La situation s'améliore un petit peu, mais ce n'est pas l'euphorie. L'OL est resté dans le rouge au premier semestre de l'exercice en cours, avec un déficit de 6,7 millions d'euros malgré une forte hausse des produits de partenariats et publicité (+ 59,5 %) et des résultats sportifs supérieurs à la saison dernière (4ème place en Championnat au 31 décembre 2010 au lieu de la 6ème place au 31 décembre 2009).

Mais les produits de cessions de joueurs, eux, sont tombés à 5,3 millions d'euros. Le modèle économique basé sur le transfert des joueurs fonctionne de moins en moins bien. Lors de l'exercice précédent, les plus values de cession des joueurs avaient fondu. Elles sont passées de 52,4 millions d'euros, à 14,1 millions d'euros, soit une chute de 73 % ! Où est le le temps où le club lyonnais cédait l'ex-joueur de Bron, Karim Benzema au Real Madrid pour 35 millions d'euros !

Pire : même si les transferts étaient relancés, l'autorité de contrôle des finances des clubs est décidée à faire en sorte que le résultat d'exploitation ne se fasse plus sur les transferts. Ce modèle économique qui avait jusqu'à présent si bien réussi à l'OL a du plomb dans l'aile.

C'est la raison pour laquelle, malgré l'investissement qu'il représente, la construction du Grand Stade est une priorité pour Jean-Michel Aulas. Avec son probable « naming » (vente du nom du stade contre une grosse somme d'argent), sa galerie commerciale, ses restaurants, son exploitation maximisée, l'OL serait nettement plus à l'aise financièrement avec ce stade. Et pourrait voir venir.

Bref, si les opposants au Grand Stade l'emportent, s'il faut tirer une croix sur Décines, l'OL pourrait bien se retrouver dans le collimateur de la DNCG. Rien d'étonnant donc, si, en cette période d'incertitude, l'action de l'OL, seul club de Ligue 1 coté en Bourse en France, est au plus bas, cédant près de 75 % depuis son introduction à 21 euros. Elle cote actuellement près de 6 euros. Etre actionnaire de l'OL tient désormais de l'acte militant.

Dessin : Friandart

(*) Oceanes : Obligations convertibles ou échangeables en actions nouvelles ou existantes.

Dessin Friandart
Publiée le 25 mars 2011 par LARGERON Dominique. Mis à jour le 29 mars 2011
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