Sortie de crise

Dominique LargeronSortie de crise

Ce dernier édito avant la rentrée de septembre constitue l'occasion de s'interroger sur ce que sera justement cette rentrée. Sortie de crise ou rentrée encore plus sombre qu'actuellement ?

Il ne s'agit pas pour nous de jouer les pythies de l'économie ou d'asséner des prévisions au doigt levé, mais d'apprécier les dernières statistiques en date et de prendre en compte les derniers éléments en notre possession.

Première certitude, le plus dur est derrière nous. Selon l'Insee Rhône-Alpes, la fin de l'année devrait nous mener vers une croissance zéro, après – 1,5 % de baisse du PIB au plus creux de la vague au dernier trimestre 2008, puis - 1,2 % au deuxième trimestre 2009 et – 0,2 % pour le trimestre en cours. Si cette tendance se prolonge, nous devrions retrouver une croissance positive en début d'année 2010. On peut donc bien parler de sortie de crise. Quoiqu'on en dise, la Bourse constitue toujours un excellent baromètre de la situation économique. La hausse des cours qui ont dépassé la semaine dernière leur niveau du 1er janvier 2009 ne s'explique pas autrement

D'autres éléments étayent cette hypothèse de sortie de crise. Toujours selon l'Insee Rhône-Alpes, la période de destockage est en passe de se terminer. L'institut statistique a constaté que les stocks des entreprises étaient au plus bas : l'outil industriel va devoir repartir pour les reconstituer. La relance de l'aciérie de Florange en Lorraine par Arcelor-Mitall à la mi-août ne s'explique pas autrement : la pression des clients était devenu trop forte. Sauf à les perdre, Arcelor-Mittal n'avait pas d'autres choix que de ré-ouvrir une aciérie fermée au plus fort de la crise.

Tout laisse à penser que les Etats-Unis, les premiers à plonger dans la crise, seront aussi les premiers à en sortir. Selon l'un des rares Institut US à avoir prévu la crise et la récession, « L'institut de recherche en cycles économiques » (ECRI) escompte, à travers ses trois indicateurs (avancés à la long terme, hebdomadaire et à court-terme, tous dans le vert), un retour à la croissance dès le trimestre en cours (près de 2 %) et à coup sûr d'ici la fin de l'année.

Cependant, il est probable que cette reprise dans les pays développés du moins, se fera progressivement et lentement car il va falloir digérer le monceau de dettes à la fois cause et conséquence de cette crise.

Dans le même temps, la situation sociale ne va pas s'améliorer. Cette rentrée sera marquée par l'arrivée dans le monde du travail de la partie des 500 000 nouveaux bacheliers qui n'entameront pas d'études supérieures et des 120 000 lycéens éjectés du système sans diplôme, auxquels s'ajouteront les victimes des plans sociaux. La file des chômeurs va continuer à s'allonger, alourdissant encore un climat social déjà très lourd. Restera à savoir si les nouvelles positives sur le front de l'économie réussiront à contrebalancer les mauvaises sur le plan social, réussissant à transformer l'ambiance générale anxiogène. Et c'est là qu'interviendra le très judicieux emprunt Sarkozy-sur le plan de la communication du moins-, qui, n'en doutons pas permettra au gouvernement qui le mettra en avant, de maintenir le social en arrière plan.

Et après ? Ensuite, si l'on part du constat que tous les grands cycles économiques ont été tirés par de nouvelles technologies, comme l'automobile et le numérique, par le passé, il faudra attendre que les cleantech, les fameuses industries vertes qui concernent pratiquement tous les secteurs de l'industrie (automobile, poids-lourd, chimie, éclairage, etc.) associées aux nanotechnologies où Rhône-Alpes figure en place de numéro 2 mondial et que l'on trouvera partout, permettront à la Région d'engager une nouvelle et solide phase de croissance.

Mais on n'en est pas encore là. Il va nous falloir, en attendant, nous doter d'une sacrée dose de patience...

 

 

Publié le  20 juil. 2009 par Dominique Largeron. Dernière mise à jour le  20 juil. 2009 
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