Un TOP départ bien poussif

La très grande majorité des agglomérations européennes ont leur « ring » ou périphérique, voire plusieurs. Pas Lyon. Depuis deux décennies, le dossier est totalement encalminé, avec les résultats que l'on sait : des bouchons qui ne cessent d'empirer sous le tunnel de Fourvière, dans les deux sens. Et lorsque Fourvière ferme, une éventualité qui dans les années à venir, va se multiplier pour cause de travaux indispensable, c'est la thrombose assurée. Une thrombose que l'on sent déjà poindre.
C'est la raison pour laquelle le Grand Lyon et la Conseil général du Rhône ont fait lundi 3 mai assemblée commune à l'Auditorium de la Part-Dieu à Lyon, seule salle susceptible d'accueillir les élus des deux assemblées. Une initiative prise par Gérard Collomb pour redonner le départ du Tronçon Ouest du Périphérique, le fameux TOP en forme de chaînon manquant qui manque pour boucler ce damné périphérique entre le nord-ouest et le sud-ouest de l'agglomération.
La dernière assemblée de ce type datait de 1996, elle aussi destinée à lancer définitivement le TOP, ce fut un flop.
Comment cette fois relancer la mécanique du TOP ? Gérard Collomb prend toutes les précautions possibles : la majorité du tracé sera enterrée ; au-dessus, ce sera une coulée verte. Tout sera fait pour que soit favorisée l'intermodalité avec la meilleure interpénétration possible entre le TOP et les transports en commun...
Les très nombreux groupes politiques s'expriment ensuite les uns après les autres. Sans surprise, du côté des Verts, c'est niet : non absolu au TOP et priorité au rail. L'UMP est d'accord pour la relance, mais à condition que le TOP passe plus à l'ouest. Mais dans l'ensemble, la tonalité est plutôt positive. Seul problème qui ne sera pas facile à gérer : chacun des groupes met ses conditions : près de vingt-cinq au total ! Les uns demandent que pour faire bon équilibre, le boulevard Laurent Bonnevay soit recouvert, d'autres que telle commune soit épargnée, etc.
Une crainte commune se fait sentir : que l'Etat se défausse sur le TOP pour ne pas construire le Contournement Autoroutier Ouest de Lyon, le COL qui, lui, est à sa charge et que l'on attend toujours. Le COL assurerait le trafic national et international, le TOP, serait circonscrit à celui de l'agglomération. Le scénario idéal.
C'est lors de la conclusion des débats par Gérard Collomb que la mécanique, finalement plutôt bien engagée, se grippe. De manière imprévue, celui-ci pose à son tour ses conditions : que les présidents des deux assemblées entrent avec une position commune au début et à la fin du processus, pour le moins ; mais surtout que le gouvernement s'engage sur la construction du Contournement autoroutier (COL) et l'annonce officiellement lors d'un comité interministériel d'aménagement du territoire (Ciadt).
Ce qui eut pour effet de jeter un froid du côté de Michel Mercier, par ailleurs membre du gouvernement qui avait prévu un simple débat avant de démarrer les études, mais pas ce nouveau pavé dans la mare du TOP. Or, sans le feu vert du département qui doit financer l'équipement à hauteur d'un milliard d'euros, pas de TOP.
On le voit, cette relance du TOP ne démarre pas sous les meilleurs auspices avec une multiplications des conditions à sa réalisation. Si ces premiers obstacles finissent par être levés, il y aura débat public, avec une nouvelle fois, une étude de tous les tracés envisageables et une intense bataille à la clef.
Au vu de ce démarrage poussif, on peut craindre que cet équipement, pourtant indispensable, ressemble encore longtemps à l'Arlésienne. Dommage.
- Figure dans les rubriques
- L'édito de la semaine


