CGPME RHONE-ALPES
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Vers un pacte entre la gauche et la CGPME ?
Dominique Largeron« Planète PME », la grand messe de la CGPME, le 28 juin dernier à Paris, a vu le gouvernement, très fortement présent, engager une cour assidue aux petits patrons. Va-t-on vers un pacte entre la gauche et le patronat, ou à tout le moins, une de ses composantes ? Ce n'est pas du tout exclu...

Olivier Ferrand, le président du « laboratoire d'idées » Terra Nova, proche du PS, brutalement terrassé à 42 ans le week-end dernier par une crise cardiaque, militait pour un « pacte » entre la gauche et le patronat.
Au-delà de sa disparition, ce souhait qu'il avait théorisé très précisément, pourrait bien prendre quelque consistance.
La forte offensive de charme du gouvernement à l'occasion de la grand messe annuelle de la CGPME au palais des congrès de la Porte de Versailles, à Paris, le 28 juin dernier, semble bien aller dans ce sens.
Premier ministre Jean-Marc Ayrault en tête, le gouvernement n'avait pas moins délégué huit ministres à ce Salon des PME. Ennemi de la « finance sans visage », critique vis-à-vis du Medef et du CAC 40, le gouvernement a manifestement engagé une forme de cour assidue auprès des petits patrons. « C'est du secteur privé et d'abord des PME que viendront la relance du moteur économique et les créations d'emploi », a ainsi lancé à la tribune de « Planète PME », Pierre Moscovici, ministre de l'Economie.
Dans sa réponse, Jean-François Roubaud, le président de la CGPME s'est bien gardé de toute agressivité. Certes, il a classiquement mis en garde le gouvernement contre toute hausse des taxes ou des charges sociales. Mais il a aussi remercié le gouvernement pour avoir limité à 2 % (en fait un surplus de 0,6 % si on prend l'inflation en compte), l'augmentation du Smic.
Le patron des petits patrons s'est également réjoui de la mise en place dans chaque région, par Arnaud Montebourg, de « commissaires au redressement productif » pour aider les entreprises en difficulté. « Une bonne idée », a-t-il estimé.
Ce pas de deux qui s'ébauche a même amené le magazine l'Express à s'interroger la semaine dernière : « Roubaud est-il socialiste ? »
Pour le très influent François Turcas, président de la puissante CGPME Rhône-Alpes, pas de doute : « Pour l'instant le gouvernement a répondu de la bonne manière aux souhaits des patrons de PME : sur le Small Business Act à la française, sur l'impôt progressif, le Smic... ».
« Nous attendons le discours de politique générale de Jean-Marc Ayrault pour voir ce qu'il en sera des décisions que le gouvernement va annoncer maintenant », poursuit-il.
Le patron de la CGPME Rhône-Alpes ne rejette pas l'idée d'un pacte : « Nous ne sommes pas contre l'idée de signer un tel pacte, s'il s'agit d'un pacte où les deux parties sont gagnantes », assure-t-il.
Et de préciser : « Nous ne sommes plus à l'heure de la division : il faut entrer dans la concertation, aller au charbon et engager le redressement de notre économie et de nos PME. » Mais d'ajouter : « A condition bien sûr qu'il s'agisse d'un pacte constructif : donnant-donnant. »
Une manière aussi pour la CGPME de se différencier du Medef qui, on le sait vu le poids de ses Fédérations et des grosses entreprises, ne pourra jamais aller aussi loin, même si Laurence Parisot s'est en définitive révélée assez peu critique à l'égard de l'augmentation du Smic.
Le gouvernement sait très bien que sans une certaine bienveillance ou à tout le moins la neutralité des petits patrons, il risque d'aller dans le mur. Ce sont les PME qui, à 80 %, créent des nouveaux emplois dans l'Hexagone. Une réalité qui les rend incontournables.











